LE BULLETIN DE LA BIPEDIE INITIALE

Editée par le Centre d'Etude et de Recherche sur la Bipédie Initiale :

BIPEDIA

A Review from the STUDY and RESEARCH CENTER for INITIAL BIPEDALISM


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M. François de Sarre,
par e-mail


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Dédié au zoologue espagnol Jordi MAGRANER assassiné au Nord-Pakistan
le 2 août 2002, à l'âge de 43 ans.

( janvier 2003 )

 

Sommaire :

 


Etienne Geoffroy Saint-Hilaire revu et corrigé
par l'embryologie et la génétique

par Thibaut BRUNET

 

  « Les chiens marchent-ils sur le dos ? » La question peut paraître étonnante. Pourtant, dès le XIXe siècle, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire y consacrera une part importante de ses travaux... sans, bien sûr, jamais trouver la réponse.

  Le problème qu'elle pose a récemment été résolu par les dernières avancées de l'embryologie, de la génétique et de leurs rapports avec l'évolution. La réponse elle-même n'est d'ailleurs pas, contrairement aux apparences, dépourvue de rapports avec la théorie de la bipédie initiale. L'énigme, pour futile qu'elle paraisse, n'en a pas moins mobilisé un bataillon de chercheurs célèbres, un homard, quelques séquençages d'ADN et un nombre énorme de xénopes et de drosophiles ( dont l'aptitude à marcher au plafond n'a absolument rien à voir avec la question qui nous préoccupe ).

 

       Etienne Geoffroy Saint-Hilaire et son intuition

  Grand naturaliste qu'on ne présente plus, Geoffroy Saint-Hilaire est notamment connu pour avoir eu l'intuition de la notion d'homologie.

  Dans la terminologie évolutionniste moderne, on dit que des organes communs à plusieurs espèces sont homologues s'ils sont hérités d'un ancêtre commun. Par exemple, on a récemment découvert que les yeux étaient des organes homologues chez les souris et les mouches, car ils ont été hérités d'un ancêtre commun à ces deux lignées. En revanche, les ailes des oiseaux et celles des chauves-souris ne sont généralement pas considérés comme des organes homologues, car elles sont apparues indépendamment chez ces deux groupes. Ce type de ressemblances superficielles non-homologues entre plusieurs espèces sont appelées analogies.

  Evidemment, Geoffroy Saint-Hilaire n'utilisait pas encore la notion d'homologie dans sa conception évolutionniste moderne, mais il lui avait attribué une signification assez proche... Cette découverte, on va le voir, n'est pas totalement étrangère aux développements ultérieurs de sa théorie.

  En 1822, en disséquant un homard, le naturaliste le pose par inadvertance sur le dos. Il remarque alors quelques caractères curieux : « Quelle ne fut ma surprise, et j'ajoute, de quelle admiration ne fus-je pas saisi, en apercevant une ordonnance qui plaçait sous mes yeux tous les systèmes organiques de ce homard dans l'ordre où ils sont rangés chez les animaux mammifères ! » Plus étonnant encore : il constate qu'il en est de même pour les insectes, les annélides et la majorité des invertébrés qu'il a pu examiner !

  Pour Geoffroy Saint-Hilaire, il n'y a pas de doute à avoir : les plans d'organisation interne des vertébrés et des invertébrés sont homologues. La seule différence - de taille ! - qui a empêché jusqu'ici cette corrélation d'être remarquée est cette fameuse inversion. N'oublions pas que son homard était posé sur le dos : par conséquent, si homologie il y avait, il y avait aussi eu inversion.

  Le chercheur synthétisa ses conclusions dans un discours prononcé en 1822 devant l'Académie des Sciences - où, paraît-il, un débat virulent l'opposa à Cuvier sur ce sujet. Dans la conception moderne, l'opinion de Saint-Hilaire pourrait être traduite par : "les vertébrés se sont, à un moment donné de leur évolution, tournés sur le dos".

  Sur le moment, cette ingénieuse spéculation ne remportera qu'un succès mitigé, et sera même carrément oubliée quelques décennies après... avant d'être, curieusement, ressuscitée par la génétique embryologique du XXe siècle.

 

        Pourquoi a-t-on les yeux sur la tête et les pieds au bout des jambes ?

  Au cours du développement d'un embryon, on sait que les différents organes se forment par différenciation des cellules ( on peut aussi employer le terme de spécialisation ). Certaines vont se modifier pour former le foie, d'autres le coeur, le poumon, la rétine, etc.

  Pendant longtemps, l'origine de cette différenciation a été un mystère. Le grand biologiste August Weismann proposait, au début du siècle, la théorie suivante : au fur et à mesure de la division cellulaire, chaque cellule ne recevrait qu'une fragment du patrimoine génétique total. La cellule se spécialiserait alors en n'exprimant que les gènes reçus après "partage" des différents chromosomes. L'énigme de la différenciation aurait alors reçu une élégante solution.

  Malheureusement, cette brillante construction ne tenait pas. La découverte des mécanismes de la mitose a prouvé quelques années plus tard que chaque cellule, avant de se diviser, dupliquait la totalité de ses chromosomes. Par conséquent, un neurone possède exactement le même patrimoine génétique qu'une cellule du foie ou de l'orteil. Et pourtant, chacune n'exprime qu'une petite partie de ces potentialités. Pourquoi ?

  On sait que, dès le début de l'ontogénie ( terme général désignant l'ensemble du développement, embryonnaire et post-natal ), trois grands axes sont définis dans l'embryon : l'axe antéro-postérieur, l'axe dorso-ventral et l'axe droite-gauche. En fonction de leur position par rapport à ces axes, les cellules vont se différencier et se spécialiser. Mais, une fois ces données acquises, le problème reste le même : qu'est-ce qui définit les axes ?

 

       Les gradients chimiques

  Le zygote, première cellule de l'embryon, est-il réellement complètement indifférencié ? A priori, oui. Il peut générer en se divisant n'importe quel type de cellule différenciée : c'est ce qu'on appelle sa totipotence.

  Et pourtant, avant même la fécondation, l'ovule n'est pas complètement homogène. Dans le cytoplasme, il contient différents produits chimiques - appelés gradients - dont la répartition varie progressivement selon certains axes... Après division, le résultat n'est pas difficile à deviner : chaque cellule-fille reçoit une quantité précise de chaque gradient chimique. Autrement dit, si chaque cellule est bel et bien indifférenciée du point de vue génétique, aucune ne l'est au niveau du cytoplasme. La quantité de chaque gradient permet à la cellule de "connaître" précisément sa position dans l'embryon... donc par rapport aux trois grands axes, antéro-postérieur, dorso-ventral et gauche-droite. [ 18 ]

Figure 1 : ce schéma ( théorique ) illustre le principe du gradient chimique, présent en concentrations différentes suivant son emplacement à l'intérieur du cytoplasme du zygote.
Après division, cette méthode permet à chaque cellule de "connaître" très précisément sa position à l'intérieur de l'embryon.

 

       Le contrôle génétique de la différenciation

  Après un certain nombre de divisions, chaque gradient chimique va interagir de manière complexe avec le code génétique de la cellule, pour activer ou réprimer un certain nombre de "gènes-cibles", appelés gènes homéotiques ( ou homéogènes ). Ceux-ci sont de véritables "gènes architectes", qui codent le "plan d'organisation" de l’ensemble du corps.

  Ainsi, les gènes qui définissent les différents segments du corps par rapport à l'axe antéro-postérieur ( de la tête à la queue ) sont appelés gènes hox [ 3,8 ] tandis que ceux qui codent le plan d'organisation selon l'axe dorso-ventral sont appelés gènes pax [ 12 ].

  A priori, on pourrait penser que la découverte des homéogènes ne fait que résoudre un vieux problème embryologico-génétique : l'apparition embryonnaire du "plan d'organisation" et la manière dont les cellules parviennent à "connaître" leur position dans l'embryon avant de se différencier.

  En réalité, les homéogènes allaient être à l'origine d'une révolution scientifique bien plus importante. Ils balayeront littéralement certaines idées reçues sur l'évolution, tout en réhabilitant des théories depuis longtemps méconnues et jetées au panier... dont celle de Geoffroy Saint-Hilaire.

 

       Les monstres prometteurs remis à l'honneur

  Selon la génétique conventionnelle des années 1940, chaque gène est d'une puissance ridicule. Les conceptions en vogue lors de l'élaboration de la théorie synthétique de l'évolution ( souvent appelée « néodarwinisme » ) voulaient que l'organisme soit le produit de l'addition des effets de milliers de gènes, chacun ayant son propre détail à gérer.

  Dans cette conception, l'évolution ne pouvait qu'être très graduelle et uniforme. En effet, si chaque gène avait un effet très limité, les mutations ne pouvaient consister qu'en d'infimes changements ; c'était l'accumulation de chacune de ces modifications infimes qui pouvait provoquer, sur le long terme et grâce à la toujours toute-puissante sélection naturelle, des changements importants.

  Dès 1940, une position radicalement opposée sera soutenue par le grand embryologiste autrichien Richard Goldschmidt [ 5 ]. Selon lui, le développement embryonnaire ( que les pionniers de la théorie synthétique avaient au passage complètement négligé ) est placé sous la régulation de quelques gènes maîtres, qu'il propose d'appeler « gènes de taux de changement ». Dans cette optique, les mutations ne sont pas toujours minuscules, apportant chacune leur propre petit avantage sélectif ; de nouvelles structures, radicalement différentes, peuvent être construites en une ou un petit nombre de mutations des gènes de taux de changement. Celles-ci peuvent consister en une altération du rythme du développement ( aboutissant à ce qu'on appelle une hétérochronie : par exemple, un prolongement de la morphologie juvénile jusqu'à l'âge adulte ( néoténie ) ou un phénotype « hyperadulte » ) ou en une déformation radicale du plan d'organisation, pouvant conduire à des innovations spectaculaires. C'est la fameuse « théorie du monstre prometteur ».

  Mais les contemporains de Goldschmidt ne sont pas de cet avis. Les moqueries des tenants de la théorie synthétique - toutes fondées sur leur conception erronée de la génétique - ne tarderont pas à venir. Ainsi, en 1986, le très strict néodarwinien Richard Dakwins écrivait-il encore :

           "Il y a de très bonne raisons pour rejeter pareilles théories saltationnistes de l'évolution. Une raison plutôt prosaïque est que si une nouvelle espèce naissait pour de bon par mutation en une seule étape, les membres de la nouvelle espèce pourraient avoir bien du mal à se trouver des partenaires sexuels. [...] Plus une mutation est importante, plus elle a de chances d'être nocive et moins elle a de chances d'être intégrée à l'évolution d'une espèce." ( d'après [ 2 ], pp. 271-272 )

  Dans la conception des synthéticiens, il était d'ailleurs de bon ton de considérer que, pour qu'une mutation un tant soit peu importante se produise, il fallait qu'un grand nombre de gènes varient en même temps ; les éventuels « monstres » que l'on observait occasionnellement étaient plutôt considérés comme des organismes perturbés dans leur développement par des facteurs tératogènes que comme des mutants ( il arrive d'ailleurs que ce soit effectivement le cas ).

  Pourtant, dès les années 1970, l'observation de mutants très particuliers réhabilitera le volet génétique de la théorie du monstre prometteur. Les « gènes de taux de changement » existent en effet bel et bien ( ce sont les gènes homéotiques, dans la terminologie moderne ), tout comme les deux types de mutants « prédits » par Goldschmidt.

Une mutation homéotique de la mouche nommée explicitement
Antennapedia : la drosophile mutante possède en effet une authentique paire
de pattes à la place des antennes. Les « macro-mutants » au plan d'organisation original existent donc bel et bien. ( d'après [ 8 ] )

 

L'axolotl, une salamandre mexicaine. Chez cet amphibien atypique, une mutation d'un seul gène suffit à maintenir une morphologie larvaire jusqu'à l'état adulte ! Le deuxième type de « gènes de taux de changement » imaginé par Goldschmidt, capable de provoquer une modification importante du rythme du développement tout entier [ 19 ], est donc lui aussi une réalité.

  La réhabilitation de Goldschmidt ne s'arrêtera pas là. Puisque les monstres prometteurs existent, pourquoi n'auraient-ils pas joué un rôle important dans l'évolution ?

  Selon de nombreux chercheurs, comme Stephen Jay Gould [ 7 ], le célèbre paléontologue américain ou Jean Chaline [ 1 ], un autre paléontologue ( français celui-là ), Goldschmidt avait également raison sur le rôle des monstres prometteurs dans l'évolution. Pour eux, diverses innovations évolutives, comme la transformation de la nageoire ( Eusthenopteron ) en patte ( Ichthyostega ) [ 17 ] ou du « singe » en Australopithèque puis en Homo sapiens ( dans la perspective évolutive classique ) ont pu s'effectuer en quelques générations seulement grâce à quelques mutations homéotiques. La transition « morphologie simiesque --> morphologie humaine » aurait ainsi essentiellement fait intervenir une hétérochronie appelée néoténie : en effet, on a remarqué depuis longtemps que le bébé singe ressemble fortement à un homme adulte ( notamment à cause de sa bipédie aisée, de sa face plate, de son gros cerveau et de sa faible pilosité ). L'apparition d'un "monstre prometteur" néoténique chez un groupe de singes préhistoriques serait donc, selon ces chercheurs, à l'origine de la lignée humaine !

Une illustration de la thèse de la néoténie ; cette idée, développée par plusieurs paléontologues, fait intervenir certains homéogènes comme moteurs de l'hominisation dans la perspective classique. ( d'après [ 13 ] )

  Cette perspective est bien sûr rejetée par les partisans de la théorie de la bipédie initiale ou de la bipédie originelle, mais elle illustre bien le "retour à la mode" de la théorie du monstre prometteur.

  Mais la réhabilitation de Goldschmidt ne sera pas la seule révolution provoquée par la découverte des homéogènes. Une autre, tout aussi importante, sera la découverte de la profonde unité du règne animal.

 

       L'unité des gènes du développement

  L'idée que les plans d'organisation des différents embranchements pouvaient être homologues a longtemps passé pour une folie - ou, du moins, pour une erreur grossière. Ainsi, les similitudes de fonction, de positionnement, d'organisation... entre des yeux aussi différents que ceux de la souris et de la mouche étaient mis sur le compte de la fameuse "convergence évolutive". Le grand zoologiste, pionnier de la théorie synthétique de l'évolution Ernst Mayr soutenait carrément que les yeux étaient apparus indépendamment quarante fois dans le règne animal ! De même, l'existence de points communs dans la segmentation du corps entre les arthropodes et les vertébrés, par exemple, était-elle mise sur le compte de la toute-puissante "convergence", évidemment due à la non moins toute-puissante sélection naturelle.

  Et pourtant, les comparaisons de séquences prouvèrent que les homéogènes étaient profondément identiques dans tout le règne animal ! Ainsi, la segmentation du corps selon l'axe antéro-postérieur chez une souris et une mouche drosophile est-elle profondément identique. Cette découverte n'alla pas sans poser quelques problèmes de terminologie : en effet, les chercheurs avaient donné des noms différents à des homéogènes parfois identiques ( les gènes hox des vertébrés étaient appelés HOM chez les insectes, par exemple ).

Les mêmes gènes hox commandent le plan d'organisation du corps chez la souris et chez la drosophile
( illustration d'après [ 10 ] )

  Ironiquement, l'idée d'Ernst Mayr, communément admise, allait elle aussi être complètement réfutée par la génétique ! En effet, il suffit d'un seul gène homéotique ( en l'occurence le gène Pax-6 ) pour provoquer la formation d'un oeil complet ! Or, non seulement la séquence de ce gène est profondément semblable chez la souris et la drosophile, mais l'échange de ces gènes ne provoque aucun changement notable. Un gène de souris chez une drosophile provoque la formation d'un oeil de drosophile, et inversement. Les conceptions traditionnelles sur l' « apparition indépendante » des yeux ( et de divers autres éléments du plan d'organisation ) chez les différents embranchements étaient donc complètement fausses.

  Dans ce contexte, le terrain était prêt pour un retour des visions de Geoffroy Saint-Hilaire sur l'origine des vertébrés. Puisque les plans d'organisation des différents embranchements semblaient réellement aussi homologues que le pensait le grand naturaliste, pourquoi l'axe dorso-ventral des vertébrés et des arthropodes ou des annélides ne le seraient-ils pas aussi ?

  La réponse, impossible à donner du temps de Geoffroy Saint-Hilaire, était devenue accessible par le séquençage des homéogènes correspondants. Si la fabrication du tube neural ( ventral chez la plupart des invertébrés, dorsal chez les vertébrés ), du coeur ( dorsal chez les invertébrés, ventral chez les vertébrés ) et des différents organes situés sur l'axe dorso-ventral était codée par les mêmes gènes, l'origine du phylum des vertébrés nécessitait bel et bien l'inversion imaginée par Geoffroy Saint-Hilaire. Dans cette conception, le premier authentique vertébré aurait été un "monstre prometteur" ( encore ! ), présentant un plan d'organisation "en miroir" par rapport à ses congénères.

L'inversion hypothétique des plans d'organisation "vertébré/invertébré" illustrée par un biologiste contemporain [ 4 ].

 

       L'inversion a bien eu lieu !

  Les séquençages de gènes ont, conformément à ce qu'on attendait, confirmé l'homologie des plans d'organisation "arthropode/vertébré" sur l'axe dorso-ventral.

  La molécule de signalisation decapentaplegic de la drosophile est homologue de BMP-4, son équivalent chez les mammifères [ 6 ]. La première s'exprime dorsalement au cours du développement embryonnaire, la seconde ventralement. La formation du coeur, elle, est contrôlée par un gène appelé tinman, identique chez les arthropodes, les annélides et les vertébrés... à ceci près qu'il s'exprime - vous avez deviné ! - dorsalement chez les premiers et ventralement chez le dernier. [ 4 ]

  Le plus important, pour vérifier l'hypothèse de Geoffroy Saint-Hilaire, est bien sûr le gène qui provoque la formation du tube neural ( correspondant à la moelle épinière chez les vertébrés ). Là encore, les attentes des chercheurs ont été satisfaites ! Chez la drosophile, il s'agit du gène sog, et chez le crapaud xénope ( comme pour tous les vertébrés ) d'un autre gène appelé chordin. Or, non seulement les séquences de ces deux gènes sont quasi-identiques, mais le remplacement de l'un par l'autre n'affecte pas l'organisme final ! [ 14 ]

Le tube neural et les gènes qui provoquent sa formation chez les vertébrés et les arthropodes. L'homologie de Sog et de Chordin confirme l'hypothèse de Geoffroy Saint-Hilaire :
les uns et les autres ont le même plan d'organisation, mais les vertébrés se sont, à un moment donné de leur évolution, tourné sur le dos ! ( d'après [ 9 ] )

 

       Réinterprétation dans le cadre de la théorie de la bipédie initiale

  Comment s’est déroulée cette inversion au cours de l’évolution ? Comme personne n’a d’idée précise sur l’apparence réelle de l’organisme chez qui elle a eu lieu, les chercheurs en sont réduits aux conjectures.

  On peut bien sûr imaginer qu’elle est due à une suite de mutations de chacun des gènes concernés pris un par un ; ce scénario n’est pas vraiment crédible. On peut aussi penser qu’une macro-mutation d’un gène de régulation très important a fabriqué un « monstre prometteur » présentant une organisation « en miroir » par rapport à ses congénères. Ce type de mutations existe : on connaît plusieurs cas de mutants présentant une inversion de l’axe droite-gauche, ce qui n’est absolument pas grave. Ainsi, une Vietnamienne a vécu 118 ans avec le cœur à droite et le foie à gauche ! Une mutation de ce type ( agissant, cette fois, sur l’axe dorso-ventral ) a pu être à l’origine des vertébrés.

  L’embryologiste Frédéric Flamant opte lui pour un troisième scénario, à la fois plus simple et plus répandu : « Sans doute le ver qui était l’ancêtre commun des vertébrés et des insectes a-t-il eu des descendants qui rampaient dans un sens et d’autres qui rampaient dans l’autre. » [ 3, p. 131 ]. Quoiqu’il en soit, la reconstitution précise de cette histoire évolutive reste assez difficile à imaginer.

  Rappelons-nous, par ailleurs, que la théorie de la bipédie initiale considère que l’ancêtre commun de tous les vertébrés était un petit animal marin qui vivait en position apicale, c’est à dire la tête en haut ( d’où le nom de la théorie ). La silhouette de cette créature originelle, avec son « flotteur » ( semblable à celui d’une méduse ) sur la tête et ses ébauches de membre rappelait de manière frappante celle d’un petit homme : c’est pourquoi on désigne habituellement cet ancêtre putatif par le nom d’ « homoncule marin » [ 11 ].

La phylogenèse de l'embranchement des vertébrés à partir d'un « ver » en position apicale [ 11 ], jusqu'à l' « homoncule marin »...

...reconstitué ci-dessus. [ 16 ]

 

  Que devient l’inversion de l’axe dorso-ventral dans le cadre de cette théorie dissidente ? Etonnamment, elle s’explique assez bien – largement mieux que d’après la théorie orthodoxe – et semble même aller de soi. Puisque l’ancêtre de l’homoncule marin devait être une sorte de « ver » en position horizontale ( peut-être semblable aux Céphalocordés, comme l’Amphioxus que l’on considère généralement comme une bonne image de proto-vertébré ), le passage de l’un à l’autre a dû nécessiter une rotation à 90°. Par la suite, lorsque les descendants de l’homoncule marin ( poissons, animaux quadrupèdes… ) sont revenus à la position horizontale, ils ont dû réaliser une seconde rotation à 90°. Pour peu que celle-ci s’effectue dans le même sens que la précédente, on en conclura que le passage des invertébrés aux vertébrés quadrupèdes a forcément correspondu à une rotation à 180°… ce qui se vérifie dans les faits !

  Dans cette vision de la phylogenèse des vertébrés, on ne fait plus intervenir d'"inversion" instantanée ( dont on voit mal comment elle aurait pu être favorisée par la sélection naturelle, même en admettant qu’il s’agisse d’un caractère neutre – puisqu’il y a actuellement un consensus pour ne donner à la sélection qu’un rôle modéré [ 15 ] ). On part d'un "invertébré archaïque" indéterminé, qui peut être considéré comme l'ancêtre commun à l'ensemble des embranchements possédant des homéogènes ; il possède le plan d'organisation général des arthropodes, des annélides... ( système nerveux ventral, coeur dorsal, etc. ). Après deux rotations à 90°, on se retrouve naturellement avec une inversion de l’axe dorso-ventral.

  Malgré son caractère spéculatif, ce modèle présente plusieurs avantages :

  Ce modèle n'est bien sûr pas une "preuve" de la théorie de la bipédie initiale : il s'agit d'une réinterprétation de données établies dans le cadre des hypothèses défendues par Heuvelmans, Westenhöfer, Frechkop et François de Sarre. Cependant, il constitue une base de discussions possible.

  La recherche sur les homéogènes aboutit donc à une reformulation des plus inattendues - mais parfaitement correcte. Le débat "bipédie initiale contre bipédie tardive" se résume à une question d'angles plus ou moins ouverts : y a-t-il eu une rotation à 180° ou deux à 90 ? C'est la seule question à laquelle les débats devront répondre dans l’avenir…

 

       Références :

[1] CHALINE Jean, Les horloges du vivant. Un nouveau stade de la théorie de l'évolution ?, Hachette Littératures, collection "Sciences", 1999

[2] DAWKINS Richard, L'Horloger aveugle, Robert Laffont, collection "La Fontaine des Sciences", 1989

[3] FLAMANT Frédéric, De l'oeuf à la poule. Introduction à la biologie moléculaire du développement embryonnaire, Belin/Pour la science, 2001

[4] GEHRING Walter, La drosophile aux yeux rouges. Gènes et développement, Odile Jacob, 1999 ( trad. Marcel Blanc )

[5] GOLDSCHMIDT Richard, The Material Basis of Evolution, New York University Press, 1940

[6] GOULD Stephen Jay, « Une fraternité par inversion, ou quand le ver se retourne » in Les coquillages de Léonard, Seuil, collection "Science ouverte", 2001 ( trad. Marcel Blanc )

[7] GOULD Stephen Jay, Le pouce du panda. Réflexions sur l'histoire naturelle 2, Grasset, 1982

[8] KUZIORA Michael & MCGINNIS William, « Les gènes du développement » in LE GUYADER Hervé ( dir. ), L'évolution, Belin/Pour la science, 1998

[9] LE DOUARIN Nicole, Des chimères, des clones et des gènes, Odile Jacob, 2000

[10] LE GUYADER Hervé & RICQLÈS Armand de, « L'origine des innovations évolutives dans le monde animal » in La valse des espèces, hors-série Pour la science 28 : 20-26 ( 2000 )

[11] SARRE François de, « The marine homonculus hypothesis : an alternative paradigm for human earliest evolution » in Bipedia, 9 ( 1992 )

[12] « Les gènes pax : une catégorie de gènes du développement » : http://neptune.inrp.fr/Acces/biotic/develop/controle/html/genepax.htm

[13] CHALINE Jean, Un million de générations. Aux sources de l'humanité, Seuil, collection « Science ouverte », 2000

[14] DE ROBERTIS E. M. & SASAI Y., « A common plan for dorsoventral patterning in Bilateria » in Nature 380 : 37-40

[15] GOULD Stephen Jay & LEWONTIN Richard, « The spandrels of San Marco and the Panglossian paradigm. A critique of the adaptationnist programme » in Proceedings of the Zoological Society of London, series B 205 : 581-598 ( 1979 )

[16] SARRE François de, « La théorie de la bipédie initiale sur l'évolution des animaux vertébrés. Le passé aquatique de l'homme » : http://perso.wanadoo.fr/initial.bipedalism/biped_fr.htm

[17] DUBOULE Denis & SORDINO Paolo, « L’origine des doigts » in La Recherche ( 1997 ) : http://www.larecherche.fr/data/296/029606612.html

[18] ATLAN Henri, La fin du « tout génétique » ? Vers de nouveaux paradigmes en biologie, INRA, 1999

[19] GOULD Stephen Jay, Ontogeny and phylogeny, The Belknap Press of Harvard University Press, 1977

[20] Il existe quelques exceptions, notamment chez les poissons ( Uranoscopus scaber ), mais elles sont extrêmement rares.

 

 

 

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Le 8 Août 1720
au large de Terre-Neuve

par Robert DUMONT

 

  Publié au milieu du XVIIIème siècle, le curieux “Telliamed” comporte, entre autres singularités, une compilation de tous les cas d’observation d’”Hommes aquatiques” que son auteur, Benoît de Maillet, a pu rassembler.
  Il s’agit donc, en quelque sorte, d’une démarche cryptozoologique avant la lettre.
  Parmi une dizaine de témoignages que comporte l’ouvrage, celui qui fait l’objet du présent article, est sans nul doute le plus circonstancié.

  " En l’année 1720, le 8 Août, jour de jeudi, les vents variables étant à l’Est-Sud-Est, à vingt-huit ou trente brasses d’eau, sept navires en vue mouillant sur le banc de Terre-Neuve, il parut sous les dix heures du matin à bord d’un vaisseau français nommé “La Marie de Grâce” commandé par Olivier Morin, un homme-marin qui premièrement se montra à bâbord sous le theux ou baril du contremaître appelé Guillaume l’Aumône.
  Aussitôt celui-ci prit une gaffe, pour le tirer à bord; mais le capitaine l’en empêcha, de crainte qu’il ne l’entraînât avec lui. Pour cette raison il lui donna seulement un coup sur le dos, sans le piquer.
  Lorsque le monstre se sentit frappé, il prêta le visage au contremaître, comme un homme en colère qui eut voulu faire un appel. Malgré cela il ne laissa pas de passer dans les lignes en nageant, pour faire le tour du vaisseau.
  Quand il fut derrière, il prit le gouvernail avec ses deux mains, ce qui obligea l’équipage de mettre deux palans, de peur qu’il ne fit quelque dommage.

  Il repassa ensuite par tribord, nageant toujours comme eut pu faire un homme véritable, et lorsqu’il fut à l’avant du vaisseau, il s’arrêta à regarder la figure, qui était celle d’une très belle femme. Après l’avoir longtemps considérée, il prit la soûbarbe de beaupré et s’éleva hors de l’eau pour tâcher à ce qu’il semblait, de faire tomber la figure.
  On attacha une morne à une corde et on la laissa pendre à côté du vaisseau. Il la prit et la mania sans la rompre.
  Il nagea ensuite au vent du vaisseau environ la longueur d’un câble ; et passant par derrière, il prit de nouveau le gouvernail.   Le capitaine ayant fait préparer un harpon, essaya lui-même de le harponner, mais parce que le cordage n’était point paré, il manqua son coup.
  Le manche frappa seulement sur le dos de l’homme-marin, qui à ce coup prêta longtemps le visage au capitaine, comme il l’avait fait au contremaître, et avec les mêmes gestes.
  Après cela le monstre repassa à l’avant du navire et s’arrêta encore à considérer la figure ; ce qui engagea le contremaître à se faire apporter le harpon.
  Mais craignant que cet homme-marin ne fut la vision d’un matelot nommé La Commune, qui l’année précédente le 18 du même mois d’Août s’était défait à bord du vaisseau, sa main tremblante adressa mal le coup, en sorte que pour la troisième fois le monstre ne fut frappé que du bâton, auquel le harpon était attaché.
  Alors il présenta encore le visage d’un air menaçant, comme il avait fait les deux premières fois. Cela ne l’empêcha pourtant pas de se rapprocher encore davantage du bord et de prendre une ligne, avec laquelle pêchait un matelot nommé Jean Marie ; après quoi il nagea de nouveau au vent environ la portée d’un coup de fusil.
  Il revint ensuite à bord très proche, et s’éleva hors de l’eau jusqu’au nombril; en sorte que tout l’équipage remarqua parfaitement qu’il avait le sein aussi plein que celui d’aucune fille ou femme.
  Il se renversa ensuite sur le dos et prit avec ses mains ses parties naturelles, d’une grosseur et d’une figure pareilles à celles d’un cheval ; après quoi il fit de nouveau le tour du navire et prit encore le gouvernail.
  De là nageant lentement, il s’éleva hors de l’eau, et tournant le dos, il fit ses immondices tout contre le vaisseau. Après cela il s’éloigna de sorte qu’on le perdit de vue.
  Ce manège avait duré depuis dix heures du matin jusqu’à midi, le monstre ayant toujours été pendant ce temps là proche du vaisseau, souvent à deux ou trois pieds de distance, en sorte que l’équipage composé de trente-deux hommes eut le plaisir et la commodité de remarquer les particularités suivantes : qu’il avait la peau brune et basanée, sans écailles, tous les mouvements du corps depuis la tête jusqu’aux pieds tels que ceux d’un véritable homme ; les yeux fort bien proportionnés, la bouche médiocre, eu égard à la longueur du corps qui fut estimé par tout l’équipage de huit pieds ; le nez fort camard, large et plat, les dents larges et blanches, la langue épaisse, les cheveux noirs et plats, le menton garni d’une barbe mousseuse, avec des moustaches de même sous le nez ; les oreilles semblables à celles d’un homme ; les pieds et les mains pareils, exceptés que les doigts étaient joints par une pellicule, telle qu’il s’en voit aux pattes des oies et des canards. En général, c’était un corps d’homme aussi bien fait qu’il s’en voit ordinairement.
  Ce détail est tiré d’un procès-verbal qui en fut dressé par un nommé Jean Marie, pilote du vaisseau, signé du capitaine et de tous ceux de l’équipage qui savaient écrire, et qui fut envoyé de Brest par M. d’Hautefort à M. le comte de Maurepas le 8 septembre 1725 ".

  La seconde partie de cette relation est constituée par la description d’un grand anthropomorphe marin ; description attestée par le capitaine Olivier Morin, le contremaître Guillaume l’Aumône, le pilote Jean Marie et tous les membres de l’équipage de “La Marie de Grâce”.
  Et cette description n’est pas celle d’une créature entraperçue à longue distance durant quelques secondes, mais au contraire observée " ... depuis dix heures du matin jusqu’à midi, le monstre ayant toujours été pendant ce temps là proche du vaisseau, souvent à deux ou trois pieds de distance... ".
  Et observée par une trentaine de marins, soit des hommes accoutumés à des rencontres de divers représentants de la faune aquatique ; rencontres qui devaient être incomparablement plus fréquentes qu’aujourd’hui, à une époque où les océans n’avaient pas encore subi les méfaits de la pêche intensive et de l’industrie baleinière, et où l’éthologie des populations animales marines n’était pas perturbée par les conséquences des navigations à vapeur et radiogoniométrique.
  Dans cette description, quatre points demandent à être soulignés :

  1. Il s’agit d’un être de grande taille. Le rapport précise : "...la longueur du corps qui fut estimé par tout l’équipage à huit pieds...".
    Le pied français correspondant à 32,48 centimètres, la taille de l’homme-marin peut être estimée à environ 2,6 m; soit celle d’un véritable géant.

  2. Contrairement à certains témoignages relatifs à d’autres observations qui font état d’un pelage, cet homme-marin semble avoir été glabre.
    Le rapport parle de sa chevelure, de sa barbe et de sa moustache, mais ne mention- ne pas de pilosité corporelle.
    Il est simplement dit " ...qu’il avait la peau brune et basanée, sans écailles... ".

  3. Le nez est décrit comme " ...fort camard, large et plat... " ce qui rappelle celui des Néanderthaliens.

  4. " ...les doigts étaient joints par une pellicule, telle qu’il s’en voit aux pattes des oies et des canards ".

  La relation de la rencontre du 8 Août 1720 n’est pas la seule à faire état de mains humaines palmées. Après l’avoir transcrite, de Maillet enchaîne sur l’anecdote suivante :

  " En 1651, on avait pris à deux lieues de Nice un requin d’une grandeur extraordinaire, dans le ventre duquel on trouva une main de figure humaine séparée du bras, comme si elle eut été coupée avec une hache.
  Cette main était encore si saine, que par le peu d’impression que la digestion de l’animal avait fait dessus, il était aisé de voir qu’elle venait d’être avalée.
  Elle fut vue d’une infinité de personnes, entre autres du Sieur l’Honoré pourvoyeur de la cour de Turin, de qui je tiens ce fait, ainsi que d’un pêcheur qui assista à l’ouverture de ce poisson. Les doigts de cette main absolument semblable à celle d’un homme, étaient unis l’un à l’autre par une pellicule, comme le sont les pattes des oies et des canards : preuve certaine qu’elle ne pouvait être que celle d’un homme-marin... ".

*
* *

  Si la seconde partie de la relation constitue une description si minutieuse d’un grand anthropomorphe marin qu’elle peut être qualifiée de portrait, la première, qui rapporte par le menu chacune des phases de l’événement, devrait à elle seule convaincre les plus sceptiques que tout témoignage d’une rencontre d’un homme-marin ne s’explique pas systématiquement par l’observation défectueuse d’un lamantin ou d’un dugong.

  Cinq traits de comportements sont à ce propos significatifs :

  1. A sept reprises il est fait état soit des mains de la créature, soit de gestes ne pouvant être accomplis que par des mains.

  2. L’un de ces sept passages rapporte : " Il se renversa ensuite sur le dos et prit avec ses mains ses parties naturelles... ".
    Se renverser sur le dos lorsqu’on est dans l’élément liquide, signifie faire la planche.
    Or les palettes natatoires des Siréniens sont trop courtes pour leur permettre, dans cette position, d’atteindre leurs organes génitaux.
    Pour y parvenir il leur faudrait se recourber.

  3. Un autre passage mentionne " ...il prit la soubârbe du beaupré et s’éleva hors de l’eau... ".
    Chacun est évidemment libre d’en penser ce qu’il veut. J’ai quant à moi beaucoup de mal à imaginer un lamantin ou un dugong grimpant à la corde lisse.

  4. A trois reprises il est raconté, dans la langue savoureuse de l’époque, que l’homme- marin n’apprécie pas d’être frappé par le harpon, fut-ce par la hampe et non par le fer, et que l’expression qu’il affiche traduit son mécontentement :
    " ...il prêta le visage au contremaître, comme un homme en colère qui eut voulu faire un appel ".
    " ...à ce coup il prêta longtemps le visage au capitaine, comme il l’avait fait au contremaître, et avec les mêmes gestes ".
    " Alors il présenta encore le visage d’un air menaçant... ".
    J’aime bien les lamantins et les dugongs ; je leur trouve de bonnes bouilles. Toutefois on ne peut pas dire qu’ils soient très expressifs.
    Et manifester la colère et la menace par un jeu de physionomie nécessite à la fois une intensité du regard et une mobilité des traits, desservie par une riche musculature faciale, qui sont plutôt l’apanage des carnivores et des primates que des siréniens.

  5. Dernier point qui, pour être scatologique, n’en est pas moins déterminant. Il est dit dans le rapport : " ...il s’éleva hors de l’eau, et tournant le dos, il fit ses immondices tout contre le vaisseau ".
    Comment un sirénien, adossé au flanc d’un navire, pourrait-il déféquer contre la coque, alors que chez lui l’anus se situe en position ventrale ?

  Un seul point dans ce témoignage ne cadre pas avec l’ensemble. Tout au long du rapport, lorsque l’être observé n’est pas désigné sous le terme de “monstre”, il est appelé “homme”.
  Et il ne fait aucun doute à la lecture de ce texte que le mot “homme” désigne à la fois sa constitution anthropomorphique et son sexe.
  Il s’agit de toute évidence d’un mâle, comme le confirment d’ailleurs " ses parties naturelles, d’une grosseur et d’une figure pareilles à celles d’un cheval ".
  Or il est précisé également " qu’il avait le sein aussi plein que celui d’aucune fille ou femme ".   De prime abord il est déconcertant de rencontrer un portrait de grand anthropomorphe, alliant un pénis d’équidé à une poitrine de jouvencelle.
  Mais en tout état de cause, cette apparente contradiction plaiderait en faveur de la véracité du rapport. Car, si toute l’affaire n’était qu’un vaste canular, pourquoi avoir ajouté ce détail “pectoral”, propre à discréditer l’ensemble de la relation ?
  Le Monde Animal comporte nombre de paradigmes ne se conformant pas aux normes de nos préjugés.

  Ainsi nul mammalogiste n’ignore que chez les hyènes il n’est pas possible de distinguer les mâles des femelles ; les organes génitaux externes étant identiques chez les deux sexes.
Les hommes-marins seraient-ils androgynes ?

*
* *

  Devant le rapport de la rencontre du 8 Août 1720, on peut évidemment se demander s’il existe, ou s’il a existé jusqu’à une époque récente, des hommes-marins.
  Mais la bonne question, celle que l’enseignement de Bernard Heuvelmans devrait nous conduire à poser est la suivante : est-il envisageable que l’ordre des Primates ait produit une ou plusieurs espèces adaptées à la vie aquatique ?   Si l’on excepte des ordres totalement inféodés à l’élément liquide, tels que les Pinnipèdes, les Siréniens et a fortiori les Cétacés, un bref coup d’oeil sur la diversité des formes mammaliennes révèle qu’une adaptation plus ou moins accentuée à la vie aquatique se rencontre dans de nombreux groupes.
  C’est le cas de l’hippopotame amphibie chez les Artiodactyles ; des loutres chez les Carnivores ; du cabiai ou capybara, du ragondin, de l’ondatra ou rat musqué et bien entendu du castor, chez les Rongeurs ; des musaraignes d’eau et des potamogales chez les Insectivores ; du yapock, appelé parfois opossum aquatique ou loutre marsupiale, chez les Marsupiaux ; de l’ornithorynque chez les Monotrèmes.
  Et tout porte à croire que c’était le cas des Desmostyliens, ces étranges Mammifères connus exclusivement à l’état fossile, et qu’ont livrés les terrains miocènes de l’Amérique du Nord et du Japon.
  Il n’y aurait donc rien de surprenant à ce qu’un ordre aussi ancien et aussi diversifié que celui des Primates, ait donné naissance à une ( ou plusieurs ) espèce aquatique.
  J’entends une espèce incomparablement plus adaptée à l’élément liquide que le nasique, ce grand singe de Bornéo, nageur et plongeur émérite, capable de traverser des fleuves, de nager sous l’eau, et qui se rencontre parfois en mer à plusieurs kilomètres du rivage.
  Une espèce qui serait l’équivalent chez les Primates de la loutre marine chez les Carnivores. Et peut-être plus spécialisée encore que la loutre marine, et même que les Pinnipèdes, car il pourrait s’agir d’une espèce chez laquelle accouplement et naissance auraient lieu en mer.
  Chez la loutre marine en effet l’accouplement se déroule dans l’eau, mais la mise bas se produit à terre.
  Chez les Pinnipèdes en principe accouplement et mise bas ont lieu à terre. Cette règle souffre toutefois quelques exceptions. Dans “Le Grand Serpent-de-Mer”, Heuvelmans indique que la parturition peut parfois se produire dans l’eau chez les morses et chez le phoque gris.
  Et dans leur “Guide des Otaries, Phoques et Siréniens”, Remy Marion et Jean-Pierre Sylvestre écrivent que l’accouplement a lieu dans l’eau chez le phoque tacheté, le phoque marbré et parfois chez le phoque veau-marin.

*
* *

  Si, eu égard à ce qui précède, l’existence d’un primate aquatique peut être tenue pour crédible, en poursuivant le raisonnement elle apparaît éminemment probable.
  Les Primates constituent un ordre très ancien, dont l’histoire est inextricablement mêlée à celle des Insectivores, desquels ils sont peut-être issus ( 1 ).
  Or les Insectivores ont réalisé des formes aquatiques ( Potamogales ), et également des formes volantes ( Microchiroptères ).
  Les Primates auraient fort bien pu réaliser des formes aquatiques, puisque eux aussi ont très probablement réalisé des formes volantes. En effet, il semble que, par opposition aux Microchiroptères, les Mégachiroptères ne dériveraient pas des Insectivores, mais seraient en quelque sorte des Lémuriens volants.
  Par parenthèse, aux yeux des puristes, les Chiroptères constitueraient un ordre artificiel, puisque diphylétique ( 2 ).

*
* *

  Si donc quelques notions de Mammalogie devraient nous conduire à considérer comme tout à fait possible, et même probable, l’existence de Primates adaptés à la vie aquatique, on peut se demander si cette spécialisation s’est réalisée une ou plusieurs fois ; ou, en d’autres termes, si elle est le fait d’une seule lignée ou de plusieurs.
  La documentation est évidemment trop parcimonieuse, pour que l’on puisse se permettre de trancher; et les différences relevées d’un témoignage à l’autre, peuvent fort bien résulter de caractères individuels liés à l’âge ou au sexe ( 3 ).
  Toutefois je serais enclin à voir un représentant du genre Homo ( qu’il soit aquaticus, marinus ou oceanicus ) dans le “monstre” observé et décrit par l’équipage de “La Marie de Grâce”, en cette matinée d’Août 1720.
  A deux reprises il est fait mention de l’attraction qu’il paraît ressentir pour la figure de proue qui, pour reprendre les termes du rapport " était celle d’une très belle femme ".
  La littérature de vulgarisation scientifique et de Mythologie Populaire n’est certes pas avare de comportements salaces manifestés par nos cousins les singes, vis à vis de nos compagnes.
  Mais je demeure persuadé que, parmi l’éventail d’espèces que comporte l’ordre des Primates, seul un ressortissant du genre Homo pourrait être séduit par une représentation artistique féminine, fut-ce une figure de proue.

 

NOTES

  ( 1 )   

Il en résulte que l’appartenance de certaines formes fossiles à l’un ou l’autre ordre, fluctue en fonction des auteurs et des découvertes.
C’est le cas des Plésiadapiformes, tenus un temps pour des Prosimiens, dont ils furent radiés par la suite, sans pour autant être formellement reconnus pour des Insectivores.
C’est également le cas, parmi les formes contemporaines, des Tupaiidés qu’à une époque certains auteurs avaient classés parmi les Prosimiens, alors que d’autres les maintenaient chez les Insectivores, et qui aujourd’hui constituent un ordre à part, les Scandentia.


 
  ( 2 )   

Les Chiroptères ne représentent pas le seul ordre mammalien diphylétique. Pour ne citer qu’un exemple, les recherches sur le sérum sanguin indiquent qu’il en est de même pour les Pinnipèdes, chez lesquels les phoques descendraient des Mustelidés, et les otaries et les morses des Ursidés.
Autre point commun entre les Pinnipèdes et les Chiroptères : les fossiles n’ont livré jusqu’ici aucune trace du passage du membre marcheur à la palette natatoire pour les premiers ; non plus que de la tétrapodie aptère à la forme ailée pour les seconds. Le diphylétisme des Chauves-Souris implique bien évidemment que la “Chiroptérie” a été réalisée deux fois, par parallélisme ou par convergence, dans le monde des Mammifères.
Phénomène qui n’est pas unique non plus puisque, en ne prenant en considération que les faunes contemporaines, les Mammifères ont réalisé quatre fois la membrane planeuse ; chez les phalangers, chez les galéopithèques et chez deux types d’écureuils volants : les Ptéromyinés et les Anomalures.


 
  ( 3 )   

En outre, je ne fais allusion ici qu’à des observations d’anthropomorphes, soit des créatures tétrapodes.
Je n’aborde pas les témoignages relatant des rencontres d’êtres à silhouette sirénienne, dotés d’un buste humain et d’une queue de cétacé.

 

 

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The Wildman : a European perspective

by Jean-Paul DEBENAT

  One may wonder why the number of cryptozoological societies or clubs is so limited in Europe and particularly in France. One reason might be found in our history looking back at the Era of Enlightment, namely the 18th century.
The scientists of the 18th century were to lay the foundations of modern science based upon the approach defined by René Descartes ( 1596-1650 ), soldier, mathematician and philosopher.
Descartes’ ambition was to explain everything that occurred within the bosom of Nature. To that end, he decided to wipe the slate clean i.e. to get rid of the theories inherited from the past.
His philosophy, for most people, is summed up in the latin formula that he coined himself : “cogito ergo sum” meaning : “I think therefore I exist”. The frame of thought provided by Descartes amounted to a major breakthrough and a source of inspiration for the scientists of the 18th century and their followers even up to our times.

  However the cartesian spirit or cartesian turn of mind has its bad side : an excess of rationalism leads to the belief that all natural phenomena can be explained by mechanical explanations.
For instance, Descartes himself described animals as if they were machines and denied them even the slightest shade of consciousness.
The excess of rational thinking, still to be strongly felt today, fully deserves to be termed “the dictatorship of Reason”.

  Voltaire, a famous playwright and satirist of the 18th century, admired by the elite of Europe wrote in 1771 :

    “C’est du Nord aujourd’hui que nous vient la lumière”.
    [ It is now from the North that light comes to us ].
He wanted to contradict the old Latin saying :
    “Ex Oriente lux”.
    [ Light comes from the East ].

  Voltaire thus underlined that the ancient theories derived from the antique Eastern Civilizations were obsolete. A new light was shining on Europe where science was becoming synonymous with progress, in every respect.
During that period, a Swedish naturalist, Carl Von Linnaeus ( 1707-1778 ) produced his great classification of the plants before turning to the animals.
A few years ago, English poet John Heath-Stubbs wrote :

     

He had catalogued the plants, now he marshalled the beasts
In ordered ranks – and first, Primates
With Man in his own abstract image,
Sapiens, knowing, savouring, tasting ;
Shadowed by the mysterious and rumoured nocturnus
”.

  In that Age of Reason, the existence of this elusive nocturnal giant seemed so plausible that Linnaeus included it in his famous taxonomy.

 

The Wildman in the Middle Ages.

  It was difficult to erase the Wildman from the memories of the people. As a matter of fact the Wildman had been a popular figure as depicted in numerous texts and artworks during the Middle Ages.
The Wildmen inhabited the woods, hunting, fishing, tending fields and raising poultry or even cattle, living in communities, seldom isolated. However, their relationship with humans were somewhat ambiguous. They came near the villages, kidnapping women.
A passing knight, hearing the cries of the woman, would intervene, killing the creature as he would slaughter a boar.
The Wildmen were covered with hair, except their hands, feet, face and breasts in the case of a female.
Their favourite weapon was a club or even a whole tree.

  Quite often, one has underlined the link between the excess of hair and the oversexed behaviour of the creature. In certain cases, the Wildman appears as voracious, cannibalistic. It also reigns upon the animals of the forest. Its ancestry goes back to the satyrs, the Cyclops, the Ogres.
The Wildman often covers his body with a bearskin but he is unkempt, rude in his manners and, so it seems, has not received the gift of speech.
Nonetheless, the Wildman is likely to turn into something else, as if he were expecting to be born again. Here is a summary of the tale of the two brothers :

  A poor woman took her twin boys with her while gathering wood in the forest. One of the two boys was kidnapped by a bear and learned to walk on four legs. His twin brother, now aged 20, decided to look for him. He falls upon a bear-like creature and they fight during a couple of hours. Exhausted, they rest side by side and the bear-like creature decides to follow the young man.
On the way to the village, they meet a giant. The bear-like creature decides to accept the giant’s challenge which is to take place within the giant’s castle. The giant says :
« There is no need to fight. If you manage to pull this iron bar which I shall stick into the ground, you will be the winner ».
The bear-like creature easily pulls the iron bar from the ground. The giant takes the bear to the village and stops at the barber. The bear indicates that he too wants a shave and a hair-cut. His brother happens to pass by and as the hair is removed from the bear’s face, he recognizes his brother. He kisses him with great joy. At once, the so-called beast declares :
« I had always known you were my brother; otherwise you would never have found me ».

  Quite often, the medieval tales convey some sort of moral teaching.
Still, when one tries to decipher these stories with a cryptozoological eye, leaving aside the whimsical traits or the moral lessons, one will discover the very nature of the Beast.
While analysing a famous tale entitled the Romance of Orson and Knight Valentin quite similar to the tale of the two brothers, French cryptozoologist Christian Le Noël stated about Orson – from the latin Ursus or bear :
  “ He is in fact a typical hairy wild man with all the features attributed nowadays to this kind of creature. He lives like an animal in the woods; he is entirely covered with hair; his nails are long and sharp due to the fact that they have never been trimmed. His size and strength are out of the ordinary, which is quite natural for a wild creature………
The absence of speech is another characteristic of those primitive beings. However at the end of the story, he is said to be laughing which is a typical human trait. While studying other tales, one will learn that this species of wild men is apt at producing melodious sounds closely resembling human vocalizations
”.

 

Bear and Wildman.

  The Bear and Wildman are closely connected as is reflected in many carnivals which perpetuate ancient traditions in Europe, be it in France, Germany, Belgium, Swiss, Spain, Yugoslavia.
A few years ago, a friend of mine was lucky and brave enough to attend the Carnival of Mardi Gras ( Fat Tuesday ) in the small village of Cournonterral in Southern France, well-known for its vineyards.
During the celebration, the police would prevent strangers from attending. Some of the participants – mostly young men – play the roles of the wild men, wearing potato bags padded with straw. Others, including a few fearless young ladies, are dressed in white.
The young wild men, their faces covered with badger fur masks chase the “white costumes”, pin them on the ground and tar them with a mixture of stale wine and dregs collected at the bottom of the wine casks. The hunt takes a somewhat dangerous turn as the streets soon disappear under a layer of stinking reddish mud, quite slippery, while more and more wine is being consumed.

  One could also give many examples of festivals during which the Bear or Wildman embodies the notion of a transformation as Spring is approaching.
At Candlemas, i.e. the second of February, in Prats-de-Mollo, a village in the French Pyrenees, the inhabitants enact the “Jeu de l’Ours” or Bear Game. A villager whose face and forearms are covered with a mixture of soot and oil, wearing sheepskins, walks down the hill and terrorizes the population with its groans and roars. Some villagers wearing white robes or aprons, armed with sticks, manage to catch him.
In the end, a couple of barbers shave him using an axe. Thus ends the Bear Game, so to speak for it is time for the villagers to celebrate the transformation of the Bear into a civilized individual.

  In the Eastern French province of Savoie – a mountainous area – a saying states that if on February 2 ( Candlemas ), the sun shows in its whole, the Bear stunned by the light, will return to its den and sleep forty more days.
In this case, the wise farmer had better spare his hay so that it may last till the end of winter.

  In Italy, one used to say that on March 25 ( Feast of the Annunciation ), Bear goes bathing ; he does not suffer from the cold and he purifies the water.

  Similarly, in Urnach, Switzerland, at the same period, Wildmen i.e. men covered with moss, bark and twigs of pine-trees announce the coming of spring.

  Thus one might infer that the Bear or Wildman helped modern man define his own seasonal calendar or to put it briefly : Bear or Wildman was the first teacher of early modern man.
This reminds me of the role played by Bear as a master-healer. My Friend Ralph Bennett, a Haida carver, told me that the first shaman learned healing while following bear. Bear using his strong claws would collect bark from various trees and use it as a medicine. The shaman imitated Bear and became an expert at healing his own people.

  However, from the few examples mentioned above, one may affirm that at the level of folklore and / or mythology, the Wildman or Bear has left his imprint as mirrored by celebrations still alive today.
Those celebrations are pretexts for having fun, for teaching some sort of morality, for conveying initiatory values.
They still reflect the positive role played by the Wildman as a teacher, a grand master of the natural world, in a distant past.
But one must now consider the ever-increasing influence of the religious institutions which tried to eradicate all pagan practices, from the Middle Ages up to the 18th century.

  Folktales or reports from the descendants of witnesses who lived at the end of the 19th century show that the crusades of the religious authorities, combined with the instinctive fear of isolated peasants, concurred to turn the Wildman into an ugly Beast or Monster.
As a result, the Beast or Monster had to be destroyed. It was usually burnt as one would a witch or a sorcerer, or slaughtered as one would a wild boar.
All pre-christian teachings and symbols had to be banned.
Let us remember that English poet Robert Herrick wrote in the 17th century :

     

Candlemas Eve
Down with Rosemary, and so
Down with the Baies and Mistletoe ;
Down with the Holly, Ivie, all
Wherewith ye drest the Christmas Hall
That so superstitions find
No one least Branch there left behind
”.

 

The Dance of the Savages.

  In one of his books, cryptozoologist Christian Le Noël recalls a dramatic episode of our history. It took place in 1394 at the Court of King Charles VI of France during a fancy dress ball.
In those days, one may suppose that Wildmen commonly called “hairy ones” – later replaced by bears – were exhibited at local fairs.
King Charles VI and his courtiers donned suits on which oakum ( cotton waste ) had been glued using pitch, in order to look like wildmen. Accidentally, their disguise caught fire. The King survived as a lady managed to wrap her long dress around him.
The “Dance of the Savages” became known in our history manuals as the Dance of the Fiery Ones.

  In his study of the wildman in Italy ( 1986 ), Ulderico Bernardi wrote :

  The Wildman is a fanciful and animal-like being, covered with hides and leaves, who stays away from men in the depth of the woods. Our mountains abound in testimonies concerning this repulsive creature who is nevertheless the keeper of some precious technological know-how. According to a legend, a wildman, who had been offered hospitality during a storm on the Alps, taught the shepherds how to turn milk into butter and cheese”.

  It would seem that the Ancient Greeks and Romans knew this archaic race and used them as field hands, thus taking advantage of their strength. But in the Middle Ages, the Church banned any comparison between Man and the Wildman. The latter could not possibly have been created in the image of God. It was to be considered as an aberration, a creation of the devil.
It would have been considered as a heresy for the medieval scholars to dare study those creatures.
Then one will understand why the Wildman and the Bear are often confused. Even if the Wildman is a monster, one had rather declare that one slaughtered a Bear instead of a Wildman.
According to reports and testimonies, the Wildmen survived until a fairly recent date.

  In a letter of September 1646, a nobleman of Grenoble, Sir Salvaing de Boissieu describes the encounter of a couple of wildmen – male and female – by two loggers, at a distance of 250 meters. One of the loggers ran and came close to the female. He grabbed her hair which fell down to her elbows. The female uttered a cry and the logger, frightened, let loose.
The couple of wildmen climbed up the rocks in a hurry. Their bodies were covered with hair about 8 cm long except the face and the palms of the hands. They could only vocalize.
The detailed report of this nobleman makes an impression on the reader : there might have existed Wildmen in France at a time when King Louis XIV had the Palace of Versailles built. And they probably survived until later.

  Here is an interview carried out in 1958 by two folktale collectors in the village of Saint-Maximin in the French Alps :

  There is a place on the banks of the Breda Creek where we used to collect fodder with a large rock overlooking. The Sarradins lived under it [ the word Saracens meaning North African has been deformed into “Sarradins” ].
My mother had seen them. They were wildmen who could not talk. They used to come to the village and they stood at the doors of the inhabitants until they were given something. One gave them half a loaf of bread in order to get rid of them
”.

  Another story collected by French folklorist Charles Joisten is about two “wolves of some sort” that walked upright in the manner of human beings. They were accused of eating people and were called “louberous” in the local patois, meaning werewolves. The people said that if they managed to kill them, they would build a church on the very spot, which they did after a successful hunt. Two carved stones depicting the faces of the victims adorn the steeple.
Christian Le Noël visited this village ( Saint-Maurice en Valgaudemar ) in the Alps and verified that these sculpted heads did exist. The church was erected in the XII century and reconstructed under Louis XIV ( 17th century ).

  French/German zoologist François de Sarre, an ichthyologist by training, also discovered figurations of wildmen in Homburg, a small German town near the French border. The terracota tiles of wildmen exhibited in Homburg’s castle date back to the mid-sixteenth century and represent two different types of wildmen : some “were very hairy Homo sapiens, another looked like Heuvelmans’ Homo pongoïd, with upturned nose and abundant head hair… There existed at the same time feral Homo sapiens, living like in Paleolithic times, and pongoid creatures, maybe related with some fossil-known Homo species”.

  Let us remember that the term Homo pongoid was coined by Bernard Heuvelmans in his book L’Homme de Néanderthal est toujours vivant [ Neanderthal Man is still alive ] published in 1974.
According to Bernard, it did not mean that this creature was an intermediate stage between ape and man; he really was a man ( Homo ) with the look of an anthropomorphic ape ( Pongo ). Only the face and the stature – with a short neck – might look simian.
Thus, adds François de Sarre, “the specific name Homo pongoid seems to be perfectly adequate”. In his opinion, there lived, on the outskirts of organized societies various populations of wildmen.
Then, one could produce many examples of tales, records, miniatures found in manuscripts, stone sculptures, wood carvings reflecting the presence of wildmen in Europe until recent times.

  Did the wildmen inter-breed with Homo sapiens sapiens ?
Were they exploited by the latter as slave labor ?
Did they degenerate because of inbreeding ?
Were they burnt as “heretics” or hunted and slaughtered as “cannibals” ?
Those are some of the questions some French researchers, like Jean Roche, François de Sarre or Christian Le Noël are trying to answer.

 

Recent sightings in Europe.

  As I said before, the French with their rational minds, tend to reject unknown phenomena. As a result, there is a lack of sightings concerning cryptids in general. One must also consider that Europe is densely populated and the wilderness tends to disappear.

  At least, our British neighbors have filed 438 reports about Big Cats, lynxes and pumas in 2001, “an exceptional year” according to the British Big Cat Society.

  Last year, a wildman was supposedly filmed in a wood in the small country of Luxembourg, located between France, Belgium and Germany. The pictures I was sent via Internet were unconvincing.

  A few years ago, in 1997, the Italian press mentioned the presence of a giant creature, about 2 meters high, with the body of a gorilla and a human head. It was seen by a policeman patrolling the border at night on July 27, 1997. The witness declared : “His features were those of a withered old man, with a short neck, long hair, dark complexion”.

  After an article on the subject was published in the weekly “La Riviera”, the magazine was contacted by a 27 years old-student who stated that he had seen a similar creature on May 7, 1997, in the same area, near Vintimiglia, an Italian city close to the French border.
The creature is supposed to live in one of the numerous caves of Balzi Rossi, in the hills overlooking the town, near the ruins of an old manor.

  According to an article published in the daily “Il Giornale” of October 24, 1997, the difference between the yeti and the Italian giant is that the latter is the result of artificial crossbreeding while the yeti evolved slowly following a natural process.
The article reminds one that before it was bombed in 1944, the manor was inhabited by a famous Russian surgeon and biologist, Sergei Voronoff who tried to extend human longevity and sexual potency while transplanting gorilla testicles onto human males. This sounds like Frankenstein’s experiments.
Still controversies have not died out after Voronoff passed away in 1951.
The Italian journalist mentions that Professor Giuseppe Del Porto, a geneticist at La Sapienza ( the University of Rome ) declared :
      “It is possible to create a hybrid by crossing a human and an animal”. Then the mysterious Italian giant could be the offspring of one of Voronoff’s hybrids.
The journalist suggests that the existence of the yeti might prove that the artificial creation of a humanoid is possible and vice-versa.

  Without any further information, I’d rather leave the Italian giant where it belongs i.e. the realm of fantasy. However I believe it might be worth delving into Voronoff’s writings and experiments which I will do when I have the time.

  As a rule, recent sightings of giant cryptids are so scarce that the European stage looks desperately empty to an American eye.
However, I am convinced that the more we study the folk-tales, legends, fables, testimonies of descendants of witnesses, engravings, carvings, etc…, the more one becomes aware that the wildman survived in Europe until a recent date.
Dimitri Bayanov, of the Darwin Museum in Moscow, once wrote :
     “Is the abundant folklore, say, about the wolf or bear not a consequence of these animals and man’s knowledge of them ? … Therefore we say that, if relic hominoids were not reflected in folklore and mythology, then their reality can be called into question”.

  Presently a number of cryptozoologists has undertaken research along that line, collecting texts and stories, photographing sculptures and at the same time analyzing those pieces of evidence, following the methodology devised by Dr. Bernard Heuvelmans. In my view, it has already proved fruitful and provides a valuable complement to the results achieved at a different level in North America.

 

A renewed interest.

  Although cryptozoology remains unknown to the majority of people1, there is a renewed interest in the evolution of Man. Since the discovery of Lucy in Ethiopia in 1974, the articles on the latest discoveries in paleontology have abounded. In our troubled era, we seem to turn towards fossil finds in order to trace our roots way back in time.

  One should add that fiction keeps providing food for thought. As an example, let me mention the archetypal novel You shall know them, translated from the original book written by French author Vercors in 1952 [ Les Animaux Dénaturés : The Altered Animals ].
It is about a British journalist, Douglas Templemore, who accuses himself of having murdered in cold blood his own new-born baby. The child was conceived via artificial insemination, the mother belonging to a species close to Homo erectus which appeared 1.8 million years ago. Vercors calls the members of this unknown species tropis ( a contraction of anthropos meaning man and pithecos meaning ape ). These tropis were discovered during a scientific expedition in New-Guinea. As a member of the expedition, Templemore would have had plenty of time to study the tropis, had not an Australian lumber company decided to use the tropis as slave labor.
Templemore has decided to kill his son and denounce himself. He wants to be condemned for this homicide.

  The novel is centered on Templemore’s trial. The question is : “Are the tropis sophisticated animals or are they human beings ?”.
Numerous specialists – paleontologists, zoologists, lawyers, priests – are invited to testify. The novel is an amazingly clever pretext at re-examining various theories and points of view.
One of the issues at stake is that of crossbreeding. If the tropis are apes, they should have 48 pairs of chromosomes while humans have only 46 pairs. The difference is slight. But one ought to remember that a trisomic child2 has only one extra chromosome compared with a normal human being. This child belongs nevertheless to the human race.

  In the end after many heated debates between the specialists, the argument which will convince the jury of the humanity of the tropis will come from a lay woman. She has noticed that the tropis who eat raw meat smoke some of it, not in order to keep it but as a primitive worship of fire, as a homage to its purifying power. It is the sign of a rudimentary religious mind.
These altered or denatured animals have left the natural world to enter the world of humans.

  The author adapted his novel for the stage and I watched the play at a theater in my home town in 1993 [ Title : Zoo or the philanthropic assassin ].
I can’t help but compare the play with the Bigfoot Trial enacted in Carson, Washington, during the summers 1995-1997. The “assassin”, I believe, was Larry Lund and many celebrities took part in it including Nancy Logan, Ruth Mc Farland, Robert Pyle etc…

  There is a continuous stream of what the French call “prehistorical novels”, some of them translated from the English, such as Neandertal by John Darnton ( 1996 ) ; or the novel Silex. La Tombe du Chasseur [ Flint. The Hunter’s Grave ] by Belgian writer Daniel de Bruycker ( 1999 ) also about Neandertal.

  But aside from fiction, I wish to remind you of the works of our late friend Bernard Heuvelmans who passed away in September 2001. Bernard, a zoologist by training coined the term cryptozoology in 1950 and devoted his energy to the study of cryptids. His books translated into several languages spread through Europe, opening new vistas on the evolution of species to many a reader :
     “… I established numerous relationships in almost all countries, and even a number of bonds of solid friendship, and so created a quite unique sort of international network of correspondents, a sort of Interpol devoted to the detection and tracking down of hidden animals, or, put more precisely, a Bureau of missing animals” ( Bernard Heuvelmans. On the Track of Unknown Animals, Third revised English edition, Kegan Paul International, London, 1995 ).

  One of the basic aspects of Bernard’s method consists in relying on the native people. Thus one is led to pay great attention to the languages, customs of the countries where unknown species are likely to be found. This respect for the knowledge of the indigenous inhabitants is, according to me, likely to prove most fruitful at several levels.
As naturalist Gerald Durrell put it “… Dr. Bernard Heuvelmans has marshaled an astonishing parade of unknown animals, and he has done so with great skill and scientific detachment…”.
This we all know and I won’t elaborate further on it.

  Besides in her recent autobiography Le Testament d’une Fée [ The Fairy’s Testament]3, Bernard’s ex-wife has precisely described the sympathy he felt towards living creatures. This sympathy or tendency to share another creature’s condition reached its most perfect expression in the presence of apes or monkeys. Incidentally, Bernard and his wife had shared their tiny Paris studio for ten years with a capucin monkey.

  Many a fascinating anecdote reflects Bernard’s deep perception of Nature. However what remains to be done is to decipher the main theoretical or conceptual aspects of Bernard’s writings.
Although he was a classical darwinist by training, he hypothesized that our direct ancestor was a small sized bipedal Homo sapiens dating back to the Miocene ( 23.8-5.3 millions years ago ).
It results then that the Wildmen survived along Homo sapiens without being evicted – or totally evicted – by sapiens.
Homo sapiens is represented by the trunk of the tree of evolution and parallel branches represent different species – from the tree-dwelling tailless monkeys of 20 million years ago to the fairly recent Neandertal.

  In that respect, one must consider that some species lost their “human” or “hominoid” features i.e. losing their bipedalism, becoming arboreal or semi-arboreal…
In his book, L’Homme de Néanderthal est toujours vivant4, Bernard wrote :
    “It is Homo sapiens who remained the most primitive and the anthropoid apes were those to evolve the most…”.
Thus all anthropoid apes including Bigfoot have evolved into types which resembled less and less their common ancestor or Homo sapiens while occupying specific ecological niches ( mountains, forests… ) in accordance with their needs.
Bernard thought the yeti was a Gigantopithecus as he believed that the survivors of that species were restricted to South-East Asia. The Caucasian almasty was a relic Neandertal.
Bigfoot was certainly a giant Homo erectus and in that respect his views differed from those of the late Grover Krantz. Bernard was impressed by the fact that the feet of Sasquatch looked almost human.

  Mere speculations some might say ! Of course, an excess of rational thinking may prove misleading but a complete lack of it may turn harmful. In fact, any honest hypothesis deserves our attention even if new ideas sound complicated or funny at times. Like when I heard of the new phylogeny called cladistics, a classification which is supposed to be more adapted to the theory of evolution. It does away with external appearances so that the crocodile for instance belongs to the category of the birds instead of the lizards. Which at first made me laugh.
On second thought, if the new classification proves a fruitful guide, why should I reject it ?

  To conclude, I would like to recount an anecdote about Bernard Heuvelmans who introduced me to some of his howler monkeys in his property in Perigord, not very far from the famed caves of Lascaux.
It was in February and there was still snow on the trees. I looked at the monkeys with amazement asking :
    “Aren’t those monkeys supposed to live in Brazil in very warm climates ?”.
Bernard who, mind you, was a most well-read man, answered :
    “True. This is what the specialists write in their books but my monkeys have never read them”.

 

Bibliography.

 

Cryptozoological publications.

 

Notes :

  1. Some of my colleagues even believed that « cryptozoology » was the name of a sect.

  2. Affected with Down’s syndrome.

  3. Alika Lindbergh, Le Testament d’une Fée, e-dite, Paris, 2002.

  4. The Minnesota Iceman or Homo pongoid that Bernard discovered in the US in 1968 apparently originated in Vietnam and was a surviving Neandertal.

 

 

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Hàt’s d’r wassermôn richtich g’gäbt ?
HOMO erectus :
wild ùn aquàtisch ?

vùn François de SARRE

 

  D’r-wo dî Paläontologë bezeïchnë àls unsr Uràhn, Homo erectus, wôr-a in Wirklichkeït äni Art vù Wildmànsch, met aquatisch Ông’wohnhèt, g’wéén ?
  S’gäbt ä paa rézentë Ôôngawë, wo do-dî Ôônsicht wurr b’schdäädigë !
  Klâr, s’isch ä gonzi Vôôrschdellung vùn unsra Vergôngëhèt, wo gäw do total ùmg’wälzt... awwa dut’s d’Wissenschaft nitt so uff da Wîs vùrwèèrts kùmmë, wenn regelmässich vùr d’eïgenë Dîr g’kèèhrt gäbt ?
  Zë-èrscht lôss’mir sîhn vùn da historischë Sicht hêa, wî’s je g’kùmmë isch, daß Homo erectus àls än ‘Ahn’ vùm Homo sapiens ông’sîhn g’gäbt isch...

 

Dubois sä’ Irrdùm :

  Im Johr 1891, ä junga holländischa Ârz, Eugène Dubois, hàt uff Java d’Reschdë vùn eïm Hominidë g’funnë, wo-a de Nàmme “Pithecanthropus” gaww : dobeï wôr’s d’r selw Nàmmë, wie’s einscht Ernst Haeckel g’wählt hàt, wo sich dë sogenanntë Affe-Mànsch vùn Java g’draïmt hàt. Zweïfellos wejë da Näh vù dènë Insel Sumatra ùn Borneo, wo’s d’r Orang-Utan haït noch gäbt. Haeckel dät aach de Gibbon àls ä êngscht Verwôndda vùm Mansch ôôn’sîîhn.
  So wôr’s uff da Such vùm “missing link” g’wéén, wî Eugène Dubois aweïl ä Schädeldach ââsgruww met platta flîhënn Schdirn, in èbbë Sédiment vùm Solo Fluß ; nohêa gaww’s aach do-da Fund vù-n-äm Fémür manschlicha Typ, wo Dubois d’zù g’fihrt hàt, ‘m Fossil dë Nàmme “Pithecanthropus erectus” së géén, was “uffrecht Affe-Mànsch” heïscht. Dubois sä’ Irrdùm lejjt jo sicha dobeï, im Pithekanthrop ä Zwüscheding zwüsch’ Affe ùn Uns zë sîhn, nur deswéj, weïl-a wî ä Aff ââssîht, ùn uff zwä Beïn lââft…
  Kurz vorm lätschd Weltkrîg, d’r ditsch Paläontolog Ralph von Koenisgswald grùww in Java mééh Reschdë ââs vùm Pithekanthrop, b’sùnnasch rîîsîjë Forme ( Meganthrop ). Nitt lông hêa, hàt ma aach àrich robüscht Forme g’funn met àrich dick Schädelwännë, dî ä million Johr èbbs datiert g’gäbt sîîn.
  Do-d’Hominidë, ùn ä paar ànna in China, Afrika ùn Europa, gêên jetzt klassifiziert in d’Gattung Homo [ ùn nimmééh in Pithecanthropus ], was fir dî Paläontologë ä dirèkdi Ableïtung zùm Homo sapiens erlààwt…

 

D’êchdë Natür vùm Pithekanthrop :

  Uff jédm Fàll hannelt’s sich dobeï nitt ùm ä-n-Affe-Mànsch, weïl dr Aff isch ä bààmläwënna Primat, wo nix ze dùn hàt met uns’m heïtigë Schwätzthémà ; s’kààn aach nitt d’Rééd sîîn vù äm primitîwë Mànsch, weïl-a vîllsevîll spëzialisiert isch... àwwa ‘s kééne sich hannelë ùm än Mànsch met aquatischë G’wônnhètë. Ich dät sogaa sààn : ä richtiga Wassermôn, wo aach im Meer läwë kànn !
 D’r belgisch Anthropolog Marc Verhaegen hàt an do-dà Hypothése drùff g’schàfft, awwa im Rahmë vùn äna Entwigglung dër Gattung Homo ââs aff-ähnlichë Primatë, wo domôls in d’n-iwwaschwämmdë Wälda vùm Miozän g’lääwt hànn.
  Verhaegen hàt notiert, daß vîll Reschdë vùm Pithekanthrop sîn entdêggt in da Näh vùn Flîîß ( wî ùff Java ), odda nitt wîtt vùm Meer.
  Es gäbt archäologischë Beweïse vùm Pithekanthrop’ sä Passage ùff da indonésischë Insel Florès, wo gelejjt isch ùff da Route nôh Australien. Nun, aach wî d’r Ozean domôls am dîîfschdë wôr g’wéén, hàt’s noch ä Meeresarm zwüsch Florès ùn Asien g’gäbt. Klassisch Paläontologie lôsst do-dî Indringling met “Flösse” ‘riwwakùmmë... Wî wôr’s awweïl, wenn d’r Pithekanthrop hàt richtich kéénnë schwimmë ?
  Marc Verhaegen erklärrt, daß d’großë Densität ùn Dichtichkèt vùm Pithekanthrop’ sä Knochë wurr kùmmë vùn da Adaptation in ä-n-aquàdischës Läwë. Sogaa d’typisch platti Form vùm Kopp, me’m vôôrsprängennë Rand iwwa de-n-Oïgë ( wî ä Visier ), wurr vùn do-da Schwimm-Adaptation hêa kùmmë... !

Homo erectus nageant

 

D’r Pithekanthrop wurr ze schnell groß

  Do-d’Annonce hàt d’wissenschaftlich Gemeïnschaft vor ä paa Monat arich iwwaràscht. Nôh äna Studië iwwa d’Zähn, Christopher Dean vùm University College of London isch zëm Schluß g’kùmmë, daß d’r Pithekanthrop kä Jünglingsalter hàt g’kéént : ä so wichtiges Stadium fîr’s Lernë ùn fir d’Reïfe vù jùngë Mànschë… D’r Pithekanthrop wurr met 12 Johr schon ä-n-Adült !
  “Klassisch” ôông’sîhn, dät also d’r Homo erectus vù d’Paläontologie dîsselwë Entwigglung folgë wî d’großë Affë : Schimpans, Gorilla odda Orang-Utan.

  So därfë-mir nun 2 Sortë vùn Hypothèsë ââsdrigge :

  D’erschdë Hypothèse isch nitt arich gôngbar, weïl se doch nitt erklärt worum d’r Pithekanthrop uff zwä Beïn g’gông isch, ùn hàt allemô Fîîß g’hàt wî unsrë, ùn forwas hàd-a Zähnë g’hàt wî unsrë, ùn aach ä groß Hirn am 1100 cm3 ebbs ? D’r wôr also nitt ä Homo sapiens ‘‘im Entschdééh’’, wî d’Paläontologë noch glààwë !
  D’zwäädë Hypothèse isch schon bessa ùn mééh însichtsvoll. Klàr, mir därfë nitt schwätzë vù-na ‘‘Degeneration’’, awwa vîlmééh vù-na ‘‘Spezialisation’’. D’r Pithekanthrop gîht nitt ‘zërigg’ nôh dë-n-Affë, er dùt bloss dänë äähnelë weje ‘‘Konvergenz’’ : deshàlw sîîht d’r Pithekantrop aôssa wî-n-Aff ! Däs isch wirklich nitt s’selw… Dôbeï bëhàlld-a ä groß Hirn ùn ä guddi Ôonlag, fîr zë géén uff zwä Beïn…

 

Forwàs ä-n-aquatisches Läwe ?

  Wenn’s klimatisch lông Schdéérùngë gàw, sînn mônchi Homo sapiens-Populationë verdrîîwë wurr bis uff’s Meer, odda Flußmîndungë ( tropisch Mangrovë ), wo’s Schùtz gàw, ùn aach reïchlich Nôôhrung fîr ôlli : Kràww, Algë, Schnack ùn Fusch.
  Wenn solch iwwel Verhältnissë lông hàllë, kônn ä kulturelli Dekadenz îînsetzë, wobeï schbädda-hin aach anatomisch großë Ônderùngë kéénë uffdààchë : d’Kiefer dùn sich verhärdë ùn verschwéérë, d’ Schdirn gäbt flach, d’r gônz Kopp gäbt annasch g’formt, dann d’Silhouette verännat sich schnell. Däs schtétë Läwe im Wasser bëgînschdigt ä schwèra Kéérperbaù ùn ä schdarka Skelett, wî zë sîîn isch aach beï anna Säugedîîr wo am Wasser läwë : Tapirë, Flußpääre, Elefantë…
  Däs schwêrë Skelett vùm Pithekanthrop loßt uns éwë an solch Dîîrë dènkë !
  Dann àls dî Populationë fescht konschtîtuïert wôrë, hàt mônch äna Pithekantrop kéénë fluß-ùffwärds gihn, bis in d’groß Wälda odda in d’hôh Berjë, wîtt vùm Ozean. So hàt d’r aquatisch Wildmànsch sich in ä ‘‘Waldmànsch’’ kéénë trànschformîerë…

 

Dî haïtigë ‘‘Waldmänschë’’ :

  Jed’r hàt vùm ‘Yeti’ g’héért [ wôhrschèènlich än’Art Großàff vùm Himalaya ], vum ‘Bigfoot’ ââs Amérika, odda vùm ‘Almasty’ ââs Kaukasùs. Wàs hîë ind’ressant isch, s’isch daß Relikt-Populationë in Amérika odda in Asiën…  iwwaläwendë Pithekanthropë [ oder aach Néanderdàler ], kéénnë noch exischdîerë ! Sicha isch d’Idée nitt naj, awwa bis jetzt hànn d’Forscher mééh an ‘zërickg’bliewenë Ahnë’ g’denkt… Pèrsééhnlich dät ich sààn, es hànnelë sich éhà um ‘pithékoïdë’ Mänschë [ odda ‘pongoïdë’, wî Bernard Heuvelmans aasg’drickt hàt : d.h. ‘ähnlich wî Pongo’ ]. Dî Pongoïdë sîîhn bloss ââs wî ä Großàff [ Gorilla odda so ebb’s ], doch gihn-së normal uff zwä Beïn wî mir… weïl së auch vùn dëne glîchë bipedë sapiens-Ahnë abschdàmmë wî mir !
  Ä pââ vù dô-dënë Waldmänschë läwë imma noch in da Näh vùm Wasser. So bërichdet d’r amérikanisch Forscher Ray Crowe vùn marinë ‘Bigfoots’ in da Bucht vù Vancouver ( 1998 ). Aach d’r russisch Spezialischt vùm Wild- ùn Waldmànsch, Dmitri Bayanov ( 2001 ), verzäählt iwwa hôôrigë Hominidë wo g’sîîhn wurr beïm Schwimmë odda beïm Dââchë in dë Flîîß. In ä pââ Fällë im Kaukasùs ( M.-J. Koffmann, 1991 ) oder in Nord-Pakistan ( Jordi Magraner, 1992 ), sinn weïblichë Hominidë beschriëwë met arich lông Brùscht, wo iwwa ihr Schùller ‘riwwa’hôôngt…
  Selbschtverstännlich isch’s nur ä Hypothèse, awwa vîlleïcht hàt sich do-dî Eïgenschaft dômols wäährë d’r aquatischë Phase entwiggelt, àlsdann dî Homo erectus-Mudda g’schwùmm isch met ehr’m Baby uff’m Buckel, ùn hàt d’Bruscht aach kéénë gäwë, wobeï s’Kinn an d’Hôôr ùn am Hals hàt mîîssë fèschthallë…

Femelle nageant avec bébé

 

‘Toumaï ’: än aquatisch’r Aff ?

  Vùrschës Johr wurr im Tschad vù d’Equipp um Professor Michel Brunet ä nàjja Hominid g’funn, dann im Juli 2002 àls Sahelanthropus tchadensis im englischë Magazin ‘Nature’ b’schrîîewë.
  S’gàw schon Schdreït wäje dë-n-afrikànischë Australopithêkë, weïl s’sîîn Forscher wo meïnë, se wôrë d’Ahnë vùm Mànsch, odda dî vù d’Großàffë… ? Odda se seï ôlli ââsg’schdorwë ohn’ Dèszendänz.
    D’franzéésischë Paläontologin Yvette Deloison hàt schon feschtg’schdellt, daß d’Australopithêkë hànn Fîîß g’hàt wî dî Affë. Së hànn gudd kéénë uff d’Baïm kletterë. Uff’m 7 Millionë Johr àldë Tchad-Fossil, sîîht ma ùnnë am Schädel, daß s’okzipitalë Loch [ wodùrch dî Wirbelsôïlë in dë Kopp îîndringt ] isch wî beïm Mànsch g’formt ùn orientiert, ùn nitt seïtlich nôh hinnë versätzt wî beïm Gorilla odda Schimpàns !
  Doch, abg’sîîhn vùm kùrzë G’sicht ùn vù sä klëinë Eckzähnë, hàt ‘Toumaï ’ ä Kopp wî Aff, met sogaa noch mééh robüscht Oïgërand ( Torus sus-orbitaris ). Domôls hàt ‘Toumaï’ am großë Tschad-See g’läwt. Hàt’s ebbs zë dun met säna Schädelform ?   Wenn ma dô genàà hinsîîeht, isch dî Äähnlichkèt mè’m Pithékanthrop ( Homo erectus ) doch ufffällich… Schdammt d’r ‘Toumaï ’ diregt vùn äna Art Wassermôn ? Däs dät erklärë worùm s’okzipitalë Loch unnë am Schädel schdeht ! Weïl-a sich vun d’Krokodilë mîîssë rèttë, hàt kéénë ‘Toumaï ’ aach me’m Kopp nôh owwe im Wasser schwimmë, dobeï dî ‘rùnnahängennë Äschtë vù dë Baïm met d’Händ kéénë grîîffë… fîr zë klétterë nuffa in dî sîch’rë Bââmkronë !

 So wôr ‘Toumaï ’ vîlleïcht nix annasch wî än aquàdisch’r Aff’ ?

Homo erectus barbotant

 

[DESSINS de Robert Dumont]

 

Version française : Celui que les paléontologues désignent comme notre ancêtre, l’Homo erectus, était-il en réalité une sorte d’homme sauvage aux mœurs aquatiques ? Certaines recherches récentes corroborent en tout cas ce point de vue. Bien sûr, c’est toute une conception de notre passé qui devrait être entièrement révisée… mais la science ne progresse-t-elle pas ainsi, en faisant régulièrement le ménage devant sa porte ?
Voyons tout d’abord d’un point de vue historique comment on en est jadis arrivé à penser que l’Homo erectus pouvait se trouver parmi les ancêtres de l’Homo sapiens…
L’erreur de Dubois : En 1891, un jeune médecin hollandais, Eugène Dubois, découvrit à Java les restes d’un hominidé qu’il appela ‘‘Pithecanthropus’’ : ce faisant, il lui donnait le nom qu’avait choisi Ernst Haeckel en postulant un homme-singe à Java, sans doute à cause de la proximité des îles de Sumatra et de Bornéo, où vit encore aujourd’hui l’orang-outan. Haeckel pensait également que le gibbon était l’un des proches parents de l’homme.
C’est ainsi à la recherche du ‘‘missing link’’ qu’Eugène Dubois mit au jour une calotte crânienne au front plat et fuyant dans les sédiments du fleuve Solo ; plus tard il découvrit aussi un fémur de type humain. Ce qui conduisit Dubois à donner au fossile le nom de ‘‘Pithecanthropus erectus’’ signifiant : ‘‘l’homme-singe qui se tient debout’’. L’erreur de Dubois a été de voir dans le pithécanthrope un être intermédiaire entre le singe et l’homme, parce qu’il avait l’aspect du singe et parce qu’il marchait debout comme un homme…
Peu avant la dernière guerre mondiale, le paléontologue allemand Ralph von Koenigswald a trouvé de nouveaux restes de pithécanthropes à Java, et particulièrement ceux de formes géantes ( méganthrope ). Il n’y a pas si longtemps, on a découvert des formes très robustes aux parois crâniennes épaisses, datées de moins d’un million d’années. Tous ces hominidés, ainsi que quelques autres trouvés en Chine, en Afrique ou en Europe, sont maintenant rangés dans le genre Homo [ et non plus dans Pithecanthropus ], ce qui permet aux paléontologues d’établir une filiation directe vers l’Homo sapiens.
La véritable nature du pithécanthrope : En tout cas, on ne peut pas dire qu’il s’agissait d’un homme-singe, car le singe est un primate arboricole qui n’a rien à voir avec notre sujet ; on ne peut pas non plus parler d’un homme primitif, car le pithécanthrope apparaît bien trop spécialisé… mais il pourrait s’agir d’un homme aux mœurs aquatiques. J’irais même jusqu’à dire : c’était un véritable homme aquatique qui pouvait aussi vivre en mer !
L’anthropologue belge Marc Verhaegen a travaillé sur cette hypothèse dans le cadre du développement du genre Homo à partir d’anthropoïdes simiens ayant vécu dans les forêts inondées du Miocène [ hypothèse aquarboréale ]. Verhaegen a noté que beaucoup de restes de pithécanthropes avaient été découverts à proximité de fleuves ( comme à Java ), ou bien non loin de la mer. Il y a aussi des preuves archéologiques du passage des pithécanthropes sur l’île indonésienne de Florès, située sur la route vers l’Australie. De fait, même à son plus bas niveau, l’océan faisait barrage au cheminement terrestre entre Florès et l’Asie. Pour la Paléontologie classique, les émigrants avaient dû faire usage de ‘‘radeaux’’… Et si les pithécanthropes étaient capables de nager ? Marc Verhaegen explique d’ailleurs que la grande densité et la compacité des os du pithécanthrope provenaient d’une telle adaptation au milieu aquatique. Même la forme typique et aplatie de la tête, avec le bourrelet osseux au dessus des yeux, serait une adaptation hydrodynamique permettant une nage soutenue en milieu marin… !
Le pithécanthrope grandissait trop vite : Cette annonce a surpris, voici quelque temps, la communauté scientifique. Après une étude des dents, Christopher Dean de l’University College of London concluait que le pithécanthrope ne connaissait pas d’adolescence, cette période si importante pour l’apprentissage et la maturité des jeunes humains… Le pithécanthrope était adulte à l’âge de 12 ans !
D’un point de vue ‘‘classique’’, l’Homo erectus des paléontologues suivait en cela le développement des Grands Singes : chimpanzé, gorille ou orang-outan.
Nous pouvons alors faire 2 types d’hypothèses : * ou bien le pithécanthrope était une sorte de grand singe à peine dégrossi * ou bien le pithécanthrope était un homme qui évoluait vers l’état simien.
La première hypothèse ne paraît guère plausible, car elle n’explique pas pourquoi les pithécanthropes marchaient debout et avaient des pieds comme les nôtres, ni pourquoi ils avaient la même denture que nous, ainsi qu’un gros cerveau autour de 1 100 cm3 ? Ce n’était donc certainement pas un Homo sapiens ‘‘en devenir’’, comme le pensent généralement beaucoup de paléontologues.
La deuxième hypothèse est déjà meilleure et plus conforme aux faits. Il ne faut pas parler ici de ‘‘dégénérescence’’, mais plutôt de ‘spécialisation’. Le pithécanthrope ne ‘‘retourne’’ pas vers les singes, il ne leur ressemble que par ‘convergence’, ce qui n’est pas du tout la même chose ! Ce faisant, le pithécanthrope garde un cerveau performant, ainsi qu’une bonne aptitude à la marche bipède…
Pourquoi donc une existence aquatique ? : Lors de grands bouleversements climatiques, certaines populations d’Homo sapiens ont pu être isolées en bord de mer ou près d’estuaires ( mangroves tropicales ), où elles trouvèrent un refuge, ainsi qu’une nourriture abondante : crabes, algues, mollusques et poissons. Si de telles médiocres conditions – et l’isolement - perdurent, une décadence culturelle peut intervenir, aussitôt suivie de changements anatomiques majeurs : les mâchoires s’épaississent et s’alourdissent, le front devient fuyant, l’architecture crânienne est bouleversée et la silhouette corporelle devient plus lourde. Le mode de vie semi-aquatique conduit à une densification des os et à une robustesse de tout le squelette, comme on peut le constater chez d’autres mammifères : tapir, hippopotame, éléphants… C’est à ces animaux que la silhouette massive du pithécanthrope  fait justement penser !
Une fois les populations constituées, certains groupes d’Homo erectus ont pu remonter le long des fleuves, jusqu’aux grandes forêts et dans les massifs montagneux éloignés de la mer. C’est ainsi que l’homme aquatique devenait un ‘‘homme des bois’’…
Les HSV actuels : Chacun a entendu parler du ‘yéti’ [ en l’occurrence, plutôt un grand singe himalayen ], du ‘bigfoot’ américain, ainsi que de l’almasty du Causase. Ce qui est ici intéressant, c’est qu’il pourrait bien s’agir de populations reliques de pithécanthropes ( ou de néanderthaliens ). L’idée n’est certes pas nouvelle, mais d’habitude les chercheurs pensent à la survivance d’ancêtres [ de l’Homo sapiens ]… alors que dans mon hypothèse personnelle nous sommes en présence d’hommes ‘pithécoïdes’ [ ou pour reprendre l’expression de Bernard Heuvelmans, d’hommes pongoïdes, c’est-à-dire : qui ‘ressemblent à Pongo’ ]. Les HSV ( hommes sauvages et velus ) de type pongoïde n’ont que l’apparence du grand singe ! Ils ressemblent superficiellement à des gorilles qui marchent debout… Cette possibilité leur est donnée par leur différenciation ( géologiquement ) récente du sein de la souche Homo sapiens ! Certains de ces HSV vivent toujours à proximité de plans d’eau. Ainsi le chercheur américain Ray Crowe a-t-il décrit des ‘bigfoots’ marins dans la Baie de Vancouver ( 1998 ). De même le spécialiste russe des hommes sauvages, Dmitri Bayanov ( 2001 ), nous parle d’hominiens velus que des témoins ont vu en train de plonger ou de nager dans les rivières. Par ailleurs, des témoignages en provenance du Caucase ( M.-J. Koffmann, 1991 ) ou du Nord-Pakistan ( Jordi Magraner, 1992 ) font état de femelles d’hominidés aux longs seins pendants… qu’elles peuvent même rabattre par dessus leur épaule ! Bien sûr, cela ne reste qu’une hypothèse, mais on peut penser que c’est durant la phase semi-aquatique que cette particularité a dû se développer quand la maman erectus nageait avec bébé sur le dos en lui donnant le sein, alors que le petit pithécanthrope s’accrochait au cou et à la chevelure…
‘Toumaï’ : un singe aquatique ? L’an passé au Tchad, l’équipe du professeur Michel Brunet a découvert un nouvel hominidé, décrit en Juillet 2002 dans le magazine britannique ‘Nature’ sous le nom de Sahelanthropus tchadensis.
Il y avait déjà eu pas mal de discussions au sujet des Australopithèques africains, car certains chercheurs pensaient avoir découvert en eux les ancêtres de l’homme, d’autres les voyant plutôt dans la lignée des grands singes ; enfin on pouvait aussi admettre que les Australopithèques s’étaient éteints sans laisser de descendance…
La paléontologiste française Yvette Deloison ( 1999 ) avaient déjà établi que les australopithèques avaient des pieds de singe, ce qui leur permettait de bien grimper aux arbres, même s’ils restaient par ailleurs bipèdes. En tout cas, sur le fossile tchadien de 7 millions d’années, on voit nettement que le trou occipital [ par lequel la colonne vertébrale pénètre dans le crâne ] est situé comme chez l’homme sous le crâne, et non pas vers l’arrière, comme chez le gorille ou le chimpanzé ! Et pourtant, s’il n’y avait cette face courte et les petites incisives, la tête de ‘Toumaï’ est bien celle d’un singe, avec un bourrelet sus-orbitaire épais et un crâne très allongé. A l’époque, ‘Toumaï’ devait vivre au bord du méga-lac Tchad. Cet environnement aquatique explique-t-il la forme si particulière de son crâne ? Lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, la ressemblance avec le pithécanthrope ( Homo erectus ) devient même assez évidente… ‘Toumaï’ ne descendrait-il donc pas d’une forme ancienne d’homme aquatique ? Cela expliquerait pourquoi le trou occipital est resté en position, sous le crâne… On peut supposer que ‘Toumaï’ nageait et barbotait dans l’eau et que, pour se sauver des crocodiles ou autres prédateurs, il s’agrippait aux branches basses qui surplombaient le plan d’eau… pour pouvoir s’échapper vers le haut des arbres !
Sahelanthropus tchadensis, alias ‘Toumaï’, ne serait-il qu’un singe aquatique ?

 

 

BIBLIOGRAPHIE

BAYANOV Dmitri : In the Footsteps of the Russian Snowman, Crypto-Logos, Moscow, 1996.
Traduction français par Jean ROCHE : Sur la piste de l’homme des neiges russe, éditions Exergue, 2001.

CROWE Ray : The Sea Man - A Salt Water Sasquatch. Track Record # 76, 1998.

DEAN Christopher et al. : Growth processes in teeth distinguish modern humans from Homo erectus and earlier Hominins. NATURE, 414 : 628-631, London, 2001.

DECOBERT Olivier : Les hominidés d'Isturitz. http://perso.wanadoo.fr/odec/hominid-isturitz.htm, Octobre 2002.

DELOISON Yvette : L’homme ne descend pas d’un primate arboricole. Biom. Hum. et Anthropol., 17 : 147-150, Paris, 1999.

HEUVELMANS Bernard & Boris PORCHNEV : L’Homme de Néanderthal est toujours vivant, Plon, Paris, 1974.

KOFFMANN, Marie-Jeanne : L’almasty, yéti du Caucase. Archéologia, 269, 1991.

MAGRANER Jordi : Recherches sur les Hominidés reliques d’Asie Centrale, édité par Troglodytes, 1992.

ROCHE Jean : Sauvages et velus, éd. Exergue, Chambéry, 2000.

SARRE, François de : About the taxonomic status of “Wild Men” from the standpoint of Initial Bipedalism. Crypto, Hominology Special Number 2, 73-78, March 2002.

VERHAEGEN Marc et al. ( 2002 ) : Aquarboreal Ancestors ? – TREETrends in Ecology & Evolution ) # 17 : 212-217, Studiecentrum Anthropologie, Mechelbaan 338, B-2580 Putte (Belgium)marc.verhaegen@village.uunet.be ].

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Nota : Le texte proposé ci-dessus est écrit en « platt », langue maternelle de l’auteur, toujours parlée en Lorraine, dans la Sarre et au Palatinat. Linguistiquement c’est du ‘moyen-allemand’, comme le saxon qui servit à Martin Luther au XVI° siècle pour forger l’allemand moderne. Le « platt » est un langage germanique ( Rheinfränkisch ) apporté par les Francs, bien antérieur au Hochdeutsch… En France, le francique rhénan ( ou mosellan ) est parlé par près de 350 000 personnes dans plus de la moitié du département de la Moselle. Le lecteur intéressé pourra se rapporter au site ‘plattweb’ : http://plattweb.free.fr.
Et pour faire la connaissance de Dudweiler, mon village natal [ qui fut le plus gros bourg d’Europe avec 30 000 habitants ; maintenant, c’est un ‘quartier’ de Saarbrücken… ], il y a le très beau site de Günter Fell : http://www.fell-dudweiler.de/

 

 

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Les 2 ADAMs

par René LAURENCEAU

 

  Le premier adam se trouvait très bien au « paradis de la volupté » ( paradisus voluptatis ) avec la première ève. L’un et l’autre étaient nus ( erant uterque nudi ) ( Genèse, 2, 25 ), comme il est naturel ( scilicet ) entre époux. La Bible parle ici d’Adam et de son épouse ( Adam et uxor ejus ). Ils ne rougissaient pas de leur nudité ( non erubescebant ).

  Bien sûr qu’ils mouraient, mais ils ne donnaient pas la mort stupidement. Chasseurs, ils ne tuaient leur gibier que pour le manger. Les mâles en ce temps-là ne dominaient pas les femelles. Ni brutalité, ni viol, ni guerre. Une course amoureuse, une parade nuptiale, mais pas de violence, dans le paradis de la volupté.

  Un jour, les choses commencèrent à changer. C’était dans les années moins trente cinq mille. Un deuxième adam fit son apparition sur la terre, avec une deuxième ève. La femme enfantait désormais dans la douleur ( in dolore paries filios ) ( 3, 16. ) Tout devenait pour les époux travaux d’Hercule. Dieu l’avait dit : « je multiplierai tes misères » ( multiplicabo aerumnas tuas, et Herculis aerumnae, ce sont les travaux d’Hercule. ) La mortalité infantile était fréquente, d’insignifiante qu’elle était autrefois. Par bonheur, Dieu s’engageait à multiplier les fœtus ( multiplicabo conceptus tuos ) ( 3, 16. ) Ce fut l’établissement de la fécondité permanente tout au long de l’année.

  Plus grave. On ne sait quelle gêne s’empara de l’homme et de la femme. Ils se mirent dans la tête qu’ils étaient nus ( cumque cognovissent esse se nudos ) ( 3, 7. ) Le nouvel adam, la nouvelle ève assemblèrent des feuilles de figuier ( consuerunt folia ficus ) pour se faire des pagnes ( perizomata ). Dieu ne fut pas contre, mais trouva ces pagnes ridicules, peu efficaces. Dieu, meilleur couturier, fit pour Adam et son épouse ( fecit Deus Adam et uxori ejus ) des manteaux de fourrure ( tunicas pellicias ), d’un air de dire : « vous êtes ainsi mieux habillés, de véritables hommes et femmes des cavernes. »

  D’où leur était venue cette pudeur, encouragée par Dieu ? Très simple. Un jour, Dieu avait appelé le nouvel adam. Vocation surnaturelle à construire une cité céleste ( vocavit Deus Adam ) ( 3, 9. ) Adam le reconnaît : « j’ai entendu ta voix dans le paradis » ( vocem tuam audivi in paradiso ) ( 3, 10. ) Dieu cherchait partout sur la terre l’homme nouveau capable de répondre à son appel. Le paradis tout entier résonnait de la voix gigantesque de Dieu : « où es-tu ? » ( ubi es ? ) ( 3, 9. ) L’homme se sent bien incapable de répondre à l’appel de Dieu : « je me suis caché » ( abscondi me ) ( 3, 10 ), « j’ai eu peur » ( timui ) « parce que je suis nu » ( eo quod nudus essem ) ( 3, 10. ) L’homme a honte. Ses organes de reproduction ne seront jamais que des organes de reproduction, comme pour son précurseur heureux mais incapable de création. Face à sa responsabilité devant l’avenir de la planète, l’homme a honte.

  Les choses demeuraient viables. Le pire n’était pas encore arrivé. Un jour, Dieu mit le nouvel homme à la porte du paradis terrestre ( emisit eum Deus de paradiso voluptatis ) ( 3, 23. ) C’était en moins dix mille. Dieu avait décidé de nous faire travailler la terre ( ut operaretur terram ) ( 3, 23. ) C’était la fin de l’heureuse époque où nous étions chasseurs. Dieu plaça des chérubins ( conlocavit cherubin ) devant le paradis terrestre ( ante paradisum voluptatis ) ( 3, 24. ) Les chérubins étaient armés d’un glaive de feu ( flammeum gladium ) pour marquer notre point de non-retour. Nous devenions agriculteurs. Notre péché originel consiste à détruire la nature, en vue du labourage. La terre ne se soumet pas facilement. La terre maudit notre travail ( maledicta terra in opere tuo ) ( 3, 17. ) La terre te fera pousser des épines ( spinas germinabit tibi ) ( 3, 18. ) Ce que le texte ne dit pas, c’est que le cultivateur est amené à génocider les herbivores, ce qui du même coup fait périr les carnivores. Et le drame fondamental est que le premier adam, qui ne pouvait vivre que de la chasse, est amené à disparaître, après tous les autres herbivores et carnivores.

  La mauvaise conscience nous assaille. L’homme s’en prend à sa femme, qui était son associée ( socia ) ( 3, 12. ) Dieu le prévoyait, quand il disait à la femme : « tu seras sous le pouvoir viril » ( sub viri potestate eris ) ( 3, 16. ) Lui, le mâle, te dominera ( ipse dominatur tui ) ( 3, 16. ) Le machisme avait fait son apparition. Derrière lui, la violence, le viol et la guerre, le suicide. La mort que nous semons sur la terre est la conséquence de notre péché. L’homme que nous sommes désormais connaît le bien et le mal ( sciens bonum et malum ) ( 3, 22. ) Nous faisons le mal que nous ne voulons pas faire et nous ne faisons pas le bien que nous voulons faire.

  Finalement, par ce chemin tortueux, le rêve de Dieu se réalise, que l’homme tende la main vers l’arbre ( mittat manum suam ) ( 3, 22 ), qu’il cueille de l’arbre de vie ( sumat de ligno vitae ), qui est à portée de sa main, qu’il en mange ( comedat ) et qu’il en ait la vie éternelle ( vivat in aeternum ) ( 3, 22. ) Et tout est bien qui finit bien.

 

  La Bible a raison de dire que les deux adams n’en font qu’un. Le premier, l’homme ancien ( qu’on appelle en grec paléanthrope ) prend sur lui l’homme naturel, pour que le second, l’homme nouveau ( le néanthrope ), dénaturé, soit obligé d’entrer dans la vie surnaturelle. La science distinguait récemment l’homo neanderthalensis, que nous n’avons jamais été, de l’homo sapiens que nous sommes. Aujourd’hui, la science préfère parler d’homo sapiens neanderthalensis et d’homo sapiens sapiens, pour dire que notre précurseur et nous, nous ne sommes finalement bien qu’un seul et même homo sapiens, en deux étapes.

 

  Prendre conscience de l’origine de notre violence peut-il calmer notre violence ?

 

 

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EIN SCHUTZWALL GEGEN SAURIER

von Uwe TOPPER

 

  1.   Wenn Archäologen Faustkeile finden, behauene Feuersteine, die so groß sind, daß ein heutiger Mensch sie allemal mit beiden Händen umfassen muß und dann immer noch nicht benützen kann, weil sie einfach zu groß sind, dann möchte er sie am liebsten nicht in die Museumsvitrine legen, sonst könnten Kinder kluge Fragen stellen. Wenn er Knochen findet, die eindeutig auf Menschen von Riesenwuchs hinweisen, möchte er lieber auf Auerochs oder Riesenhirsch tippen, sonst könnten die Märchen noch Recht haben oder die Bibel sogar, wie entsetzlich.

      Leider erschien dann eines Tages dieses skandalöse Buch der Amerikaner Cremo und Thompson, „Forbidden Archeology“ ( San Diego 1993 ). In der deutschen Übersetzung „Verbotene Archäologie“ fehlte allerdings das Schlußkapitel, das traute man sich doch nicht den deutschen Lesern vorzusetzen. Es brachte einige deutliche Hinweise darauf, daß der Mensch schon im Tertiär oder gar in der Kreide gelebt hatte, daß der Saurier der tägliche Erzfeind des Menschen oder gar sein Haustier gewesen sein könnte. Das war zuviel, was Papier in unserem Land tragen kann. Nur wer das Original las, sagte sich : Die Überlegungen des Geologen Edgar Dacqué und des Ingenieurs Hanns Hörbiger und seiner Nachfolger sind vielleicht doch nicht aus der Luft gegriffen. Da ich seit Jahrzehnten diese beiden Pioniere zitiere und eine ähnliche Anschauung vertrete, freute ich mich.

      Es ist nicht so leicht, ein Weltbild umzustürzen. Es kommt eben auf den Blickwinkel an : Wer Märchen und Sagen zu hören versteht, findet die Gleichzeitigkeit von Mensch und Saurier ganz normal. Wer auf Darwin und Haeckel schwört, lacht hämisch über diese Naiven. Für den liegen sechzig bis hundert Millionen Jahre ( sic ! ) dazwischen.

  2.   Im Elsaß liegt hoch auf einem schönen bewaldeten Berg das Kloster Odilienberg. Den ganzen Berg und noch drei Nachbarberge dazu umgibt eine Mauer aus ziemlich regelmäßigen riesigen Steinblöcken, die Heidenmauer. Das sind viele Kilometer Mauerzüge, oft am Steilhang, teils auch quer über den Berg, mit Eingangstoren in Wagenbreite. So einen Steinblock zu bewegen ist wirklich Schwerstarbeit, da muß schon eine Mannschaft von geschulten Arbeitern antreten, mit Hebebalken und Seilrolle. An einigen Stellen steht die Mauer noch 3 bis 4 Meter hoch. Sie sei etwa zehn Kilometer lang - da waren wohl einige Generationen beschäftigt. Aber was bezweckten sie eigentlich ?

      Ein anstürmendes „Hunnenheer“ hätte vielleicht kurzfristig Schwierigkeiten mit dieser Mauer, denn die Pferde können nicht drüber hinwegsetzen, und die schweren Holztore sind verschlossen. Aber mit Brandpfeilen könnte man die Ortschaft und die Felder dahinter in Asche legen, und eine kleine Rampe würde die 4 m hohe Mauerkrone leicht erreichen. Drinnen in der Festung müßte die Mauer an allen Stellen von Verteidigern besetzt sein, Tag und Nacht, sonst erfüllte die Mauer nicht ihren Zweck. Für diese viele Kilometer langen Mauerzüge brauchte man ein Heer von mehreren tausend Verteidigungskämpfern. Die müssen alle ernährt werden von den Bauern mit ihren paar Feldern da oben. Ich beginne zu zweifeln am Verteidungswert dieses Schutzwalles.

      Darum untersuche ich die Mauer genau. Stellenweise ist sie aus zwei Steinlagen errichtet, die nach innen geneigt eine hervorragende Festigkeit haben. Jeder Stein ist so schwer, daß ihn sechs Männer nicht heben können. Um Vieh einzuzäunen oder ein Reiterheer abzuhalten, hätte auch ein Palisadenzaun gereicht, das haben uns die Siedler im american far west vorgemacht. Wozu also die titanische Arbeit ?

      Die Maurer arbeiteten übrigens sehr gewissenhaft. Alle Steine sind in allen Richtungen durch schwalbenschwanzförmige Klammern miteinander verzahnt, genormt, alle von fast gleicher Größe. Diese Klammern können nur aus Metall gewesen sein, denn Stein ist zu spröde, er bricht sofort, und Holz quillt, es sprengt den Stein. Es müßte ein Metall gewesen sein, das zwar Dehnung erträgt und etwas flexibel ist, aber doch nicht nachgibt, wenn der Druck größer wird. Bronze eignet sich also nicht, Kupfer und Messing ebensowenig. Nur Eisen, genauer gesagt Stahl, entspricht diesen Anforderungen. Außerdem muß es ein Metall gewesen sein, das reichlich vorhanden und billig ist. Die vielen Tonnen Metall, die in dieser kilometerlangen Mauer verarbeitet wurden, hätten selbst ein modernes Stahlwerk längere Zeit beschäftigt.

      Die Mauer wird immer geheimnisvoller, ihr Zweck immer undurchsichtiger. Arbeitsaufwand und Nutzwert steht in keinem Verhältnis zu den uns bekannten Vorstellungen. Warum hat man sich diese gigantische Mühe gemacht, wenn man diese Mauer ohnehin nicht sinnvoll gegen ein Feindesheer verteidigen konnte ? Sollten die Stahlklammern die Mauer vor einem künftigen Erdbeben schützen ? Dazu waren sie nun doch nicht stark genug. Oder hatte der Feind Rammböcke und Steinschleudern, denen die Mauer trutzen mußte ? Da hätte er aber enorme Anstrengungen unternehmen müssen, um diese den Berg heraufzuschaffen. Und wofür auch ? Wer wohnte denn hier oben ? Friedliche Bauern, die nichts beherrschten.

      Der Mann, der mir die Mauer zeigte, erklärte plötzlich : „I habs. Saurir warns !“ Das leuchtet ein. Saurier stürmen in einem großen Trupp heran, sehen eine Mauer vor sich, die etwas zu hoch zum überklettern ist, und versuchen, die Steine herabzureißen. Die aber sind miteinander verzahnt. Die Saurier geben nach kurzen Wutausbrüchen auf und trollen sich in die Ebene zurück, die oberrheinische Tiefebene wohlgemerkt, die damals noch ein herrliches Sumpfbiotop war.

      Eine vollautomatische Schutzmauer, die standhält, ohne daß ein einziger Verteidiger sich darum kümmert. Tag und Nacht hält sie stand, viele Generationen lang, wenn sie einmal errichtet ist. Und sie war vermutlich die einzige Möglichkeit, sich vor dem Erzfeind sicher zu fühlen. Eine sinnvolle Erklärung ? Ich finde ja, durchaus. Soll mir jemand eine bessere Erklärung bringen !

      Die einfachste Definition für Wissenschaftlichkeit ist : Jede falsifizierbare Theorie ist wissenschaftlich. Wenn es also die Möglichkeit besteht, die These „der Nutzen der Heidenmauer am Odilienberg lag in der Abwehr der Saurier“ zu widerlegen oder zu beweisen, dann wäre sie eine wissenschaftliche Theorie. Widerlegen hieße : Einwandfrei nachweisen, daß Saurier und Mensch niemals gleichzeitig gelebt haben. Beweisen hieße : Saurierskelette liegen am Fuße der Mauer, verendet beim frustrierten Versuch, diese einzureißen.

      Daß bisher weder der eine noch der andere Beweis geführt werden kann, liegt auf der Hand.

      Dennoch halte ich diesen überraschenden und bisher noch nicht vorgebrachtenVorschlag für plausibel und untersuchungswürdig, auch wenn damit die Toleranz bis zum äußersten strapaziert wird und ein Weitblick gefordert wird, der bisher nicht üblich war.

      Uneingeschränkter Weitblick birgt Risiken: hin und wieder könnte ein Fehler unterlaufen. Lieber alle ungewöhnlichen Gedanken ablehnen und im akademischen Hause bleiben, dann kann nichts schiefgehen. Es sei denn man wäre Außenseiter und könnte sich eine eigene Meinung erlauben.

 

Literatur

 

Blöss, Christian : „Ceno – Crash“ ( IT und W, Berlin, 2000 )

Cremo, Michael, and Thompson, Richard : „Forbidden Archeology“ ( San Diego 1993 )

Dacqué, Edgar : „Urwelt, Sage und Menschheit“ ( München 1924 )

Friedrich, Horst : „Einer neuen Wissenschaft den Weg bahnen!“ ( Hohenpeißenberg 1996 )

Hörbiger, Hanns und Fauth, Philipp : „Glazialkosmogonie“ ( 1913/1925 )

Topper, Uwe : „Das Erbe der Giganten. Untergang und Rückkehr der Atlanter“ ( Olten 1977 )

Wirth, Herman : „Die Heilige Urschrift der Menschheit“ ( Jena 1931-1936 )

Zillmer, Hans-Joachim : „Darwins Irrtum“ ( München 1998 )

 

 

VERSION FRANCAISE :
UN MUR DE PROTECTION
CONTRE LES SAURIENS

von Uwe TOPPER
( traduction: François de Sarre )

 

  1.   Quand les archéologues trouvent des bifaces ou des silex taillés qui ont une taille telle qu’un homme actuel a déjà bien du mal à les tenir entre les mains - sans parler s’en servir , on comprend qu’il est préférable de ne pas les exposer dans les vitrines d’un musée. Les enfants pourraient poser de pertinentes questions.

      Quand on trouve des ossements humains de dimension gigantesque, on préfère dire qu’ils proviennent d’aurochs ou de très grands cerfs, autrement on se pourrait se demander si les contes n’ont pas raison finalement, pour ne pas dire la Bible, c’est épouvantable !

      De surcroît, il y eut ce livre scandaleux des Américains Cremo et Thompson “Forbidden Archeology” ( San Diego, 1993 ). Dans la version allemande “Verbotene Archäologie”, il manque d’ailleurs le chapitre de fin. Sans doute n’a-t-on pas souhaité le présenter au public allemand. Ce chapitre apportait des éléments conséquents sur la possible existence de l’homme au Tertiaire, voire au Crétacé, sur les Sauriens qui ont été son ennemi acharné, ou bien ses animaux de compagnie. C’était sans doute trop pour être publié chez nous. Il fallait donc lire l’original pour réaliser que les réflexions du géologue Edgar Dacqué et de l’ingénieur Hanns Hörbiger, et des gens qui ont suivi, n’étaient pas pure invention. Comme cela fait des dizaines d’années que je fais référence à ces deux pionniers et que j’adopte un point de vue similaire, je m’en réjouis, bien sûr.

      Il n’est pas facile de chambouler toute une vision du monde. C’est une question d’appréciation : celui qui a appris à lire les contes et légendes, trouvera tout à fait normal qu’homme et sauriens ont vécu au même moment ; celui qui ne jure que par Darwin et Haeckel, ricanera de ces naïfs : pour lui, 60 à 100 millions d’années ( sic ! ) se sont écoulés depuis.

  2.   Le cloître du Mont Ste-Odile se trouve en Alsace tout en haut d’une montagne recouverte de grandes forêts. Il y a un mur d’enceinte qui englobe ce sommet ainsi que trois promontoires voisins ; il est constitué d’énormes blocs de pierre disposés assez régulièrement. Ce mur s’étend sur une dizaine de kilomètres, souvent au-dessus de falaises, ou bien coupant droit à travers la montagne. Il y a des ouvertures assez larges pour faire passer des charrettes. Pour déplacer ces blocs, ce fut un travail colossal, qui n’a pu être réalisé que par une équipe de travailleurs entraînés dans le maniement des poutres de levage et des poulies. A certains endroits, le mur est encore haut de 3 à 4 mètres. Sa longueur avoisine les 10 km - quelques générations d’ouvriers ont dû y travailler. Mais dans quel but, au juste ?

      Une “horde de Huns” envahissants a peut-être pu avoir quelques problèmes ponctuels avec ce mur d’enceinte, car les chevaux ne pouvaient pas passer au-dessus. Les lourds portails en bois étaient fermés, mais avec des flèches incendiaires, il était possible de tout réduire en cendres, également les broussailles environnantes. Alors une simple rampe permettait d’accéder au faîte du mur. A l’intérieur de la forteresse, il aurait fallu disposer partout des défenseurs, jour et nuit, sinon le mur ne pouvait pas remplir son rôle. Pour défendre ces quelques kilomètres de muraille, une armée de plusieurs milliers de combattants était nécessaire. Il fallait que les paysans, qui ne disposaient guère que de quelques parcelles de terre en contre-haut, puissent aussi nourrir tous ces soldats. C’est pourquoi je commençai à douter de l’efficacité réelle d’un tel rempart de pierres.

      Je me mis à examiner attentivement le mur. Par endroits, il se composait de deux rangées de pierres, celles qui étaient dirigées vers l’intérieur de l’enceinte présentaient une solidité remarquable. Chaque bloc était si lourd que même six hommes ne seraient pas arrivés à le soulever. S’il s’était agi d’une clôture pour bétail ou d’un rempart contre d’éventuels assaillants, une simple palissade aurait suffi. C’est ce qu’ont montré les colons du Far West américain. Alors pourquoi ce titanesque travail ?

      En tout cas, les constructeurs avaient bien travaillé. Toutes les pierres étaient imbriquées les unes dans les autres à l’aide de crochets en queue d’hirondelle standardisés, tous presque de la même taille. Ils devaient être en métal, car la pierre est très cassante ( elle se brise facilement ), et des tenons en bois gonflent, puis font éclater la pierre. Il fallait un métal qui supporte l’étirement, demeure flexible, mais ne rompt pas quand la tension augmente. Donc du bronze ne convient pas, encore moins du cuivre ou du laiton. Seul le fer, ou plus précisément l’acier, répond à ces exigences. En plus, ce devait être un métal d’usage courant et bon marché. Il aurait fallu faire marcher une usine - même moderne - pendant des années pour produire les tonnes de métal nécessaires à ce rempart long de plusieurs kilomètres.

      La muraille devenait de plus en plus mystérieuse, son dessein de plus en plus impénétrable… Dépense de force et rapport d’utilité n’étaient pas en proportion de ce que nous avions l’habitude de voir. Pourquoi s’être donné tout ce mal, alors qu’apparemment la muraille ne permettait pas de se défendre contre une armée ennemie ? Est-ce que les crochets de métal étaient destinés à protéger la muraille d’un tremblement de terre ? Mais dans ce cas, ils n’étaient pas assez résistants. Ou bien, l’ennemi avait-il à sa disposition des béliers et autres catapultes susceptibles de porter préjudice au mur ? Mais alors que d’efforts pour les monter à flanc de montagne. Pour quelle raison ? Qui pouvait vivre aussi haut ? De paisibles paysans qui ne possédaient pas de grands biens.

      L’homme qui me montrait le mur s’écria soudain : “I hab’s. Saurîr war’n’s !” [ = “J’y suis ; c’étaient les Sauriens !” ]. Cela sautait aux yeux. Les Sauriens avançaient en grandes troupes, voyaient devant eux un mur qui était trop haut à escalader, alors ils essayaient d’arracher les pierres. Mais celles-ci étaient attachées par les crochets. Alors, après quelques accès de colère, les Sauriens n’avaient plus qu’à s’en retourner dans la plaine. Cette vallée du Rhin, qui à l’époque, rappelons-le, était une magnifique région de marécages.

      La muraille fonctionnait de façon automatique; elle résistait sans l’aide de défenseurs. Une fois érigée, elle tenait ferme, jour et nuit, durant de longs siècles… Et ce genre d’enceinte était sans doute la seule à assurer la protection contre l’ennemi héréditaire. Une explication pleine de bon sens ? Je pense que oui. Qui a une meilleure idée ?

     

      La définition la plus simple du fait scientifique est que toute théorie que l’on peut contredire est scientifique. Donc, si l’on peut réfuter la thèse : “Le mur des païens du Mont Sainte-Odile servait à repousser les attaques des Sauriens”, ou au contraire si on la démontre, c’est que la théorie est scientifique.

      Réfuter veut dire : prouver de façon incontestable que Sauriens et Humains n’ont jamais vécu au même moment. Démontrer veut dire : des squelettes de Sauriens reposent au pied de la muraille, ils ont jadis péri dans leurs infructueuses tentatives de la franchir.

      C’est l’évidence même qu’aucune preuve, ni dans un sens, ni dans l’autre, n’a pu être apportée jusqu’à présent. Toutefois je considère mes surprenantes propositions - qui n’ont encore jamais été formulées - comme plausibles et bonnes à examiner, même s’il nous faut user jusqu’à la corde notre faculté de tolérance, et que l’ouverture d’esprit nécessaire n’est pas courante.

      Cela comporte des risques : des erreurs peuvent se glisser. Mais faut-il alors refuser tout ce qui sort de l’ordinaire ? Rester dans l’orthodoxie académique évite ces travers. Il faut être en dehors de cela pour penser autrement.

 

 

 

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Comments and responses :

 


INITIAL BIPEDALISM GOOD …
INITIAL LEVITATION BETTER

by Dmitri Bayanov

 

  I greet participants in the discussion of Initial Bipedalism ( Bipedia20 ) and inform the reader that after my piece "Could Bipedalism Be Initial ?" was published in Bipedia19, I received from friends abroad a number of books some passages of which touch on the subject of bipedalism. As, for example, the following :
  "It is apparent that human beings learn to walk. (...) In contrast to colts, whose innate quadrupedal motor-control programs enable them to run shortly after birth, humans go through a long process learning to locomote bipedally. ... Human infants (...) have to override this archaic quadrupedal motor program for walking. The process is protracted, and we crawl and toddle before we are able to walk or run without lurching and falling. Heel strike, which marks efficient bipedal locomotion, takes years to develop"( Lieberman 2000, p. 143 ).
  The change-over from quadrupedalism to bipedalism was a key factor of hominization. But every advance in evolution has to be paid for, and an example of human payment for bipedalism is given in another book, as follows :
  "In a general sense, our past is, of course, always with us, as the sufferings of those with slipped disks -- the inevitable result of adapting a quadrupedal spine to upright posture -- attest" ( Tattersall 1998, p. 203).
  The French edition of the book renders the above sentence in translation, as follows : "Un certain nombre de contraintes, provenant de notre passé évolutif, present sur nous, comme l'attestent les pathologies affectant les disques vertebraux chez un certain nombre d'entre nous ( c'est la conséquence inévitable de l'adaptation à la station debout d'une colonne vertébrale qui était jusque-la vouée à la demarche quadrupède )" ( Tattersall 1999, p. 229 ).
  Professor Tattersall mentioned only a small part of the price people pay for bipedalism. The full sum is much higher. Bipedalism is charged with the great difficulty of childbirth, in contrast to easy delivery by quadrupedal animals. The rigidity of human pelvis is a necessary condition of bipedal walking, and simultaneously a constraint of childbirth. In quadrupeds internal organs are alined horizontally, without pressing each other; in humans, due to upright posture, they are piled up vertically, one atop the other, which contributes to cases of appendicitis and hernia.
  Other consequences of bipedalism are varicose veins and thousands, nay, millions of broken arms and legs in elderly people every winter due to falls on slippery ground.
  Heavy price indeed. The only way for humans to stop paying for upright walking, besides dropping on all fours, is ... LEVITATION ! A dream ?
  Yes, it is. But what a DREAM ! I don't know any better night dream than levitation. It's absolute bliss. And it's a dream which has no scientific explanation. If our past is "always with us", what past of ours do night dreams of levitation hark back to ?
  The answer again is in the writings of Plato. According to him, every time we enjoy beauty or bliss, our soul is recalling her past condition, when she was flying free, before being imprisoned by the body. ( In Russian and in French the soul is a she ). You can object : this is no science.
  Right. But Initial Bipedalism is no science either. We owe both ideas to Plato. Still, according to him, bipedalism is a transient mode of locomotion, while levitation is both initial and final. Thus Initial Bipedalism is fine, but Initial Levitation is a lot better.
  I regret to be in disagreement with my good friend Francois de Sarre, but, as the saying goes, "Plato is dear to me, but dearer still is truth."

 

REFERENCES :
                      Lieberman, Philip : ''Human Language and Our Reptilian Brain'', Harvard
University Press, Cambridge/London, 2000.
  Tattersall, Ian : ''Becoming Human'', Harcourt Brace and Company, NY, 1998.
'L'émergence de l'homme', Editions Gallimard, 1999.

 


Dear Dmitri :
  Thanks for your text continuing the discussion on Initial Bipedalism [ Bipedia19 and 20 ].
  Regarding human infants' walking, as you did mean "( They )...have to override this archaic quadrupedal motor program...", I can only tell you from my own experience [ I am the father of 3 children ]... The one, indeed, run on all 4 ( very quickly ! ) during several weeks : he really went through a transitional quadrupedal stage ! The second went on 3 limbs, i.e. helping with arms and with a bent leg, so she ( a girl ) was transitional a "triped"... And my third child suddenly stood erect on his 2 legs without any crawling, from a sitting position, as he was only 10 months old !

Best Regards : Francois de SARRE

 

 

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FÄLSCHUNGEN DER GESCHICHTE

[ Falsifications de l’Histoire ]
auteur : Uwe TOPPER, éditeur : Herbig/Munich, 2001
[ ISBN 3-7766-2244-X ]

Commentaire écrit par François de SARRE

 

  Ce livre de l’historien Uwe Topper commence par l’évocation de la Grèce Antique et d’une figurine, la Perséphone de Tarente ( en fait, un faux du XIX° siècle ), ceci pour nous faire saisir à quel point notre passé a fait l’objet de falsifications, jusqu’à prendre l’aspect de ‘flou artistique’ qu’on lui connaît actuellement.
  Sommes-nous bien en 2001 [ à la date de la rédaction du livre ], soit en gros 2 millénaires après un événement historique ponctuel : la naissance de Jésus-Christ en Palestine ?
  Certes, à une dizaine d’années près, il n’est guère possible de préciser une date qui, selon les Evangiles, coïnciderait avec la fin du règne d’Hérode le Grand. On peut, si l’on veut, rechercher aussi dans les astres une conjonction astronomique qui ‘expliquerait’ l’étoile de Bethléem, aux alentours de l’an zéro de notre calendrier.
  Mais là n’est pas le propos du livre d’Uwe Topper : « Fälschungen der Geschichte ».
  Dans nos musées, il y a beaucoup de faux connus des spécialistes, mais ignorés du grand public. Cela ne serait pas si grave si ces mêmes objets ou documents ne servaient aussi de repères chronologiques… !
  Comme le pressentent d’autres auteurs allemands ou russes, nous pouvons dire que toutes les dates d’avant la grande réforme du calendrier opérée en 1582 par le pape Grégoire XIII, sont douteuses ou tronquées. L’Eglise Catholique Romaine a ajusté ‘sa’ chronologie à partir d’un calendrier ‘Ars Mundi’ déjà en vigueur. Elle en a profité aussi pour se ‘donner de l’ancienneté’… Sans doute, dans les 1000 ans !
  Cela présentait, en effet, mieux auprès des ‘païens’ à convertir…

  Avec le recul que nous avons, cela voudrait dire qu’il y a un bon millénaire en trop dans la chronologie anno domini. En réalité, voici 1000 ans, on était juste à la fin de l’Antiquité gréco-romaine… !
  Certains de nos personnages historiques les plus fameux n’ont pas existé. Leurs dynasties n’ont jamais régné sur l’Europe. C’étaient des héros de légendes ou de romans, que les historiens ont pris - sciemment ou non - pour de véritables personnages ayant dominé leur temps.
  Pour Uwe Topper, l’histoire de ‘Rome, la ville éternelle’ n’a été écrite qu’au XIV° siècle. C’était l’époque où des fouilles ont révélé une ville ensevelie… Entre-temps, le site était demeuré inhabité !
  Nous disposons, certes, d’une liste complète des Papes qui ont ‘régné’ sur Rome dans la continuité du culte rendu à Jupiter, institué jadis par les Grands Pontifes romains.
  Mais on peut sérieusement se poser des questions… Notre vision ‘occidentale’ de l’Histoire ne reposerait-elle en fait que sur une concoction assez récente d’éléments fictifs, destinés à asseoir les fondements d’une religion nouvelle, le Catholicisme Romain ?

 

 

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DINOSAURIER HANDBUCH

[ Manuel des Dinosaures ]
auteur : Hans-Joachim ZILLMER, éditeur : Langen Müller/Munich, 2002
[ ISBN 3-784-2859-2 ]

Commentaire écrit par François de SARRE

 

  Ecrit dans un style excellent et abondamment illustré, le nouvel ouvrage d’Hans-Joachim Zillmer n’est pas un simple manuel sur les Dinosaures. Fidèle à ses convictions [ cf. les livres précédemment discutés dans le cadre de BIPEDIA : ‘Darwins Irrtum’ et ‘Irrtümer der Erdgeschichte’ ], l’auteur pose le problème de l’origine, de la répartition, de l’environnement, du mode de vie et de la disparition des Dinosaures. Il développe ainsi des scénarios alternatifs : les Dinosaures ont-ils pu devenir si gros parce qu’ils étaient… creux ? Quel était le secret du métabolisme des grands herbivores ?
  La découverte de sauriens en des endroits étonnants ( Spitzberg, Antarctique ) remet-elle en cause notre chronologie de la dérive des continents ? Comment les Dinosaures ont-ils pu survivre sous de telles latitudes ? Même s’il n’y avait pas de glaces aux pôles, les longues nuits d’hiver devaient empêcher la croissance normale des végétaux ? Que penser… ? Les scientifiques doivent-ils revoir toute leur copie concernant le ‘moyen âge’ de notre Terre ?
  Même la disparition des Dinosaures intrigue. On les a longtemps considérés comme des reptiles plutôt balourds… Or leur physiologie n’avait rien à envier à celle des ‘modernes’ Mammifères ou Oiseaux ! Pourquoi les uns ont-ils survécu, et non les autres ?

  Bien des questions restent encore sans réponse… Dans cette attente, nous nous devons de saluer le très complet ouvrage du Dr Zillmer. En effet, un lexique de A à Z est mis à la disposition des lecteurs, ainsi que différents glossaires et arbres généalogiques, une présentation des Musées où l’on peut aller voir des Dinosaures de par le monde, sans oublier de nombreuses illustrations et un CD-Rom qui permet une approche virtuelle des grands sauriens disparus.
  Nous ne pouvons que souhaiter ici une parution prochaine en français de ce livre, ‘Dinosaurier Handbuch’, qui fera très certainement date dans notre connaissance des Dinosaures et de leur passé sur notre Terre !

 

 

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LA GAZETTE FORTEENNE,
vol. 1 ( 2002 )

proposée par Jean-Luc RIVERA
Editions de l’Oeil du Sphinx,
c/o Philippe Marlin, 36-42 rue de la Villette, 75019 Paris
[ ISBN 2-914405-10-3 ]

Commentaire écrit par François de SARRE

 

  Dans la tradition des magazines anglo-saxons ‘Fortean Studies’ et ‘The Anomalist’, voici le premier volume de la ‘Gazette Fortéenne’, venu combler un vide certain dans l’édition française. En effet, depuis ‘Planète’, on était dans l’attente d’un titre traitant rigoureusement des sujets ‘fortéens’ : parapsychologie, ufologie, cryptozoologie, folklore, civilisations disparues ou inconnues… C’est maintenant chose faite, avec la participation d’auteurs réputés comme Michel Meurger, Yves Lignon, Michel Raynal, Didier Leroux, Michel Granger, ou encore votre ( modeste ) serviteur…
  Bravo à Jean-Luc Rivera pour cette excellente initiative ! Nous attendons avec grand intérêt les prochains volumes ( à parution annuelle ) de la ‘Gazette Fortéenne’. Ce premier tome [ 389 pages + encart de photos couleurs de 4 pages ] est dédié à Bernard Heuvelmans, disparu en août 2001.

 


FIN


 

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