LE BULLETIN DE LA BIPEDIE INITIALE

Editée par le Centre d'Etude et de Recherche sur la Bipédie Initiale :

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« Où est donc passé le Moyen-Age ? »

L'invention de l'ère chrétienne

par  François de SARRE

 

 

TABLE DES MATIERES :

Introduction

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11

Les bizarreries du calendrier
Fomenko et les "récentistes"
Les cieux nous sont tombés sur la tête
Quelques problème de dates
Les "siècles fantômes" du Moyen-Age
Charlemagne : un héros de légende
Le Christianisme est-il né en Avignon ?
L'histoire des trois églises
Qui a bien pu avancer l'heure ?
En quel siècle sommes-nous donc ?
Essai de reconstruction historique

Epilogue

Littérature et notes
Glossaire

Bibliographie générale
Dates importantes en anno domini

 

 


 

Chapitre 1

Les bizarreries du calendrier

 

  Voici quelque temps, nous fêtions l'an 2000... Tout au moins dans nos pays occidentaux, car l'ensemble de la planète ne se sentait pas toujours concerné. On l'oublie parfois, mais d'autres calendriers existent, et sont employés au quotidien.
  Dans ceux-ci, le décompte des années se fait de façon différente. Ainsi en Thaïlande, comme j'ai pu le constater à l'occasion de démarches administratives, il y a un décalage d'un peu plus de 5 siècles entre les deux ères : l'an 2000 correspondant à l'année 2543 ( après la mort de Bouddha ).

  Selon des estimations, il y aurait près de 40 calendriers en usage dans le monde, aujourd'hui. Bien sûr, la plupart du temps, ceux-ci font "double emploi" avec le nôtre, ou bien ils demeurent cantonnés au domaine religieux. Tout le monde connaît le calendrier lunaire des musulmans, daté de l'hégire ( en 622 de l'ère chrétienne ), ou le calendrier luni-solaire juif, dont la numérotation débute à la création du monde ( nous sommes en l'an 5766 de ce calendrier ).

  Étymologiquement, le mot vient de l'étrusque calendes, désignant le 1er jour du mois, de même chez les Latins. En revanche, les Hellènes ne connaissaient pas les calendes, d'où l'expression "renvoyer un travail aux calendes grecques", c'est-à-dire, reporter l'échéance à une date si improbable que cela n'arrivera jamais !
  Si les Grecs divisaient leur mois en décades ( 3 périodes de 10 ou 9 jours ), en Occident le mois était plutôt composé de semaines ( 4 périodes de 7 jours ). Cependant les Latins ne comptaient pas les jours du mois comme nous, mais à rebours, à partir d'une date pivot : les calendes au début du mois, les ides au milieu et les nones, qui tombaient le neuvième ( ou parfois le septième ) jour avant les ides…

  Cette façon de désigner le jour du mois restera très longtemps en usage. Pour donner un exemple, le 21 mars ( équinoxe de printemps ) était appelé "douzième des calendes d'avril"… encore en 1582, c'est-à-dire voici moins de quatre siècles et demi ! Ce fut l'année de la fameuse réforme du pape Grégoire XIII, sur laquelle nous allons bientôt revenir.

  Avant la consécration définitive des jours du mois, tels que nous les employons, on pouvait encore dire, à la mode romaine : "Jeudi [ jour de Jupiter ], troisième avant les nones d'août".

  Ainsi, le calendrier est-il un système de référence temporelle qui sert à organiser la vie de tous les jours, et aussi à prévoir la répétition d'un événement ponctuel, comme la date d'une fête… Les calendriers sont donc conçus pour répondre à des besoins sociaux, à partir d'observations cycliques sur les astres, soleil et lune, et le retour des saisons. D'où le rôle important des calendriers dans toutes les civilisations.
  On comprend aussi que la prévision des dates était du ressort du pouvoir politico-religieux ! A Rome, les pontifes exerçaient un véritable pouvoir politique en se réservant le droit de changer à leur guise la répartition d'un mois intercalaire au cours de l'année !

  Le système était fait pour durer. S'il y avait des problèmes avec l'échéance des saisons, cela devenait vite fâcheux. Prenons simplement pour exemple une fête des moissons qui tombe… en hiver !

  Le cycle long qui s'impose est l'année, divisée sous nos latitudes en 4 saisons. Mais la notion de temps la plus simple à concevoir, de façon empirique, reste le jour. C'est la durée qui va du coucher du soleil au coucher suivant, comme dans le calendrier juif. Mais pour des raisons pratiques, notre jour légal débute à minuit ( qui est l'opposé de midi, heure à laquelle le soleil passe au zénith ).

  Septième partie de la semaine, le jour englobe la partie diurne de la journée et la partie nocturne ( "nuit" ) dont les durées relatives varient dans nos contrées. Il est découpé en tranches de 24 heures, elles-mêmes divisées en 60 minutes, et celles-ci en 60 secondes. Cette façon de compter nous vient tout droit des peuples anciens de la Mésopotamie.

  Nous pourrions imaginer un système de base 10, rien ne s'y oppose, sinon la force de l'habitude… Chaque heure pourrait être alors divisée en 100 minutes, et ainsi de suite. Bien sûr, dans cette configuration, les minutes n'auront pas la même durée que celles que nous utilisons, tout comme les prix en euros, pour un même produit, ne sont pas ceux qui étaient affichés en francs… !

  La complexité toute relative des calendriers vient de ce que les cycles de révolution [ la Terre autour d'elle-même ( = jour ), la Terre autour du Soleil ( = année ) et la Lune autour de la Terre ( = mois ) ] ne comprennent pas un nombre entier d'unités. Mais il y aussi le fait que les cycles astronomiques ne sont ni constants ( sur une longue période ), ni parfaitement mesurables pour les observateurs terrestres que nous sommes.

  En résumé, le jour est défini par le lever - ou le coucher - de l'astre solaire ; le mois est calculé à partir des phases lunaires, ce qui donne une trentaine de jours ; quant à l'année, elle peut être appréciée à partir d'un repère sur l'horizon ( point d'équinoxe, par exemple, quand les jours et les nuits sont pratiquement de même longueur, au lever du Soleil : ce dernier formant un angle droit avec l'axe nord-sud ). On peut aussi s'aider d'un repère fixe dans le ciel nocturne, comme l'étoile Sirius, bien visible en hiver.

  Dans un cas, on parlera d'année tropique ou solaire, dans l'autre cas, d'année sidérale ou stellaire.
  Si l'une fait en moyenne 365,2422 jours, l'autre est un peu plus longue, et vaut très précisément 365,25636 jours !

  Je ne vais bien sûr pas tracasser le lecteur avec des problèmes de chiffres après la virgule… retenons simplement que l'année tropique est à la base de notre calendrier actuel : le calendrier grégorien, lequel fait revenir les saisons à la même date. Ainsi l'équinoxe de printemps a-t-elle lieu le 21 mars ( parfois le 20 mars ). Tandis que l'année sidérale "se cale" plutôt sur le mouvement des astres, autrement dit : le temps mis par le Soleil pour revenir en face d'une même étoile, prise comme point de repère ( 3 ). On dit parfois que le calendrier julien, qui a été en vigueur dans le monde occidental jusqu'à la réforme du calendrier par le pape Grégoire XIII, était de ce type-là. En fait, c'était un calendrier tropique, mais moins précis, car la durée de l'année était de 365,25 jours, ce qui fait quelques minutes de trop.

  Pourquoi, au juste, vouloir faire tomber l'équinoxe de printemps un 21 mars ? Peut-être pour une raison symbolique, car, dans la façon romaine de compter, ce jour correspondait au 12 des Calendes d'avril ( valeur symbolique du nombre 12 ! ), à neuf mois de Noël, soit la durée d'une conception. Le jour de l'Annonciation ( à la Vierge Marie ), plus précisément, est d'ailleurs toujours fixé au 25 mars ( 8 des Calendes d'avril ). Ce fut longtemps aussi le premier de l'An, car on comptait les années ab Incarnatione Christi [ depuis l'Incarnation du Christ ].

  Cette fameuse réforme grégorienne du calendrier remonte à 1582, mais elle fut déjà initiée par le concile de Trente ( 1545 ) en raison du retard accumulé en plusieurs siècles…
  Car l'équinoxe ne se faisait plus au 21 mars, mais 10 jours avant.
  Depuis quand ce retard s'accumulait-il ?
  Comme le note la bulle papale ( voir plus bas ), depuis l'époque du concile de Nicée.

  En effet, il y a 11 minutes et 14 secondes de décalage par an, entre l'année julienne et l'année solaire grégorienne.
  En tout cas, dès la fin du Moyen-Âge, des astronomes et savants comme Robert Grosseteste ou Roger Bacon s'étaient aperçus que l'année calendaire dépassait l'année solaire d'un peu plus de 11 minutes.

  Nous savons aussi que dès l'Antiquité un autre écart avait été calculé par Hipparque de Nicée, au 2ème siècle avant notre ère. Il s'agit de la précession des équinoxes ( sur laquelle nous reviendrons ).
  Souvent présenté comme le plus grand astronome de l'Antiquité, on ne sait finalement pas grand chose de lui. Hipparque est cité par Pline l'Ancien, et dans l'Almageste de Claudius Ptolémée. Les trésoriers de Nicée ont frappé des pièces de monnaie à son effigie ( entre 138 et 253 après J.-C. ), qui le représentent assis en train de contempler un globe… On savait en effet que la Terre était ronde, même si on la plaçait habituellement au centre de l'Univers. Plus tard, au Moyen-Âge, revint l'idée aristotélicienne que la Terre était plate

  Posons-nous maintenant la question : est-il si gênant de se retrouver, un beau matin du 11 mars [ au lieu du 21… ], au jour de l'équinoxe de printemps ?
  La grande majorité de nos concitoyens ne s'en apercevraient pas du tout… Même les agriculteurs ne verraient guère d'inconvénient à ces quelques jours de décalage, par rapport à leur rythme de travail habituel, qui est celui de la terre et des saisons !
  Il y a forcément anguille sous roche… si la papauté a décrété ex cathedra de réformer le calendrier, c'est qu'elle avait d'excellentes raisons de le faire !

  Officiellement, ce décalage croissant posait quelques problèmes aux savants de l'Église en charge de fixer la date de Pâques. En effet, ils devaient faire des calculs tous les ans, non seulement pour déterminer le dimanche pascal, mais aussi pour connaître à l'avance la date d'entrée dans le carême !
  Le bon peuple chrétien devait pouvoir jeûner au bon moment : ni trop tôt, ni trop tard.
  C'est pourquoi le concile de Trente ( 1545-1563 ) avait confié au Saint-Siège le soin de réformer le calendrier. Le 'souverain pontife' restait en effet le maître du Temps !

  Pour remettre l'année à flot, l'astuce trouvée consistait à corriger le système des années bissextiles ( tous les 4 ans ), en rendant ordinaires les années centenaires dont les deux premiers chiffres ne forment pas un nombre divisible par 4... par exemple 1700, 1800 et 1900 ne furent pas bissextiles, à la différence de ce qui se passe dans le calendrier julien.

  Comme le jour de l'équinoxe du printemps était resitué au 21 mars, la date de Pâques avait moins tendance à faire de grands écarts. Mais si l'on y réfléchit bien, on s'aperçoit que les églises orthodoxes qui ont conservé le calendrier julien, n'ont pas de problèmes majeurs pour fixer la fête pascale. Il arrive même que les 2 dates coïncident… et que toute la chrétienté célèbre Pâques le même jour, comme en 2004, 2007, 2010 et 2014 !
  En revanche, comme en 2005, il peut y avoir jusqu'à plusieurs semaines de décalage. L'adoption du calendrier grégorien permet en tout cas de réduire l'amplitude des fluctuations de la date de Pâques par rapport à l'équinoxe de printemps.

  En tout cas, l'autre raison de la réforme grégorienne - inavouée - aura sans doute été de « faire passer » quelques subtils réajustements de la Chronologie… qui allaient dans le sens d'un allongement sensible de l'ère Chrétienne, appelée couramment anno domini, ou "année du Seigneur".
  En fait, la révision calendaire permettait d'entériner en douceur les décisions prises auparavant au Concile de Trente - quand évêques et cardinaux ont réécrit l'Histoire !

  Changer le Temps, nous le disions, était l'une des prérogatives du pontifex maximus, qui fut d'abord le grand prêtre de Jupiter sous les Latins, avant de devenir le papas, ou pape de l'Église romaine !

  Voici pour information le texte latin, puis français, du passage de l'encyclique du Pape Grégoire XIII, Inter Gravissimas, tel qu'on peut facilement le trouver sur l'Internet.

 

Quo igitur vernum æquinoctium, quod a patribus concilii Nicæni ad XII Kalendas Aprilis fuit constitutum, ad eamdem sedem restituatur, præcipimus et mandamus ut de mense Octobri anni MDLXXXII decem dies inclusive a tertia Nonarum usque ad pridie Idus eximantur, et dies, qui festum S. Francisci IV Nonas celebrari solitum sequitur, dicatur Idus Octobris, atque in eo celebretur festum Ss. Dionysii, Rustici et Eleutherii martyrum, cum commemoratione S. Marci papæ et confessoris, et Ss. Sergii, Bacchi, Marcelli et Apuleii martyrum ; septimodecimo vero Kalendas Novembris, qui dies proxime sequitur, celebretur festum S. Callisti papæ et martyris ; deinde XVI Kalendas Novembris fiat officium et missa de dominica XVIII post Pentecostem, mutata litera dominicali G in C ; quintodecimo denique Kalendas Novembris dies festus agatur S. Lucæ evangelistæ, a quo reliqui deinceps agantur festi dies, prout sunt in calendario descripti.

 

 

Afin donc que l'équinoxe vernal, qui a été fixé par les pères du concile de Nicée au douzième des calendes d'avril, soit replacé à cette date, nous prescrivons et ordonnons que soient supprimés du mois d'octobre de l'an 1582 les dix jours qui vont du troisième des nones à la veille des ides inclusivement, et que le jour qui suivra le quatrième des nones, où l'on fête traditionnellement saint François, soit appelé ides d'octobre et que soient célébrées en ce jour la fête des saints martyrs Denis, Rustique et Éleuthère, ainsi que la mémoire de saint Marc, pape et confesseur, et des saints martyrs Serge, Bacchus, Marcel et Apulée ; que soit célébrée le lendemain, dix-septième des calendes de novembre, la fête de saint Callixte, pape et martyr ; que soient ensuite récités, le seizième des calendes de novembre, l'office et la messe du dix-huitième dimanche après la Pentecôte, la lettre dominicale passant de G à C ; qu'ait enfin lieu, le quinzième des calendes de novembre, la fête de saint Luc, évangéliste, après quoi se succéderont les autres jours de fête, de la façon dont ils sont décrits dans le calendrier.

 

  On ne sera pas vraiment étonné de retrouver ici la même façon de compter les jours - en calendes, ides… - que dans la Rome antique !

  Et pourtant, comme nous l'avons déjà souligné, nous ne sommes guère qu'à un peu plus de quatre siècles de cet événement capital pour notre Histoire ! A raison de 3-4 générations par siècle, il n'y a qu'une quinzaine de générations pour nous séparer de Grégoire XIII et de son époque…

  Pour en faciliter la lecture, je 'traduis' le passage essentiel de la Bulle : « Afin donc que l'équinoxe vernal […] au 21 mars, soit replacé […], les dix jours qui vont du 5 […] au 14 octobre sont supprimés… ».
  Tout repartait donc du 15 octobre 1582.
  Fait anecdotique, mais on ne le saura que plus tard, Sainte Thérèse d'Avilla est décédée dans la nuit du 4... au 15 octobre !

  La bulle pontificale de Grégoire XIII est datée et signée « du sixième des calendes de mars24 février ] de l'an 1581 de l'Incarnation, dixième de notre pontificat ».
  Cherchez l'erreur !
  S'il n'y avait pas l'année, on pourrait se croire revenus une bonne dizaine de siècles en arrière…

  Dans la Rome antique, les pontifes étaient chargés de l'entretien du pont sacré ( pons Sublicius ), et de surveiller la bonne observance des pratiques religieuses.
  Leur chef, le Grand Pontife ( pontifex maximus ) portait le titre le plus élevé de la religion romaine. Il établissait le calendrier des jours fastes ( jours ouvrables ) et néfastes ( jours fériés ), il présidait aussi au culte de Jupiter capitolin.
  Aujourd'hui, la qualité de pontife est réservée au pape, appelé Souverain Pontife… Le règne d'un pape est un pontificat, et on lui dit "Saint Père", ce qui rappelle bien sûr… Jupiter !

  Dans son encyclique, Grégoire XIII fait d'ailleurs allégeance aux pontifes romains, ses prédécesseurs, qui n'ont pas eu le loisir - ou les connaissances requises - pour introduire la réforme du calendrier… Peut-être faisait-il même allusion aux pontifes de la Rome antique ?
  En tout cas, Grégoire XIII écrivait dans sa bulle :

 

Hoc vero, quod nimirum exigit legitimam kalendarii restitutionem, iamdiu a Romanis Pontificibus prædecessoribus nostris et sæpius tentatum est ; verum absolvi et ad exitum perduci ad hoc usque tempus non potuit, quod rationes emendandi kalendarii, quæ a cœlestium motuum peritis proponebantur, propter magnas et fere inextricabiles difficultates, quas huiusmodi emendatio semper habuit, neque perennes erant, neque antiquos ecclesiasticos ritus incolumes ( quod in primis hac in re curandum erat ) servabant.

 

  Ce qui, dans la traduction de Rodolphe Audette ( 4 ) librement consultable sur l'Internet, donne :

 

Celle de la seconde partie, qui exige au préalable la restauration du calendrier, a souvent et depuis longtemps été tentée par les pontifes romains nos prédécesseurs; mais elle n'a pu jusqu'à ce jour être menée à terme parce que les divers projets de réforme du calendrier proposés par de savants astronomes, en plus de présenter les difficultés immenses et presque inextricables qui ont toujours accompagné une telle réforme, n'étaient pas durables ni surtout ne maintenaient intacts les rites antiques de l'Église, et c'était là notre première préoccupation en cette affaire.

 

  Ce qui est par ailleurs bizarre, c'est qu'un peu plus loin le pape confie la tâche à « notre cher fils Antonio Lilio, professeur de sciences et de médecine, ( qui ) nous apporta un livre écrit naguère par son frère Aloysius dans lequel celui-ci démontrait qu'au moyen d'un tout nouveau cycle d'épactes qu'il avait inventé, et qui d'une part utilisait ses propres règles très précises pour le nombre d'or et d'autre part s'adaptait à toute durée de l'année solaire, tous les défauts du calendrier pouvaient être corrigés d'une manière cohérente et qui durerait jusqu'à la fin des siècles ».

  Ce n'est donc pas à un aréopage de savants illustres que Grégoire s'adresse pour réformer le calendrier, mais plutôt à des amis proches. Pour resituer le texte dans son contexte temporel, n'oublions pas de préciser que Copernic ( mort en 1543 ) avait déjà publié ses recherches, et que d'autres astronomes, tout aussi compétents, étaient physiquement présents à Rome ou en Italie. En fait le pape a plutôt voulu associer la réforme du calendrier à ses proches, qu'à des savants ou académiciens !

  Dans son encyclique, Grégoire XIII rend hommage à Rodolphe, l'illustre roi des Romains devenu empereur… Non, nous ne sommes pas dans la Rome des Césars… mais à quelques siècles ( fin du 16ème ) de notre époque ! Comme quoi, ces gens proches de nous dans le temps, vivaient bel et bien dans le souvenir omniprésent - et dans la continuité historique - de la Rome antique.

  Le pape aurait-il profité de ses prérogatives pontificales pour ajouter subrepticement quelques siècles de plus à l'ère Chrétienne ? Ou tout au moins, pour entériner et confirmer la vision de l'Histoire, telle qu'elle fut élaborée au Concile de Trente.

  En tout cas, une chronologie « consensuelle » s'est bien vite instaurée… Et depuis ces 400 dernières années, toute la classe des historiens - sans être de connivence particulière avec le Vatican - a créé, façonné et perfectionné une histoire "fantôme" du monde… en réutilisant les sources et écrits de leurs prédécesseurs cléricaux !

  Toutes proportions gardées, cela rappelle comment, de nos jours, la presse quotidienne est prompte à reprendre sans les vérifier, des informations de tous genres. Si une agence comme l'AFP se trompe, c'est toute la presse française qui reprend l'erreur en chœur…

  Bien sûr, vous allez me dire : « Il y a l'archéologie… ? ».
  Oui, mais n'oublions pas que les fondements des méthodes archéologiques ont été basées, calées, calibrées en quelque sorte, sur la chronologie "classique" depuis le début !
  Un peu plus loin nous reviendrons sur les datations, dites absolues, dans la détermination de l'âge des événements médiévaux et antiques.
  Absolu ne veut pas dire infaillible !

  Peu à peu, nous progressons vers l'inévitable conclusion que la Chronologie classique est globalement fausse… et que l'histoire du monde médiéval, telle qu'on nous l'enseigne, a été largement inventée !
  Cela peut paraître inconcevable, inouï…

  Mais avant d'aller plus loin en besogne, il serait juste de faire ici la connaissance des auteurs et érudits qui ont travaillé - ou qui travaillent toujours - sur les multiples dossiers de la Chronologie "révisée". Ce sont souvent des mathématiciens, des géologues, des sociologues, quelques historiens aussi, pas toujours en odeur de sainteté au sein de leur discipline… nous les appellerons les "récentistes".

 


 

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