LE BULLETIN DE LA BIPEDIE INITIALE

Editée par le Centre d'Etude et de Recherche sur la Bipédie Initiale :

BIPEDIA

A Review from the STUDY and RESEARCH CENTER for INITIAL BIPEDALISM


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M. François de Sarre,
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« Où est donc passé le Moyen-Age ? »

L'invention de l'ère chrétienne

par  François de SARRE

 

 

TABLE DES MATIERES :

Introduction

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11

Les bizarreries du calendrier
Fomenko et les "récentistes"
Les cieux nous sont tombés sur la tête
Quelques problème de dates
Les "siècles fantômes" du Moyen-Age
Charlemagne : un héros de légende
Le Christianisme est-il né en Avignon ?
L'histoire des trois églises
Qui a bien pu avancer l'heure ?
En quel siècle sommes-nous donc ?
Essai de reconstruction historique

Epilogue

Littérature et notes
Glossaire

Bibliographie générale
Dates importantes en anno domini

 

 


 

Chapitre 10

En quel siècle sommes-nous donc ?

 

  Bonne question... Cela dépend bien sûr du point de départ choisi !
  Si l'on garde la trame chronologique habituelle, en enlevant 'seulement' trois siècles d'Histoire médiévale, comme le font Heribert Illig et Hans-Ulrich Niemitz, cela nous mène à proximité de l'an 1700...
  Si l'on se situe par rapport à l'hypothétique an 1, postulé par le moine Denys le Petit, le chroniqueur Bède le Vénérable… ou les chronologistes tardifs qui ont " mit en action " ces personnages, on n'est pas très loin de l'an Mil !
  Comme Fomenko date la naissance du Christ de 1053, le calcul donne un peu plus de 950 ans. Nous ne serions donc pas encore arrivés à l'an 1000...

  Si les thèses professées dans ce livre sont justes, l'ère chrétienne stricto sensu n'a pas débuté à l'époque des empereurs romains Auguste et Tibère, mais quelque temps après.
  Dans une perspective « récentiste », avec un Christianisme qui naît dans les années 1350 - c'est-à-dire, après la dernière grande catastrophe planétaire - cela ne ferait même pas 7 siècles…
  Autrement dit, nous n'avons pas encore atteint l'an 700 !

  Bien sûr, tout cela n'a guère de sens… Mais si nous redéfinissons l'année 1347 comme l'an "zéro" ( ne refaisons pas la même erreur que Denys le Petit ! ), nous pouvons dire qu'en 2006 nous nous approchons de… l'an 657 !

  Oui, j'avais aussi remarqué l'autre date fatidique ( 666 ), mais gageons qu'il n'arrivera rien de bien fâcheux en… 2013 !

  On peut bien sûr s'étonner d'un début du christianisme, voici à peine 7 siècles. Mais finalement rien, sinon l'habitude, ne vient réellement témoigner en faveur d'une aussi longue durée de notre ère religieuse occidentale, l'anno domini

  Nous évoquions aussi que cette ère avait déjà pu servir au décompte des années, « à partir de l'incarnation » de…Dionysos !
  En tout cas, à l'époque antique, des jeux de scènes ont pu préfigurer les récits des Évangiles. Le substrat chrétien était préexistant, un processus de déification était en route. C'est aussi ce qui a favorisé l'expansion et la diffusion de la religion nouvelle. Le retour annoncé du Messie, puis son retour imminent, ont entretenu le 'moteur' de la foi.
  Et le fait que ce retour ne soit finalement pas arrivé, a paradoxalement contribué à renforcer la ferveur du peuple, à consolider le pouvoir religieux de l'Église. Et aussi à 'déifier' le personnage.

  Nous sommes en présence d'une « trilogie », dont les éléments sont :

  1. l'acteur divin ou divinisé,
  2. le facteur déclencheur : un cataclysme venu du Ciel,
  3. la volonté d'une puissance politico-religieuse 'montante'

  Reprenons ces trois points :

  1) l'acteur Jésus, dont le nom se prononce Iésus ou Iésu en latin.

  Chez les celtes, cela correspond à Esu ( prononcé Yésou ), chez les babyloniens à Adonis, en Égypte c'est Osiris [ tandis que l'enfant Jésus est Horus ], et chez les germains, Baldur ou bien Odin.
  Chez les Allemands contemporains - ou en Alsace - le souvenir d'un Yésou ou Yesses, ainsi que de sa parèdre Yéra, est omniprésent. Que n'ai-je entendu cette expression : « Ô Yesses ! », souvent réduit à un « o yé ! » ( 'O je', en allemand ) ? Il n'y a pas de confusion possible avec le nom de Jésus, prononcé yézouss, à l'allemande, même si prêtres et pasteurs tentent de le faire admettre par leurs ouailles…
  Cette petite anecdote montre en tout cas à quel point les anciennes divinités du panthéon celte sont restées proches de nous - et dans nos mémoires - malgré la christianisation de l'Europe.

  C'est fort probant, et cela permet - sans entrer dans le débat religieux - de "réduire" la personne messianique à un grand maître humain, proche de nous intellectuellement, un Sauveur historiquement plausible - crédible pour les rescapés du cataclysme, voici six siècles.

  Esu, chez les celtes, faisait partie de la trinité druidique ( Esu, Toutatis, Belenos ), qui pouvait être adorée sous diverses appellations.
  Ainsi les celtes concevaient-ils leur divinité suprême comme une Trinité. Contrairement aux dieux gréco-romains, les dieux celtiques ne sont pas des personnages distincts, ayant leur individualité et leurs attributs propres : ce sont plutôt des aspects différents de la même Transcendance infinie.

  Dans ce contexte, il est intéressant de remarquer qu'en grec le mot iasis veut dire " guérison ", Jaso [ ou Iaso ] était la déesse de la guérison, l'une des filles d'Asclépios et d'Epioné.

  Quant à Asclépios/Esculape, dieu de la médecine, ses attributs étaient le serpent, le coq, le bâton et la coupe… ce qui nous renvoie à certaines représentations observées dans les églises romanes.

  D'autres éléments constituants du personnage divin de Jésus proviendraient d'une sorte de culte parallèle rendu à César ( ce sont les mêmes initiales ! ). Le philosophe - et ancien séminariste - italien Francesco Carotta a écrit tout un livre sur l'équivalence historique entre les dieux vivants, Jésus-Christ et Jules-César ( 51 ).

  Bien sûr, il y a également l'apport « Dionysos », lui aussi issu d'une conception miraculeuse, - et qui descendit aux enfers. La même chose est rapportée pour Jésus dans le credo de Nicée ( profession de foi chrétienne ).
  La crucifixion - et le coup de lance du centurion romain, relèvent plutôt de la mythologie germano-celte, et sont à mettre en rapport avec le culte d'Odin/Wotan.

  Dans le récit rapporté de la passion du Christ, seul l'Évangile de Jean fait allusion à une plaie sur le côté, causée par un légionnaire romain qui voulait achever le crucifié : « … et l'un des soldats, d'un coup de lance, le frappa au côté et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau… » ( Jean, 19, 34 ).

  En tout cas, l'incarnation de Dieu en son fils Jésus est vraiment très particulière : c'est la trouvaille par excellence du Christianisme !

  Comme nous le disions, les 'scénarios' transmis des quatre Évangiles canoniques se rapportent vraisemblablement à des jeux scéniques, joués dans les théâtres romains, puis sur les parvis des cathédrales. L'action qui se déroulait originellement en Provence a été transplantée en Palestine, peut-être pour y ajouter une touche orientale et mystique ?
  En tout cas, comme l'ont suggéré Jean Hardouin, Robert Baldauf et Uwe Topper, la rédaction des Évangiles s'est faite originellement en latin et, pour ce qui est des versions qui ont actuellement cours, après le dernier grand cataclysme de 1347.

  Il existe d'ailleurs des éléments de type "catastrophique" dans les textes synoptiques. Les deux évangiles de Luc ( 23, 44-45 ) et de Marc ( 15, 33, 38 ) rapportent : « Et c'était vers la sixième heure, et une obscurité se fit sur toute la Terre, jusqu'à la neuvième heure, et le soleil perdit son éclat ; et le rideau du Temple fut déchiré par le milieu en deux ». Chez Mathieu ( 27, 45, 51-54 ), il y a en plus un tremblement de terre, et des tombes qui s'ouvrent, des morts qui apparaissent… « A partir de la sixième heure, l'obscurité se fit sur toute la Terre, jusqu'à la neuvième heure. Et voici que le voile du Sanctuaire se déchira en deux, de haut en bas ; la Terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent et de nombreux corps de saints trépassés ressuscitèrent. Ils sortirent des tombeaux après sa résurrection, entrèrent dans la Ville Sainte et se firent voir de bien des gens. Quant au centurion et aux hommes qui avec lui gardèrent Jésus, à la vue du séisme et de ce qui se passait, ils furent saisis d'une grande frayeur et dirent : Vraiment celui-ci était fils de Dieu ! ».

  On a essayé ( vainement ) de dater cet événement à l'aide de références astronomiques, par rapport à une éclipse totale de soleil. Mais comme cela arriva juste avant la fête de Pâques juive, qui se déroule à la pleine lune, ce n'est pas la phase lunaire appropriée, car une éclipse de soleil ne peut avoir lieu que pendant la nouvelle lune !

  Si l'on pense à un contexte catastrophique, ce serait plutôt celui de l'obscurcissement du ciel qui, pour les narrateurs, venait juste de se produire… et qui était resté gravé dans la mémoire des gens !
  Trois heures d'obscurité… On songe effectivement à une grande catastrophe « cosmique », soudaine, brutale et imprévisible !

  Et en termes à peine voilés, les Évangiles parlent d'un autre cataclysme, celui de la « Fin des Temps », plus violent et définitif, celui-là ! Car tout le monde croyait à une catastrophe imminente
  C'est, répétons-le, dans la logique du grave traumatisme induit chez les survivants. Tout comme chez les victimes d'un violent tremblement de terre ou d'un tsunami.

  Chez les rescapés et les générations qui suivirent, le retour annoncé de la catastrophe ( « Fin des Temps » ) devint le ciment unitaire de la foi des chrétiens de cette époque ( fin du 14ème siècle, début du 15ème siècle, en chronologie traditionnelle ).
  On peut même dire que sans son caractère catastrophique, le Christianisme n'est pas concevable !
  C'est la raison profonde de la foi : le point final du monde, puis le retour du Messie, Satan enchaîné et le jugement dernier.
  L'apocalypse est rempli des souvenirs de catastrophes passées, mais porte en lui les peurs de la grande catastrophe à venir ! En ce sens, ce récit est bien du 15ème ou du 16ème siècle.

  Alors que penser du personnage de Jésus-Christ ?
  Foi contre Raison ? C'est sans nul doute un faux débat, car ce n'est pas l'historicité de Jésus, alias Yésu, qui compte, ni la croyance en des événements précis, documentés… Pour le peuple chrétien, c'est la Foi qui sauve, et non l'attachement aux dogmes ! Le médecin et théologien protestant Albert Schweitzer ( 1875-1965 ) n'avait guère offusqué son entourage en exprimant que Jésus-Christ n'était pas un personnage historique, mais une figure créée par la Foi ( « Eine vom Glauben geschaffene Gestalt », 1906 ).

  2) Le facteur déclencheur, nous n'y reviendrons pas, car nous en avons déjà beaucoup parlé.

  Représentons-nous plutôt le contexte social. Comment se comportaient les gens sous le coup du traumatisme post-cataclysmique ?
  Nous laissions entendre qu'ils vivaient dans l'angoisse permanente du retour de la catastrophe. Leurs esprits étaient facilement influençables, dès qu'on leur parlait d'un héros sauveur. Certains rescapés, culpabilisaient même après la perte de leurs proches : « Pourquoi eux sont-ils morts, et pas moi ? ».
  Bref, tous les ingrédients pour la création et l'essor d'une nouvelle religion messianique étaient réunis.

  Le délabrement de la société était général. Des bandes de brigands, les « routiers » écumaient les routes et les campagnes. A la peur irraisonnée des citadins et paysans confrontés à la misère répondait la débrouillardise d'individus sans foi ni scrupules. Les valeurs morales n'étaient plus vraiment respectées dans cette société en déliquescence.
  La perte de la mémoire collective est une conséquence directe des catastrophes. Par ailleurs, l'identité nationale était devenue floue. A partir du stock de langues présentes, des créoles apparaissent spontanément. On peut penser que c'est de cette époque-là que datent nos grandes langues européennes !
  Dans l'ensemble de la population, les points de repères vinrent à manquer. Le souvenir du passé historique s'estompa vite avec la perte définitive des archives. Quant aux chroniqueurs indépendants du pouvoir politico-religieux, ils s'exposaient inévitablement dans leurs comptes-rendus à des télescopages chronologiques et à des erreurs géographiques, par approximation, par confusion, ou par manque de toute documentation véritable.

  3) La puissance politico-religieuse, qui se forma au lendemain de la catastrophe planétaire du 14ème siècle, échappa elle-même au grand désastre, puis à ses conséquences immédiates, les épidémies de peste.

  Sans la catastrophe, le Seigneur qui régnait sur cette partie du sud de la Gaule, plus précisément sur la vallée du Rhône autour d'Avignon, ne serait pas devenu un souverain d'envergure, ni un chef religieux. L'Histoire n'a pas retenu son nom, en partie pour des raisons liées au « secret », mais aussi parce que les quelques chroniques écrites à l'époque de cet épisode provençal ne sont pas parvenues jusqu'à nous.

  La Papauté - qui n'est pas encore romaine - venait de naître. Un système pyramidal parfait ( de nos jours, encore… ) s'est rapidement mis en place. Le dogme fut vite « conçu », quant au récit des Évangiles il fut calqué sur des représentations théâtrales en vogue. Beaucoup d'éléments du culte chrétien présentent toujours des aspects scéniques : pastorales et crèches en Provence, passions et processions en Bavière et en Espagne. Tout comme au cours de l'office religieux en Orient, quand le prêtre semble se retirer derrière les décors [ l'iconostase, cloison couverte d'icônes ] d'une scène théâtrale. Une partie de l'office se déroule en coulisses… Était-ce à l'origine pour changer de costume, comme dans le théâtre antique quand plusieurs rôles étaient joués par le même acteur ?
  Au milieu de la scène, trône l'autel ; les échanges entre "acteur" et "public" rappellent le théâtre antique, également les chœurs, la division en prologue, corpus, les épisodes séparés par des chants, et l'acte final ( ite missa est ). Pour Uwe Topper, le sacrifice rituel et même le repas de la Cène pris en commun, trouvent leur origine dans les fêtes des morts publiques de l'Antiquité, que l'on jouait justement dans les théâtres.
  En tout cas, le secret des origines du christianisme a été bien gardé. Ceux qui savaient quelque chose ou qui avaient des doutes, n'ont pas eu beaucoup de possibilités de s'exprimer… Actuellement, ce sont les discordances temporelles qui nous révèlent peu à peu la vérité cachée. Ainsi qu'un peu de logique et nos connaissances astronomiques du 21ème siècle.
  Et la conviction qui est maintenant la nôtre que seul un événement 'cataclysmique' a pu servir de "déclencheur" au Christianisme.

  Ce qui est arrivé vers l'an 1350 était très grave.

  La dernière grande catastrophe fut terrible pour l'humanité toute entière, d'après ce que l'on en sait. La peste a décimé un bon tiers des populations, depuis les cités de Chine jusqu'à la péninsule ibérique. Les villes de la côte nord de l'Europe ont été englouties par la mer. Les Vikings ont été forcés de quitter leurs colonies du Groenland, car l'été s'était brusquement transformé en un long hiver… En Méditerranée, les villes ont été détruites par des tremblements de terre, balayées par les raz-de-marée ou ensevelies sous des fleuves de boue.

  Dans l'enceinte protégée de ce qui allait devenir, au fil des ans, le Palais des Papes, le renouveau religieux commença, d'abord par une rupture d'avec la civilisation antérieure ( gallo-romaine ), mais néanmoins dans sa continuité.

  Ainsi, le symbole de la croix, devenue la « croix du Christ », fut conservé, car bien connu des populations celtes, qui l'honoraient. Cela hâta manifestement la conversion des Gallo-Romains vers le Christianisme.
  Dans l'art copte ( égyptien ) traditionnel, la croix est nue. Plutôt qu'outil de supplice, c'est un signe cosmique de réunification et de régénération créative. On le trouve déjà sous son aspect « croix de Malte » dans les séries d'hiéroglyphes du temple de Philae, près d'Assouan ( 52 ).
  La croix celtique ou druidique, aussi, se prêtait bien à une ré-interprétation dans le cadre du Christianisme. A l'origine, elle associe le temps et l'espace : il y a une juxtaposition d'une croix ( croisée des chemins ), et le cercle du Soleil.
  La croix permet de préciser l'espace devant soi et les quatre points cardinaux. On s'oriente en se tournant vers l'est, où le soleil se lève. Puis on fractionne en deux : on a ainsi du côté gauche ( sinistre ) le monde sombre, et du côté droit, le monde lumineux !
  Mais la croix est aussi le symbole le plus simple, celui qu'on utilise spontanément pour cocher une case, ou pour apposer sa signature, si l'on ne sait pas écrire. Le symbole est fort : par la croix, j'existe !

  Le christianisme pouvait maintenant poursuivre son extension, et recouvrir de sa chape les religions pré-existantes.
  La Papauté allait s'établir à Rome au 15ème siècle ( quattrocento ), sur les vestiges de la ville antique que le cataclysme avait noyée et ensevelie.

  L'Antiquité ne se trouve séparée de la Renaissance que par… une catastrophe et ses conséquences, et non pas par une dizaine de siècles !

  La liste des papes… jusqu'au 15ème siècle a été créée de toutes pièces, tout comme beaucoup de lignées monarchiques. Certains noms correspondent peut-être à d'authentiques pontifes romains de l'époque de Jules-César, ou un peu plus tard, mais pour la plupart, il y a bien fallu créer des noms et remplir un « vide chronologique ». Le procédé apparemment le plus simple a consisté à dédoubler, quintupler, multiplier… les porteurs d'un même nom. Ils apparaissent dans nos listes actuelles sous des numéros différents : Clément ( de I à VII ), Innocent ( de I à VIII ), Urbain ( de I à VII ), Benoît ( de I à XIII ), Grégoire ( de I à XIII )… jusqu'au 16ème siècle où l'on reprendra certains noms ( Grégoire XIV, Innocent IX ). Un exemple récent « pour brouiller les pistes » est celui du pape Jean XXIII qui a reprit pour la première fois ce prénom en 1958, depuis les « événements » liés à Avignon, Pise et Rome ( divers anti-papes ) !

  Les historiens « récentistes » désignent unanimement le jésuite Jean Hardouin ( 1646-1729 ), comme celui qui a sciemment coopéré à la rédaction du «Grand Roman des Temps ». Avec l'aide du roi de France ( Louis XIV ), il crée son œuvre pendant une vingtaine d'années. En priorité, ce sont les textes de tous les concilesActa conciliorum ), des origines supposées lointaines du christianisme… jusqu'en 1600.

  A la différence de bien d'autres, Jean Hardouin n'a jamais caché « comment l'Histoire a été fabriquée ». Ainsi dans sa conception actuelle, l'Église catholique romaine ne date-t-elle que du concile de Trente ( 1545-1563 ). « Jean Hardouin était bien placé pour le savoir, car il avait travaillé sur tous ces textes », écrit Uwe Topper en 1998.
  Comme finalement, son œuvre ne fut publiée qu'en 1723, d'autres ont encore eu tout leur temps pour peaufiner l'« Histoire de l'Église ».

  Le présent se charge désormais de rattraper le passé !
  C'est aux fouilles archéologiques d'en faire la démonstration rigoureuse, en vérifiant les dates, les stratigraphies, la chronologie établie et la véracité de certains épisodes historiques, quand ils paraissent entachés d'un doute !
  Ce qui est intéressant, c'est de constater - tout au long de cette étude - que finalement la « vieille » Europe ne doit pas grand chose à l'Orient.
  L'adage ex oriente lux serait-il devenu obsolète ?

  En tout cas, c'est en se posant des questions sur la réforme grégorienne et sur les dérives de la date de Pâques après les grandes catastrophes du 14ème siècle que les « récentistes » modernes ont été mis sur la voie…

  On comprend maintenant pourquoi le pape Grégoire XIII tenait tant à sa réforme du calendrier !

 

En guise d'exemple pour un amalgame :
les Dionysius ou Dionysos

 

  Historiquement, on connaît plusieurs Dionysius ou Dionysos… Les façons différentes d'écrire le nom ( en français, cela deviendra Denis ) viennent du contexte historique et linguistique ( grec ou latin ).

  1. Faisons tout d'abord la connaissance de Dionysos, fils de Zeus et d'une princesse thébaine, Sémélé. Dans la mythologie gréco-romaine, c'est lui qui est " sorti de la cuisse de Jupiter "… Élevé dans un pays lointain ( "Nysa" ), pour échapper à la colère d'Héra, femme de Zeus, cet enfant subit moult tribulations ( Égypte, Syrie… ). Sur son passage, il transmet aux hommes l'usage de la vigne. Il épouse Ariane abandonnée à Naxos par Thésée à son retour de Crète, et obtient du dieu des Enfers de relâcher sa mère qu'il emmène avec lui sur l'Olympe… Bien sûr son nom reste associé aux orgies ( Ovide, les Métamorphoses ). C'est le dieu Bacchus des Latins. Néanmoins, son "cursus" nous rappelle fortement une autre histoire… qui a été reprise dans les Évangiles. Autre détail intéressant : les Dionysies, fêtes en l'honneur de Dionysos, étaient marquées par des processions et des déclamations de dithyrambes ( hymnes en l'honneur du dieu ). Ces processions furent à l'origine du théâtre grec, puis latin ( Virgile, Géorgiques ). Sous le nom de Bacchus, il fut rapidement identifié à un ancien dieu italique, Liber pater… Son culte resta très vivant, bien qu'interdit par le sénat en raison de débordements à caractère orgiaque… mais l'on sait que le culte "modéré" se maintint sous forme d'une religion à mystères, associée à l'orphisme ( Dionysos-Zagreus ) qui promet à ses initiés une nouvelle vie après la mort. En somme, le prototype même du Christianisme... Et, nous l'évoquions dans un chapitre précédent, le premier Évangile en latin a pu être à l'origine un jeu scénique, une pièce de théâtre.

  Mais poursuivons notre revue des Dionysius :

  1. Dionysius l'Ancien ( 430-367 av. J.-C. ) était un tyran qui vivait à Syracuse, en Sicile. Il est décrit comme l'archétype du monarque cruel et despote. Il contribua à chasser les Carthaginois de Sicile. C'est sous le règne de ce tyran qu'eut lieu l'épisode fameux de l'épée de Damoclès… Invité à prendre place pendant une journée sur le trône de Dionysius, Damoclès vit alors l'épée suspendue par un fil au dessus de sa tête…
  2. Dionysius ( vers 300 avant J.-C. ). Sa vie est inconnue. Néanmoins il fut l'auteur d'une ère nouvelle. Les noms des mois étaient empruntés aux signes du zodiaque. Ptolémée rapporte plusieurs observations qu'il détermine d'après l'ère de Dionysius.
  3. Dionysius l'Aéropagite, appelé aussi « Pseudo-Denys », contemporain de Saint Paul ( 1er siècle ).
  4. Dionysius, saint et martyr, oncle de Saint Pancrace, arrêté à Rome à cause de sa foi, il fut martyrisé en 304.
  5. Dionysius d'Alexandrie, disciple d'Origène ( autour de 250 ), 14ème pape d'Alexandrie.
  6. Dionysius, ou Saint-Denis, premier évêque de Lutèce-Paris ( 3ème siècle ), il a d'abord été le chef de la communauté chrétienne d'Athènes, puis part en Gaule et arrive à Paris. Arrêté sur l'ordre de l'empereur, il subit les supplices des premiers chrétiens, est livré aux bêtes féroces, puis décapité, mais ô miracle, St Denis se relève, prend sa tête coupée dans ses mains et marche jusqu'au sépulcre. Une chapelle fut construite sur sa tombe, qui devint plus tard l'abbaye bénédictine de Saint-Denis. Le transport de ses reliques en la basilique Saint-Denis est attribué au Roi Dagobert en 639. Depuis sa mort les rois de France ont fait de ce saint évêque le patron du royaume et de leurs dynasties successives.
      Saint-Denis est resté le tombeau des rois jusqu'à Louis XVIII. En 1793, les tombes royales ont été violées, les ossements dispersés. La fureur du peuple contre la dynastie n'a eu d'égale que celle qui se déchaîna en 1916-1917, dans la Russie des Tsars !
  7. Dionysius ou Denys, évêque de Rome, entre 260 et 268. ( le titre de Pape n'apparaît officiellement à Rome qu'en 325 ).
  8. Dionysius, chronologiste, mort en 265, cité dans Fomenko, p. 359.
  9. Dionysius Exiguus, en français Denys le Petit, supposé avoir vécu au 6ème siècle. Mort autour de 540 ou de 556. C'est lui qui aurait inventé l'an « 1 » de notre ère.
  10. Le dernier des Dionysius est le chronologiste Dionysius Petavius ( 1583-1652 ) ou Denys Pétau, un jésuite français, théologien et philologue, qui s'inscrivit dans la tradition exégétique… Il a réformé la Chronologie. On possède de lui 70 ouvrages. Il écrivit un abrégé historique de chronologie chrétienne, des commencements du Monde au premier tiers du 17ème siècle. La deuxième partie du traité contient un traité sur la mesure du temps et sur la constitution des calendriers. L'ouvrage ( 1652 ) fut plusieurs fois réimprimé au 17 et 18ème siècle. « Rationarum temporum in partes duas, libros tredecim distributam ». Également, l'Uranologion, publié en 1630, ou Denys Pétau commente les astronomes grecs, Hipparque, Ptolémée. Il fut sacré Cardinal par le pape Urbain VIII en 1639. Puis il consacra le reste de sa vie à la rédaction de la « Dogmata Theologica ». Il a écrit sur l'histoire, la chronologie, la philosophie, et l'histoire du dogme. Il a écrit « Tabulae chronologicae » ( 1628, 1629, 1633, 1637 ). Il surpassa le « De Emendatione temporum » de Scaliger [ Paris, 1583 ], et prépara le terrain pour les écrits des Bénédictins. Un résumé de « De Emendatione temporum » fut publié en 1633 et dans les années qui suivirent sous le titre de « Rationarium temporum », traduit en anglais, français et italien. Dionysius Petavius était bien connu en son temps en tant que chronologiste. On le considère comme le « père de l'histoire du Dogme ». A l'époque du Concile de Trente, les esprits se tournaient vers les premières périodes du christianisme et vers l'église primitive ; on avait découvert des documents à ce sujet. Un certain engouement, sans doute encouragé en haut lieu, existait pour ce type de recherche. C'est dans son « De doctrina temporum » ( 1627 ) que Dionysius Petavius a introduit et rendu populaire l'usage régulier de la terminologie « avant Jésus-Christ ». Il permit que des dates historiques passent de « 1 an avant », directement à « 1 an après » Jésus-Christ. Et pourtant, il vivait à une époque où l'on connaissait déjà le « zéro ». Il ne l'a cependant pas employé… Dionysius Petavius écrivit dans ce même ouvrage que Romulus avait fondé Rome en l'an « 753 ans avant le Christ ». Pour des récentistes comme Uwe Topper, Denys Pétau serait en réalité la même personne que Denys le Petit

 

Les vierges noires

 

  Diffusé hors de la vallée du Nil, dans le monde gréco-romain, le culte d'Isis n'a pas été touché par l'édit de Théodose qui interdisait le paganisme à la fin du 4ème siècle [ cf. Florence Quentin : « Philae, l'île sacrée d'Isis la grande magicienne », Le Monde des Religions n° 9 : 44-46, janvier-février 2005 ].

  Lorsque Isis porte l'enfant divin Horus sur ses genoux, on pense irrésistiblement aux Vierges Noires de certaines églises romanes, souvent ramenées d'Orient, et dont la légende dit qu'elles ont été des représentations d'Isis. Mais au-delà, les Vierges Noires semblent parfois appartenir à une tradition plus ancienne d'idoles à la carnation foncée, qui remontent aux sociétés matriarcales d'Afrique et d'Orient, à l'époque où le Sahara était encore une région verdoyante et fertile. On retrouve notamment la même figuration d'une déesse ( Isis ) donnant le sein à un enfant ( Horus ), en Égypte comme en Gaule, où l'on a découvert des statues de déesses de fécondité celtique, assises sur un trône simple et donnant le sein à un enfant. Sur certaines sculptures de porches d'églises romanes, comme à Moissac ou à Beaulieu, on peut même voir des femmes nues dont les seins sont dévorés par des serpents.

  Les Vierges Noires sont à l'image de Kali la Noire ( Inde ), d'Astarté la Syrienne, de la Sarah des Gitans, ou de Cybèle, déesse phrygienne de la Fertilité.

  Dans la religion chrétienne, Marie est une survivance du « paganisme », c'est en quelque sorte la fille spirituelle d'Isis. Elle n'avait pas vraiment été retenue dans les projets initiaux des Pères de l'Église, mais une religion sans femme(s) paraît difficilement concevable à long terme… Il arriva ainsi que la Vierge devint peu à peu le personnage central de la ferveur populaire dans l'Europe catholique, au point qu'un pape récent comme Jean-Paul II lui dédia même son pontificat.

  Au début du christianisme, les statuettes d'Isis ou de Bélisama devaient déranger, car il fallait donner des explications sur l'origine de la peau noire. Pour le père jésuite van Steen, vers le début du 17ème siècle, si les statues de la Vierge sont noires, c'est que les femmes de Palestine avaient, elles-mêmes, le teint foncé [ Sophie Cassagnes-Brouquet : « Vierges Noires », éd. du Rouergue, Rodez, 2000 ]. Cela permettait ainsi de faire d'une pierre deux coups : expliquer la couleur de la peau et « déplacer » l'attention du peuple vers la Palestine, où l'histoire de Marie était censée s'être déroulée.

  Mais en dehors de ces allégations, de nombreux auteurs ont toujours considéré les Vierges Noires comme les formes d'un culte antique, celtique ou gallo-romain. L'hypothèse la plus séduisante est bien sûr celle de la persistance d'une religion remontant à l'Antiquité dans certaines régions françaises, comme le Massif Central, mais également en Espagne ou en Bavière, jusqu'au Moyen-Âge, ce qui dans une perspective « récentiste » paraît d'ailleurs aller de soi.

  En tout cas, le culte des déesses-mères correspond, nous le disions, à une symbolique universelle. Ce n'est pas par hasard que les Romains possédaient autant de divinités féminines dans leur panthéon : Junon, Minerve, Artémis ( Diane ) ou Perséphone ( Proserpine ). Les Gaulois avaient assimilé Bélisama ( la très brillante ) à Minerve, et Epona ( divinité de la Lune ) à Artémis. Dans la Marseille antique ( Massalia ), la « bonne mère » vers laquelle convergeaient les pèlerinages, était proposée à la dévotion populaire sous les traits de la déesse Artémis, dont le culte venait d'Ephèse, dans la continuité de celui voué à Cybèle.

  Les Vierges Noires « blanchirent » au fur et à mesure qu'elles furent remplacées par des statuettes plus récentes, mais leur culte était néanmoins si bien enraciné qu'il perdura en beaucoup d'endroits, comme au Puy-en-Velay, à Chartres ou au Montserrat.

 

La chronique de Chosroes

 

  Pour certains d'entre nous, le nom de Chosroes évoque d'abord un morceau de musique pour violon et piano, composé par Martin Feldman en 1977 : « Spring of Chosroes ».
  C'est également un célèbre tableau de Piero della Francesca, peint vers 1466, qui représente la bataille entre le Perse Chosroes et l'empereur byzantin Heraclius. Bizarrement ( pour une scène censée se dérouler en l'an de grâce 628 ), les protagonistes portent des armures et des vêtements du Moyen-Âge tardif… Piero della Francesca était-il si mal renseigné ?
  Il y a aussi le « Roman de Chosroes et Chirin », de l'auteur perse Nizami, traduit en français par Henri Masse ( Paris, 1970 ).
  Finalement, c'est en tant que personnage historique que Chosroes, deuxième du nom, est le moins connu. Il fut roi de Perse entre 591 et 628 de notre ère.
  Autour de 622-627, l'Empire romain était réduit… aux murailles de Constantinople, à quelques territoires en Grèce, Italie et Afrique du Nord, ainsi qu'aux villes de Tyr et de Trébizonde, sur la côte asiatique.
  L'auteur de ce désastre se trouve être Chosroes. Déferlant depuis la Perse, ses armées avaient envahi la Cappadoce, la Syrie, la Palestine et l'Égypte. Jérusalem était tombée en juin 614. Puis Constantinople se trouva directement menacée…
  Heraclius tenta alors une manœuvre désespérée pour libérer son Empire. Il passa par l'Arménie et frappa au cœur de la Perse. La bataille de Ninive fut décisive. C'est celle dépeinte par Piero della Francesca. Chosroes fut fait prisonnier et mourut durant les premiers jours de sa captivité.
  En 629, Heraclius rentra en vainqueur à Constantinople. Et par la même occasion, il y ramena en triomphe la Sainte Croix, car celle-ci avait été subtilisée à Jérusalem, en 614, lors de la prise de la ville !

  Quelles perspectives dans le cadre d'un réajustement de la chronologie ?
  Chosroes 1er, et son petit-fils Chosroes II, ont livré bataille à l'Empire romain ( d'orient ). D'abord sous Justinien, puis sous Tiberius, Pholas et Heraclius. Des paix successives furent conclues entre Perses ( adeptes du zoroastrisme ) et Romains, sous la réserve expresse de la protection des chrétiens d'Asie Mineure.
  Saisissant le prétexte du meurtre de l'empereur Mauritius par l'usurpateur Pholas à Constantinople, en 602, Chosroes II envahit l'Asie Mineure et la Syrie. A la tête d'une coalition rassemblant les Perses, les Arabes et les juifs, il prit Jérusalem en 614. Des dizaines de milliers de chrétiens auraient été massacrés. Les lieux de culte et monastères auraient été détruits dans toute la Palestine. Puis comme l'entente n'était pas parfaite entre juifs et occupants perses ( beaucoup de juifs ayant été déportés vers la Perse ), ceux-ci basculèrent du côté de l'empereur romain Heraclius qui avait succédé à Pholas, quand l'Empire fut menacé jusqu'aux portes de Constantinople.

  Certains épisodes de ces années troubles ont pu « resservir » dans l'élaboration des Croisades.
  Tous ces événements sont à replacer dans le contexte des 14ème et 15ème siècles.
  L'épisode de la Sainte Croix, quant à lui, semble avoir été purement inventé, a posteriori, par l'empereur Constantin VII qui l'utilisa pour réécrire sa propre histoire.
  Quant aux dizaines de milliers de chrétiens massacrés, il s'agit probablement d'une exagération. De toute façon, il ne devait pas s'agit « encore » de véritables chrétiens, mais plutôt de Francs ou de Celtes, adeptes de leur culte « païen » et de leur religion solaire ; ils ont été « christianisés » par la suite, afin de les faire « rentrer dans le contexte historique » voulu !

  La présence de Celtes et de Francs en Asie Mineure peut nous paraître étrange, car nous sommes conditionnés par notre perception judéo-chrétienne de l'Histoire. La terre de Judée-Galilée, ou Canaan, promise à Abraham et à sa descendance, était également soumise à loi des migrations et du déplacement des peuples, voici une dizaine de siècles ( de temps réel, non pas « historique » ), tout comme les autres provinces romaines sur le pourtour méditerranéen !
  Dans mon hypothèse, les royaumes Francs [ et peut-être également des royaumes celtes ou gaulois ? ] dont on parle dans la tradition des Croisades, étaient « sur place » avant la christianisation du Proche-Orient, en d'autres termes avant que l'on ne parle de christianisme dans la région… pour la bonne raison que la religion trinitaire nouvelle n'avait pas encore été « conçue » dans la lointaine vallée du Rhône !

  Il ne pouvait donc pas y avoir eu de « heurts » entre pèlerins chrétiens et habitants musulmans ou juifs, mais à la limite plutôt, entre les partisans des religions pré-existantes, notamment entre les trinitaires celto-francs et les monothéistes [ de type « oriental-iconoclaste » ].
  Et l'on peut penser que les conflits n'étaient pas liés à un pèlerinage vers Jérusalem. Sinon seulement, lors de litiges beaucoup plus tardifs, ou qui ont été surajoutés par les « chronologistes » du 16ème et du 17ème siècle.

  On le voit, l'éclairage nouveau des Croisades, fait intervenir :

  • un substrat ancien ( pré-chrétien ) des Gaulois et des Francs en Asie Mineure
  • des amalgames avec l'épisode perse de Chosroes
  • des ajouts postérieurs, inventés ou surajoutés, sur des échauffourées lors des pèlerinages des chrétiens vers les « lieux saints » nouvellement créés de Jérusalem
  • le transfert d'épisodes réels des « croisades intérieures » contre les hérétiques ou les partisans d'Arius, prêchées par les religieux catholiques, vers les « croisades extérieures »

  Les Croisades vers la Terre Sainte, si elles ont eu lieu, doivent être redatées du 15ème siècle, c'est-à-dire au moment où un véritable « mobile » existait : venger la profanation des lieux saints qui avaient vu se dérouler la Passion du Christ.
  Dans la perspective de ce livre où le personnage fictif de Jésus doit être resitué… à l'époque de son « invention », c'est-à-dire en Avignon vers l'an 1350, il paraît logique que les Croisades chrétiennes en Palestine n'ont pu intervenir qu'après cette date, sans doute dans un contexte relativement restreint d'esprits exacerbés par l'occupation des lieux saints ( qui venaient juste d'être « inaugurés » ). Mais ces escarmouches étaient sans doute mineures par rapport aux véritables guerres intestines menées en Europe contre les hérétiques et incroyants… ou les restes de religion celto-germanique, ou gallo-romaine.
  Quant à l'épisode de Saint-Louis, voire tout le personnage, ils ont vraisemblablement été inventés par les clercs du 15ème siècle, repris par les chronologistes laïcs, puis intégrés dans l'Histoire de France, telle que nous la connaissons.

 

A quelle époque vivait effectivement Dante ?

 

  Durante ( diminutif : Dante ), fils aîné d'Allighiero di Bellincione, et de Bella sa femme, est né à Florence en 1265, et mort à Ravenne en 1321, si l'on en croit l'Encyclopédie.
  Cacciaguida, trisaïeul du poète, serait mort durant la deuxième croisade. Dante parle de lui dans le Paradis.
  La Comédie ( qui ne sera appelée Divine qu'à partir de l'édition de 1555 ) est l'œuvre fondamentale de la tradition littéraire italienne, par sa renommée, sa popularité, la nouveauté de sa langue. Dans la Divine Comédie, Dante raconte en vers : en toscan, la madre lingua, qui va devenir l'italien, grâce à lui - le voyage imaginaire qu'il effectue, guidé par Virgile, de l'enfer au paradis en passant par le purgatoire.
  Mais Dante vivait-il bien à l'époque où les historiens l'on placé ?
  Au 14ème siècle, il aurait utilisé ses écrits pour illustrer une loi fondamentale de la cinématique qui ne fut énoncée par Galilée qu'au début du 17ème siècle !
  C'est ce qu'on peut lire dans le mensuel Science & Vie ( n° 1053, juin 2005, p. 16 ). Pour le physicien Leonardo Ricci, de l'Université de Tarente ( Italie ), la Divine Comédie renferme des passages significatifs. Ce que Galilée a démontré par l'observation et l'expérimentation, Dante l'avait exprimé à partir de simples sensations.

  Ainsi, quand le poète décrit sa chute aux Enfers, juché sur le dos du monstre volant Geryon, il écrit : « Elle ( la Bête ) s'en va en nageant lentement, lentement ; elle tourne et descend, mais je ne m'en aperçois point si ce n'est au souffle qui d'en bas me frappe le visage ».
  Pour Leonardo Ricci, Dante souligne ici que, hormis l'effet du vent, sa sensation de voler ne diffère pas de celle de rester immobile…
  C'est une vision qui illustre le principe de relativité explicité trois siècles plus tard par Galilée. De ce fondement, Newton, puis Einstein, construiront eux-mêmes leurs propres théories.

  Dante n'appartiendrait-il pas plutôt au 16ème siècle ? C'est la question que s'étaient également posé les chercheurs russes Davidenco et Kessler, dans le « Livre de Civilisation » que nous avons déjà présenté.
  L'historiographie traditionnelle offre, en effet, de bizarres anecdotes concernant l'histoire des langues. Le grand Dante est considéré comme le créateur de la langue italienne littéraire, mais après lui, Pétrarque et Boccace, tous les autres auteurs italiens ont continué à écrire en latin pendant 200 ans encore…
  On ne sait pas pourquoi.
  La langue littéraire italienne ne se forme qu'au début du 17ème siècle sur la base du dialecte toscan ( toscano volgare ), si l'on en croit le dictionnaire de l'Académie Crusca ( 1612 ).

  Prenons Francesco Pétrarque ( années de vie traditionnelles : 1304-1374 ) comme exemple. Les manuscrits de la Bibliothèque Vaticane n° 3195-3196, écrits par Pétrarque lui-même sont justement pleins de dates. Remarquons déjà que Pétrarque se sert beaucoup des chiffres arabes qui n'ont été véritablement utilisés en Italie qu'après le 15ème siècle…
  Mais surtout les vers de Pétrarque contiennent des indications sur une époque bien différente, quant à la rédaction de son œuvre !

  L'Avara Babilonia ha colmo il sacco
d'Ira di Dio, e di vizii empii e rei,
tanto que schoppia, ed ha fatti suoi die,
non Giove e Palla, ma Venere e Bacco.

  Aspettando ragiori mi struggo e fiacco ;
ma pur novo soldan veggio per lei,
lo qual fara, non gia quand'io vorrei,
sol una sede ; e quella fia in Baldaccio.

  Gl'idoli suoi saranno in terra sparsi,
e le turre superbe, al ciel nemiche,
e i suoi torrer di for come dentro arsi.

  Anime belle, e di virtute amiche,
terranno il mondo ; e poi vedrem lui farsi
aureo tutto, e pien de l'opre antiche.

  Selon les explications habituelles, dans ce sonnet composé en 1342, Pétrarque nomme « Sultan » le pape d'Avignon, et sous-entend Rome par « Bagdad ». Cela semble couler de source, si la date de 1342 est exacte.
  Or, ce qui est étonnant, c'est que le poème décrit précisément les événements de la seconde moitié du 16ème siècle… En 1517, Selim 1er Yavouz ( « le terrible » ) de Turquie a conquis Bagdad et toute la Palestine, en se proclamant le chef de tous les musulmans et le gardien des saintes reliques de la Kaaba et de Jérusalem. Son successeur, Soliman le Magnifique ( qui règne de 1520 à 1566 ) a fait construire à Istanbul [ « Babylone » ] les turre superbe mentionnées par Pétrarque - les minarets autour de Sainte-Sophie ! Mais ce n'est pas par hasard que le sultan Sélim II ( qui régna de 1566 à 1574 ) a été surnommé l'ivrogne, car il buvait en dépit de la loi coranique, et s'adonnait à la débauche, ce que décrit Pétrarque dans le premier quatrain. Pétrarque continue à dénoncer ce « temple de l'hérésie » dans le sonnet suivant, 138. Ce faisant, il décrit l'époque de l'an 1570, ce qui fait 228 ans plus tard que la date traditionnelle de l'oeuvre.

  Dicemi spesso il mio fidato speglio,
l'animo stanco, et la cangiata scorza,
e la scemata mia destrezza e forza :
- Non ti nasconder più ; tu se' pur veglio.

  Ici il s'agit évidemment du miroir en verre qui apparaît pour la première fois à la limite du 15ème et du 16ème siècle. Ce fut Léonard de Vinci ( mort en 1519 ) qui a réalisé le premier autoportrait en se servant d'un miroir en verre.

  Le contemporain de Pétrarque, Boccace ( années de vie traditionnelles 1313-1375 ) décrit dans le « Décaméron » une épidémie de peste en 1348.
  Serait-ce celle qui marqua la fin de l'Empire romain ? Nous l'évoquions déjà dans ce livre.
  Si c'est exact, les anachronismes sont légion.

  Dante Alighieri, que Pétrarque et Boccace considéraient comme leur maître, était né 50 ans avant eux ( années traditionnelles de vie : 1265-1321 ). Mais les grands civilisateurs de la première moitié du 15ème siècle en Italie - le cardinal Nicolas Cusanus ( 1401-1464 ) et Lorenzo Valla ( 1407-1457 ) ne mentionnent pas Dante
  C'est Nicolas Machiavel ( 1469-1527 ) qui pour la première fois cite Dante en tant que son contemporain.

  Pour Davidenco et Kesler, la date probable de la mort de Dante est 1520.

  C'est Boccace qui a été le premier commentateur de la Divina comedia. Il écrit, soi-disant en 1360, que Dante appréciait Homère plus que tout autre poète, bien qu'il ne l'ait pas lu… car il ne savait pas le grec, et il n'y avait pas encore de traductions d'Homère en latin ( ! ). De telles traductions ( ou, ce qui est plus probable, les œuvres qui venaient d'être écrites par Homère ) n'allaient apparaître qu'après la date traditionnelle de la mort de Dante, pas avant la fin du 15ème siècle.

  Dans la Divina comedia, Dante mentionne le chapeau rouge du cardinal, mais ces chapeaux ne sont entrés en usage qu'après la date traditionnelle de sa mort ! Il fait également mention de l'Espagne et de l'Autriche dont les noms n'apparaissent, en tant que tels dans l'Histoire, qu'à la fin du 15ème siècle !

  Entre les époques de Dante, Pétrarque et Shakespeare, il existe, dans l'historiographie traditionnelle, un intervalle artificiel de 300 ans. Mais si Dante écrivait en réalité à la fin du 15ème - ou au début du 16ème - et son élève Pétrarque, au 16ème siècle, il n'existe alors aucune distance stylistique dans la poésie de l'Europe occidentale. Le chef de la « Pléiade », le Français Pierre Ronsard ( 1524-1585 ), et l'Italien Torquato Tasso ( 1544-1595 ) sont considérés comme des disciples de Pétrarque. Et dans les années 1590, les sonnets de Shakespeare avaient déjà été publiés. Il est caractéristique que dans cette optique le seul prédécesseur de Dante lui-même, en Italie, est Lorenzo de Medicis ( 1449-1492 ), dont la poésie était bien inférieure en qualité.
  Cet exemple d'erreur chronologique est typique pour tout l'art de l'époque de la « Renaissance » qui, en vérité, était l'époque des « faux » géniaux : c'est-à-dire de la création effective de l'art de la « Rome antique » et de la « Grèce ancienne », aux 15ème et 16ème siècles…

  Quand plus tard, au 18ème siècle, la poésie française a fleuri, on a trouvé… tout à fait par hasard dans une abbaye bénédictine, les œuvres des trouvères du Moyen-Âge, datés du 13ème siècle.

  On peut citer beaucoup d'exemples du « vieillissement » délibéré des œuvres littéraires… Davidenco et Kesler concluent : « Les chefs d'œuvre de la littérature mondiale ne perdent rien à être resitués dans le temps par rapport à nous. Mais pour restituer l'histoire réelle de la Civilisation, il est indispensable de rendre les auteurs géniaux à leurs vraies époques ! ».

 

De quand date le suaire de Turin ?

 

  Le Saint-Suaire, réputé avoir enveloppé le corps de Jésus après sa crucifixion, est une pièce de lin de 4,36 m de long sur 1,10 de large, conservée dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, de Turin.
  On y voit la silhouette, grandeur nature, d'un homme barbu aux cheveux longs, visible de face et de dos, pour peu que l'on se déplace à quelques mètres. Des traces brunâtres évoquent les blessures décrites dans les Évangiles.

  La médiatisation du suaire de Turin a commencé en 1898 quand furent réalisés les premiers clichés photographiques.
  Car si le culte rendu à la relique avait connu ses grandes heures au 15ème et au 16ème, il avait par la suite nettement décliné. En tout cas, lors d'une exposition d'art sacré à Turin en 1898, Secondo Pia, un photographe amateur, en prit des clichés. Au développement, à sa grande stupéfaction, il voit apparaître sur les plaques de verre, au lieu d'une banale image en négatif et d'une vague silhouette, celle, bien contrastée, d'un homme qui semblait avoir été supplicié et crucifié.

  On se demande alors quel faussaire du Moyen-Âge a pu fabriquer une relique aussi élaborée, et dans quel but ? Car à cette époque, et dans les siècles qui suivirent, personne n'était réellement en mesure de voir les détails de la silhouette… sinon sur un négatif photographique, comme le fit bien plus tard Secondo Pia.
  Ainsi, l'artiste aurait pu, à la limite, se contenter d'une simple peinture, juste assez bonne pour donner l'illusion au peuple, lors des quelques ostentations de la relique.

  Résumons en quelques lignes les faits historiques. C'est en 1357 qu'apparaît le suaire, dans le trésor de la collégiale fondée à Lirey ( Aube ) par Geoffroy de Charny, mort quelques mois plus tôt durant la guerre de Cent ans.
  Son origine paraît proche-orientale, mais déjà certains mettent déjà en doute son authenticité. A commencer d'ailleurs par l'évêque de Troyes qui interdit de le montrer, considérant qu'il s'agit d'une peinture.
  A cette époque, beaucoup de faux circulent, et l'évêque était bien placé pour le savoir… En fait, tous les sanctuaires et diocèses rivalisaient dans la course - ou dans le commerce - des reliques. En effet, cela permettait de faire affluer un maximum de pèlerins. Le linceul était donc une aubaine.

  Si nous nous replaçons dans le contexte historique de ce livre, c'est effectivement vers cette époque, correspondant à la seconde moitié du 14ème siècle - et à la diffusion accélérée du christianisme depuis la vallée du Rhône - que les conditions étaient les mieux réunies pour la « fabrication » d'une telle relique. On peut d'ailleurs penser qu'il y eut beaucoup de faux linceuls, celui de Lirey n'étant que l'un d'eux.

  En cette sombre période, marquée par les grandes épidémies de peste, d'interminables guerres, et par l'insécurité au quotidien, ce type de relique semblait tout à fait être ce que la piété populaire attendait, car les gens souffraient dans leur chair, tout comme l'homme du linceul, matérialisé sur la pièce de lin.

  Les polémiques autour du suaire n'ont pas vraiment cessé en 6 siècles et demi. Souvenons-nous que l'évêque de Troyes doutait déjà de son authenticité.
  En fait, ce qui nous paraît maintenant le plus troublant, c'est qu'il ne s'agit pas d'une peinture banale… et qu'il a fallu attendre l'invention de la photographie pour comprendre que le faussaire s'était donné un mal fou ! Il a disposé les plaies avec précision, en se conformant au récit de la Passion. Même le coup de lance du soldat romain est visible : « …un des soldats, d'un coup de lance, le frappa au côté et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau… » ( Jean, 19, 34 ).

  Mais poursuivons notre rétrospective historique. En 1453, le suaire a été vendu à la famille de Savoie. Il devient alors une sorte de « relique privée » dans la chapelle du château à Chambéry. En 1532, celle-ci fut ravagée par un incendie. C'est depuis ce sinistre que le linceul présente des traces symétriques de brûlures.
  Puis en 1578, le duc de Savoie transfèra solennellement la relique de Chambéry à Turin, sa nouvelle capitale, où le suaire se trouve toujours.

  Dans le mensuel Science & Vie de juillet 2005, on décrit la fabrication d'un « vrai-faux » linceul de Turin en disposant une pièce de lin humide disposée sur un bas-relief.
  A l'initiative d'Henri Broch, professeur de physique et de zététique à l'Université de Nice - Sophia Antipolis, des essais en ce sens avaient déjà été faits. Ce qui se dégageait de tout ceci, c'est que la réalisation de la relique était à la portée des faussaires du Moyen-Âge.
  Cela n'explique néanmoins pas pourquoi l'image du suaire est un négatif photographique. Nous verrons plus loin une possible solution.

  En tout cas, pour l'historien Paul-Eric Blanrue, la recette de fabrication du suaire est à la portée d'une « ménagère de moins de 50 ans »… Prenez un bas-relief en plâtre, que vous recouvrez d'une étoffe de lin humide pour épouser les contours du visage. Tamponnez le tout avec un mélange d'oxyde ferrique et de gélatine, des produits connus des peintres médiévaux et dont la trace a été retrouvée sur le suaire. Ajoutez quelques coulures de vermillon pour figurer le sang. Laissez sécher. Déployer. Faites adorer… ( Le Monde du 23 juin 2005 ).

  « On ne dit pas que c'est la méthode qui a été utilisée au Moyen-Âge pour fabriquer le linceul, mais on constate que l'image ainsi laissée est en 3 dimensions et qu'elle résiste au lavage », s'empresse de préciser Paul-Eric Blanrue, lors de la démonstration devant la presse.

  « L'étoffe elle-même trahit son origine médiévale », indique également Jean-Théo Flamme, ancien expert de l'Institut belge de recherche scientifique pour l'industrie et l'agriculture. « Ce tissage en chevron impliquant l'usage d'un métier horizontal à quatre marches, inventé par les Chinois, n'est apparu au Moyen-Orient qu'à partir du 6ème siècle ».

  Dans un cadre scientifique rigoureux, de nombreuses analyses de la pièce de lin et investigations ont été faites, ces dernières décennies. En 1973, le Suisse Max Frei avait entrepris des recherches sur les pollens trouvés sur le suaire. Il aurait identifié 58 espèces de plantes, dont 44 poussant, selon lui, en Palestine. Mais des études ultérieures ont montré que l'identification de sous-espèces végétales du Moyen-Orient, était loin d'être évidente, et que les grains de pollen pouvaient très bien être italiens.

  En 1978, plusieurs chercheurs américains fondèrent le STURP ( Shroud of Turin Research Project ). Mais c'est en 1988 que fut effectuée l'analyse au carbone 14 tant attendue… On allait enfin pouvoir dater le suaire avec précision !

  Sous la tutelle du British Museum, trois prestigieux laboratoires, l'un appartenant au Polytechnicum de Zurich, l'autre à l'Université d'Oxford ( Grande-Bretagne ), et le troisième à l'Université de Tucson ( Arizona, USA ), étudient simultanément la datation d'un échantillon du linge funéraire, selon la technique du radiocarbone.
  Les résultats, concordants, furent rendus publics en octobre 1988, et publiés quelques mois plus tard dans la revue scientifique Nature.

  Il va sans dire que tout le monde s'attendait à une datation autour du 1er siècle de notre ère… Or la cause fut vite entendue : le linceul était beaucoup plus jeune. La fourchette proposée allait de 1260 à 1390 après Jésus-Christ, avec la marge d'erreur habituelle.
  Il n'y avait pas photo !

  Le suaire de Turin n'aurait que six siècles, voire un peu moins…
  Bien sûr, les réactions ne tardèrent pas. Certains esprits contrariés en vinrent même jusqu'à supposer une sorte de complot, car les analyses avaient été faites dans des régions protestantes ( Zurich, Oxford, Tucson ) !

  On oublie généralement que, dès le départ, l'Église avait eu conscience qu'il ne s'agissait que d'un artefact, à une époque où la fabrication de reliques - source de revenus considérable - tenait véritablement de l'industrie…
  Pourtant, des scientifiques - ou des gens qui se prétendent tels - cherchent encore à démontrer que le linceul a véritablement enveloppé le corps du Christ, voici 2000 ans ! C'est le sujet de l'excellent article d'Isabelle Bourdial, paru dans Science & Vie : « Saint-Suaire : la science aveuglée par la passion » ( n° 1054, 110-125, juillet 2005 ).

  Dernier en date, Raymond Rogers, qui fut chimiste au Laboratoire National de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, et ex-membre du STURP. En janvier 2005, il a publié une étude dans la revue scientifique Thermochimica Acta, sur la comparaison du taux de vanilline, un composé chimique présent dans la lignine des fibres de lin. Celui-ci disparaît lentement avec le temps. Selon les calculs de Rogers, 63 % de la vanilline présente dans un vêtement du Moyen-Âge devrait avoir disparu, mais il n'y avait plus du tout de vanilline dans un échantillon de tissu du Saint-Suaire qu'il a personnellement analysé.
  Déjà, on se demande comment Rogers a pu avoir accès à l'échantillon en question, des fils de lin remontant aux premières investigations du STURP. Seul l'évêque de Turin était censé détenir la moitié du morceau de tissu utilisé pour les tests du radiocarbone, en 1988.

  « Cette concentration chimique varie avec la température », lui répond Jacques Evin, chercheur au CNRS, qui a élaboré le protocole des datations de 1988. « Ce n'est donc absolument pas une preuve, d'autant que le suaire a survécu à plusieurs incendies ».

  Mais Rogers soutient aussi que les échantillons prélevés par le British Museum provenaient d'un raccommodage tardif. Ce morceau d'étoffe aurait été cousu après l'incendie de 1532. Selon Rogers, c'est ce bout de tissu qui est responsable de la datation 'erronée' du suaire par les laboratoires de Zurich, d'Oxford et de Tucson.

  Ce dernier point vient s'ajouter au débat contradictoire. Comme on le voit, quelques scientifiques s'obstinent à proclamer l'authenticité du suaire, malgré les résultats du radiocarbone. En fait, si on le trouve « trop jeune », ça pourrait être aussi dû à une pollution carbonée par des moisissures qui ont, en quelque sorte, « injecté » du carbone 14 supplémentaire dans les fibres, mais encore faudrait-il le prouver !

  En tout cas, il est surprenant de constater que des hommes de science tiennent l'authenticité de la relique pour acquise. C'est contraire à toute déontologie.
  C'est ce qu'indique bien l'article du mensuel Science & Vie ( juillet 2005 ) : « Nous avons voulu démontrer que la science pouvait être aveuglée par la passion », indique Matthieu Villiers, directeur de la rédaction.

  Pour Jacques Evin, l'Église a en tout cas bien raison de réfuter de nouvelles expérimentations : « La pièce se dégrade. Ce qui est fondamental, c'est désormais sa préservation. Il s'agit d'une œuvre d'art ». ( Le Monde du 24 juin 2005 ).

  Une œuvre d'art, certes. Peut-être encore plus troublante, si l'on se réfère aux conclusions du livre « Turin Shroud. In Whose Image ? », par Lynn Picknett et Clive Prince ( Harpercollins, 1994 ). Ces auteurs évoquent une participation de Léonard de Vinci à la réalisation du linceul, en utilisant une technique dite de la camera obscura.
  Bien sûr, Léonard naquit en 1452 près de Florence, dans le petit bourg de Vinci. Il mourut en 1519, au Clos Lucé près d'Amboise. S'il a réalisé le suaire, disons vers 1480, celui-ci serait donc encore plus jeune ( un peu plus de 5 siècles ) qu'on ne le pense. Mais la datation au carbone 14 reflète l'âge de la pièce de lin, et non celle de l'œuvre… Nous pouvons raisonnablement penser que l'étoffe avait autour de six siècles, ce qui est dans la fourchette des datations au radiocarbone.

  Le principe de la camera obscura est facile à expérimenter. Qui n'a pas remarqué, dans une chambre sombre où un très fin faisceau de lumière pénétrait à travers les volets, que des images inversées faisaient leur apparition sur le mur opposé ? Les détails sont d'autant plus précis que le trou laissant passer la lumière est petit. On peut encore améliorer sensiblement le dispositif en utilisant une lentille de verre. Rien ne permet d'exclure que Léonard de Vinci ne disposait pas d'un tel matériel, un siècle avant Galilée. Certains grands tableaux ont pu être dessinés ainsi. Les images étaient inversées, mais c'était suffisant pour qu'on puisse en quelque sorte « les décalquer sur une toile ». Lynn Picknett et Clive Prince pensent que le visage du suaire est celui de Léonard lui-même, clin d'œil du peintre, à la fois à son maître d'œuvre, le Duc de Savoie, et aussi à la postérité, quand il devait penser que des millions de gens allaient adorer son portrait, et se prosterner devant lui, Leonardo da Vinci, l'anticonformiste !

  Dans cette hypothèse, on peut également supposer que le suaire actuel n'est pas celui de Lirey, sans doute déjà trop dégradé à la fin du 15ème siècle, mais une nouvelle copie commanditée à Léonard par la Maison de Savoie. En fait, un négatif photographique obtenu sur toile de lin par un procédé photochimique que le peintre florentin n'allait, bien sûr, pas dévoiler… mais qui suscite l'étonnement des scientifiques, au moins depuis un siècle !

  Alors, le linceul de Turin serait-il une œuvre cachée de Léonard de Vinci ? Les archéologues viennent bien plus ou moins explicitement d'admettre que la fameuse sculpture de marbre, de Lacoon et ses deux fils, attribuée traditionnellement à trois maîtres de l'école de Rhodes ( 50 av. J.-C. ), était en réalité un chef d'œuvre de… Michel-Ange !

 

Pompéi a-t-il été « antidaté » ?

 

  Pour clore ce chapitre, parlons un peu de Pompéi. Tout le monde a entendu parler de cette antique ville romaine, ensevelie sous les cendres et les projections du Vésuve, lors d'une éruption datée de l'an 79 après Jésus-Christ.
  Si l'on prend en compte la chronologie classiquement admise, le site serait resté dix-sept siècles ( ! ) à l'abandon, et ce n'est qu'au 18ème siècle que des fouilles systématiques débutèrent, après qu'en 1592 l'architecte Domenico Fontana était tombé par hasard sur des inscriptions latines et sur quelques peintures murales. Il les trouva alors qu'il était chargé de faire creuser une galerie, pour apporter de l'eau vers les villas cossues qu'on commençait à édifier dans la vallée du Sarno, à quelques centaines de mètres de la mer.
  Mais les véritables fouilles archéologiques ne commencèrent que cent cinquante ans plus tard, en 1748, à l'instigation de l'abbé Mortorelli qui pensait exhumer l'antique port de Stabiae, sur la Méditerranée. En effet, si l'on fait abstraction de la fameuse lettre de Pline le Jeune à Tacite, l'informant de l'éruption du Vésuve et de la mort de Pline l'Ancien, les historiens et poètes de la Rome antique n'ont jamais parlé de « Pompéi ».

  Était-ce parce que cette ville était petite, loin de la capitale, trop peu connue ? Cela paraît vraiment surprenant quand on sait que, lors de l'éruption, Pompéi ne comptait pas moins de 25.000 résidants ! Pour les divertissements, il y avait le grand théâtre et le petit odéon ; l'amphithéâtre était conçu pour accueillir 20.000 personnes ; quant aux palestres, elles étaient destinées aux concours de gymnastique et aux exercices athlétiques, et il y avait aussi une piscine.

  A Pompéi, des temples étaient dédiés à Jupiter, Junon, Minerve, Apollon, mais aussi à Isis, divinité originaire d'Égypte ; d'autres lieux de culte plutôt helléniques, étaient consacrés à Zeus Meilichios, qui tendait à remplacer le Jupiter Capitolin, d'inspiration romaine, sans oublier un sanctuaire en l'honneur d'Hercule/Héraclès.

  Ce tour d'horizon ne serait pas complet si nous ne citions pas les lupanars. En se promenant dans les rues et les maisons, ouvertes au public, de Pompéi, on ne peut qu'être frappé par le nombre de fresques et peintures érotiques, ainsi que par la multiplicité des maisons réservées au commerce charnel, au moins 34 établissements, sans compter les tavernes.
  Comme le font remarquer Davidenco et Kesler ( 53 ), ce qui distingue essentiellement Pompéi de Rome, c'est le grand nombre de fresques sur les murs de Pompéi, tandis qu'à Rome, il n'y a de fresques guère que dans les palais des empereurs. On peut penser que les riches propriétaires des villas de Pompéi avaient voulu faire ressembler leurs maisons aux palais impériaux, voire qu'ils avaient même voulu les surpasser.
  Il faut donc imaginer une multitude d'artistes, non seulement de talent, car les proportions des corps dessinés sont parfaites, mais employant aussi une technique élaborée ( mosaïques murales fixées sur ciment ). Toutes ces prouesses techniques, notamment les proportions parfaites des corps, font inévitablement penser à Léonard de Vinci et à la Renaissance italienne…

  Une des vocations principales de Pompéi semble avoir été… le tourisme, sans oublier les spécialités locales, les galettes de froment cuites dans les quarante pistrina ( fours et moulins ) retrouvés, associées à la production de garum, une sorte de pâte de poisson d'origine orientale, acquise par la macération de poissons bleus ( maquereaux, sardines, bonites ) et de leurs entrailles dans une saumure aromatisée… Sans oublier le travail de la laine, la production de vin, les orfèvres et bijoutiers, les commerces et les productions saisonnières souvent liées à des foires et marchés ( nombreuses boutiques ), la production de boissons chaudes et de plats cuisinés ( thermopolia ) pour les chalands de passage…

  Bref, tout cela évoque en nous des images de vacances sur la Riviera ! Un Monte-Carlo à l'époque romaine !

  Mais revenons à l'éruption du Vésuve qui mit fin à l'existence de ce petit paradis sur Terre.
  Les dépliants touristiques disent que : « Le 24 août 79 après J.-C., vers dix heures, le Vésuve se réveilla après plus de mille ans de sommeil… L'éruption allait détruire les villes de Pompéi et de Herculanum, tout près de l'actuelle Naples.
  Le phénomène volcanique fut si parfaitement décrit par Pline le Jeune que ce genre d'éruption est appelé désormais plinien par les vulcanologues. Le phénomène débute par une explosion du cratère, avec le jet du bouchon de lave durcie qui s'y était déposé. Ensuite se forme la colonne éruptive ; haute de plusieurs dizaines de kilomètres, elle a la forme d'un champignon, et est constituée de cendres, de pierres ponces et de gaz. Puis les matériaux éruptifs jaillissent du cratère. Pompéi sera ainsi bombardée par une pluie de lapilli et de fragments de roche, cela pratiquement sans interruption jusqu'au lendemain matin. Puis c'est une énorme pluie de gaz et de cendres incandescentes, appelée nuée ardente, qui s'abat sur Pompéi. C'est l'ensevelissement - et la préservation du site. Quelques jours après l'éruption, Pompéi, Herculanum et toute la région, paraissent métamorphosés : une énorme couche blanche de matériaux volcaniques recouvre les lieux sur près de 6 mètres d'épaisseur.

  Si nous savons tout cela, c'est bien entendu grâce au récit qu'en fait Pline le Jeune, alors âgé de 17 ans lors de la catastrophe, dans sa correspondance avec Tacite, qui demandait des détails sur la mort de son ami Pline l'Ancien, probablement asphyxié ou frappé par un malaise cardiaque, alors qu'il se trouvait sur une plage à proximité de l'éruption.
  Le jeune Pline, neveu et fils adoptif du premier, n'était pas aux premières lignes, mais put observer les phénomènes depuis le cap Misène, à l'extrémité nord de la Baie de Naples.

  Anatoly T. Fomenko, dans son ouvrage fondamental " Les méthodes de l'analyse statistique des textes historiques. Annexe à la chronologie ", ( vol. I, II, 1999 ) trouvent quelques éléments peu conventionnels, notamment sur les fresques. En voici l'énumération :

  • la ressemblance des objets trouvés à Pompéi avec ceux d'époques plus tardives ;
  • les mosaïques de Pompéi ressemblent étonnamment aux fresques de Raphaël ( 1483-1520 ) ou de Giulio Romano ( 1492-1546 )… autrement dit, des peintres et peintures de la Renaissance ;
  • la mosaïque « Alexandre le Grand de Macédoine » ressemble au tableau de Raphaël sur le « Combat de Constantin 1er contre Maxence » ;
  • des dessins trouvés à Pompéi représentent un bourreau médiéval, ainsi qu'un chevalier médiéval, avec casque à visière ;
  • les habitants de Pompéi se servaient de casseroles qui ressemblent beaucoup à celles d'aujourd'hui.

  Fomenko émet l'hypothèse que Pompéi était une ville médiévale de la Renaissance, et qu'elle a été détruite par une éruption du Vésuve somme toute assez récente.

  Mais, nous le disions, les auteurs antiques n'ont pratiquement rien écrit sur cette « petite » station balnéaire, sinon que son origine était osque, qu'elle fut occupée par les Samnites, puis par les Romains à l'époque de Sylla ( 89 avant J.-C. ). En fait, c'est le nom du port de Stabies qui est mentionné dans les chroniques.

  Fomenko est d'avis qu'il faut songer à une destruction de Pompéi par le Vésuve plutôt en 1538. Des peintres de l'école de Raphaël et des artisans de mosaïques ont décoré les maisons et édifices publics. A l'époque, ceux qui en avaient les moyens se reposaient dans ces villes promues au tourisme de haute classe.

  Que penser de cette hypothèse ?

  Bien sûr, le Vésuve a connu plusieurs explosions importantes au cours des deux derniers millénaires. Le récit circonstancié de Pline le Jeune ( 62-114 ) a été daté par rapport à Tacite ( 55-120 ). On connaît Pline le Jeune par ses Lettres et par le discours qu'il prononça lors de sa nomination au Consulat, le Panégyrique de Trajan, éloge de l'empereur Trajan.

  Les lettres qui sont les plus intéressantes pour nous sont celles qu'il écrivit à son ami Tacite, à propos de l'éruption du Vésuve, puis celles qu'il a adressées à Trajan sur le traitement réservé aux chrétiens.

  Ce qui est instructif, dans le cadre d'une relecture de l'Antiquité, et sur la question de l'authenticité des personnages de Pline le Jeune, Pline l'Ancien et Tacite, ce sont bien sûr ces lettres ( vol. VI ) qui racontent les circonstances de la mort de Pline l'Ancien, ainsi que les observations personnelles de Pline le Jeune qui rapporte la fuite et la terreur des habitants. Le neuvième jour avant les calendes de septembre [ soit le 24 août ], il vit « un nuage d'une grandeur et d'un aspect inhabituels ». C'était le début de l'éruption. Nous ne reviendrons pas sur les détails. Dans le texte original latin, il n'y a pas d'autre précision temporelle, à part : « Nonum kal. Septembres ».

  « Parallèlement », en 79, vivaient les empereurs Vespasien et Titus, l'un étant le père du second, dont on connaît les vies grâce à Suétone. Le premier, en dehors des latrines publiques, rentra dans l'histoire en construisant le Colisée, et son fils Titus termina victorieusement la guerre de Judée en prenant Jérusalem, et en détruisant le second Temple. Il monta sur le trône à la mort du père, Vespasien, en 79. Les deux années du règne de Titus furent, selon l'historien Suétone, ponctuées de catastrophes, comme un incendie à Rome, et l'éruption du Vésuve où périrent dans les riches cités de Pompéi et d'Herculanum, des dizaines de milliers de gens, et le naturaliste Pline l'Ancien. On dit aussi qu'une épidémie de peste frappa l'Italie.

  Encore une fois, tous ces événements tragiques peuvent être rapportés à la « grande catastrophe » du 15ème siècle, eu égard au rétrécissement conséquent du Moyen-Âge que les « récentistes » proposent.

  Ainsi, l'an « 79 après notre ère » pourrait-il être resitué, pour ce qui est de l'éruption du Vésuve, à la grande année des catastrophes, c'est-à-dire 1347. Ceci, dans le cadre des hypothèses formulées tout au long de ce livre, bien sûr !

  Quelques éléments plaident en faveur de cette façon de voir les choses  : si Pline l'Ancien, Tacite et Suétone apparaissent plutôt comme des « inventions » de la Renaissance, le témoin « Pline, dit le Jeune » semble bien réel, en tant qu'observateur de l'éruption ; tout comme la ville ensevelie elle-même et ses malheureux occupants !

  Dans la « Vie des Césars » de Suétone sur Titus, il y est tout simplement dit ( VIII, 7-10 ) : « Son règne [ à Titus ] est troublé par de grandes calamités, qui sont pour lui l'occasion de nouveaux bienfaits […], une éruption du Vésuve en Campanie, un incendie dans Rome qui dura trois jours et trois nuits, et une peste comme on n'en avait jamais vu. Dans ces déplorables circonstances, il ne se borna pas à monter la sollicitude d'un prince, consolant tour à tour les peuples par ses édits, et les secourant par ses bienfaits. Il tira au sort, parmi les consulaires, des curateurs chargés de soulager les maux de la Campanie. Il employa à la reconstruction des villes ruinées les biens de ceux qui avaient péri dans l'éruption du Vésuve sans laisser d'héritiers. Après l'incendie de Rome, il déclara qu'il prenait sur lui toutes les pertes publiques, et consacra les ornements de ses palais à rebâtir et à décorer les temples. Pour accélérer les travaux, il en chargea un grand nombre de chevaliers […]. Parmi les fléaux de l'époque, on comptait les délateurs et les suborneurs, reste impur de l'ancienne anarchie ».

  Voici qui ressemble beaucoup à un état anarchique « post-cataclysmique ». En tout cas, le style du narrateur-chronologiste, Suétone, emprunt de compassion, ressemble assez à celui d'un auteur de la Renaissance, plus qu'à celui d'un auteur latin du 1er siècle, contemporain supposé des faits.

  Qui se cache derrière « Pline », sinon un rescapé de la catastrophe et témoin direct des faits… peut-être juste en 1347 ou dans les années autour ? On peut assez logiquement supposer que l'éruption du Vésuve qui détruisit Pompéi et Herculanum se déroula à la même époque… que les grands désastres planétaires décrits dans ce livre ! Ainsi, d'un point de vue temporel, il y aurait environ 1300 « années fictives » entre la date historique supposée ( époque de l'empereur Titus ) et l'événement géologique réel de la dernière explosion meurtrière ( 54 ) du Vésuve !

  Cela paraît énorme, mais compte tenu de l'ensemble des faits que nous évoquions dans cet ouvrage, cela paraît, réflexion faite, très plausible !

 


 

Suite...  Chapitre 11

 

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