LE BULLETIN DE LA BIPEDIE INITIALEEditée par le Centre d'Etude et de Recherche sur la Bipédie Initiale :BIPEDIAA Review from the STUDY and RESEARCH CENTER for INITIAL BIPEDALISM Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter :
« Où est donc passé le Moyen-Age ? »L'invention de l'ère chrétienne par François de SARRE
Chapitre 10En quel siècle sommes-nous donc ?
Bonne question... Cela dépend bien sûr du point de départ choisi !
Si les thèses professées dans ce livre sont justes, l'ère chrétienne stricto sensu
n'a pas débuté à l'époque des empereurs romains Auguste et Tibère, mais quelque temps après.
Bien sûr, tout cela n'a guère de sens… Mais si nous redéfinissons l'année 1347 comme l'an "zéro" ( ne refaisons pas la même erreur que Denys le Petit ! ), nous pouvons dire qu'en 2006 nous nous approchons de… l'an 657 ! Oui, j'avais aussi remarqué l'autre date fatidique ( 666 ), mais gageons qu'il n'arrivera rien de bien fâcheux en… 2013 ! On peut bien sûr s'étonner d'un début du christianisme, voici à peine 7 siècles. Mais finalement rien, sinon l'habitude, ne vient réellement témoigner en faveur d'une aussi longue durée de notre ère religieuse occidentale, l'anno domini… Nous évoquions aussi que cette ère avait déjà pu servir au décompte
des années, « à partir de l'incarnation » de…Dionysos !
Nous sommes en présence d'une « trilogie », dont les éléments sont :
Reprenons ces trois points : 1) l'acteur Jésus, dont le nom se prononce Iésus ou Iésu en latin. Chez les celtes, cela correspond à Esu ( prononcé Yésou ),
chez les babyloniens à Adonis, en Égypte c'est Osiris [ tandis que l'enfant Jésus est Horus ],
et chez les germains, Baldur ou bien Odin.
C'est fort probant, et cela permet - sans entrer dans le débat religieux - de "réduire" la personne messianique à un grand maître humain, proche de nous intellectuellement, un Sauveur historiquement plausible - crédible pour les rescapés du cataclysme, voici six siècles. Esu, chez les celtes, faisait partie de la trinité druidique
( Esu, Toutatis, Belenos ), qui pouvait être adorée sous diverses appellations.
Dans ce contexte, il est intéressant de remarquer qu'en grec le mot iasis veut dire " guérison ", Jaso [ ou Iaso ] était la déesse de la guérison, l'une des filles d'Asclépios et d'Epioné. Quant à Asclépios/Esculape, dieu de la médecine, ses attributs étaient le serpent, le coq, le bâton et la coupe… ce qui nous renvoie à certaines représentations observées dans les églises romanes. D'autres éléments constituants du personnage divin de Jésus proviendraient d'une sorte de culte parallèle rendu à César ( ce sont les mêmes initiales ! ). Le philosophe - et ancien séminariste - italien Francesco Carotta a écrit tout un livre sur l'équivalence historique entre les dieux vivants, Jésus-Christ et Jules-César ( 51 ). Bien sûr, il y a également l'apport « Dionysos »,
lui aussi issu d'une conception miraculeuse, - et qui descendit aux enfers. La même chose
est rapportée pour Jésus dans le credo de Nicée ( profession de foi chrétienne ).
Dans le récit rapporté de la passion du Christ, seul l'Évangile de Jean fait allusion à une plaie sur le côté, causée par un légionnaire romain qui voulait achever le crucifié : « … et l'un des soldats, d'un coup de lance, le frappa au côté et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau… » ( Jean, 19, 34 ). En tout cas, l'incarnation de Dieu en son fils Jésus est vraiment très particulière : c'est la trouvaille par excellence du Christianisme ! Comme nous le disions, les 'scénarios' transmis des quatre Évangiles canoniques
se rapportent vraisemblablement à des jeux scéniques, joués dans les théâtres romains, puis sur les parvis
des cathédrales. L'action qui se déroulait originellement en Provence a été transplantée en Palestine,
peut-être pour y ajouter une touche orientale et mystique ?
Il existe d'ailleurs des éléments de type "catastrophique" dans les textes synoptiques. Les deux évangiles de Luc ( 23, 44-45 ) et de Marc ( 15, 33, 38 ) rapportent : « Et c'était vers la sixième heure, et une obscurité se fit sur toute la Terre, jusqu'à la neuvième heure, et le soleil perdit son éclat ; et le rideau du Temple fut déchiré par le milieu en deux ». Chez Mathieu ( 27, 45, 51-54 ), il y a en plus un tremblement de terre, et des tombes qui s'ouvrent, des morts qui apparaissent… « A partir de la sixième heure, l'obscurité se fit sur toute la Terre, jusqu'à la neuvième heure. Et voici que le voile du Sanctuaire se déchira en deux, de haut en bas ; la Terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent et de nombreux corps de saints trépassés ressuscitèrent. Ils sortirent des tombeaux après sa résurrection, entrèrent dans la Ville Sainte et se firent voir de bien des gens. Quant au centurion et aux hommes qui avec lui gardèrent Jésus, à la vue du séisme et de ce qui se passait, ils furent saisis d'une grande frayeur et dirent : Vraiment celui-ci était fils de Dieu ! ». On a essayé ( vainement ) de dater cet événement à l'aide de références astronomiques, par rapport à une éclipse totale de soleil. Mais comme cela arriva juste avant la fête de Pâques juive, qui se déroule à la pleine lune, ce n'est pas la phase lunaire appropriée, car une éclipse de soleil ne peut avoir lieu que pendant la nouvelle lune ! Si l'on pense à un contexte catastrophique, ce serait plutôt celui
de l'obscurcissement du ciel qui, pour les narrateurs, venait juste de se produire…
et qui était resté gravé dans la mémoire des gens !
Et en termes à peine voilés, les Évangiles parlent d'un autre cataclysme,
celui de la « Fin des Temps », plus violent et définitif, celui-là !
Car tout le monde croyait à une catastrophe imminente…
Chez les rescapés et les générations qui suivirent, le retour annoncé de la catastrophe
( « Fin des Temps » ) devint le ciment unitaire de la foi des chrétiens
de cette époque ( fin du 14ème siècle, début du 15ème siècle,
en chronologie traditionnelle ).
Alors que penser du personnage de Jésus-Christ ?
2) Le facteur déclencheur, nous n'y reviendrons pas, car nous en avons déjà beaucoup parlé. Représentons-nous plutôt le contexte social. Comment se comportaient les gens
sous le coup du traumatisme post-cataclysmique ?
Le délabrement de la société était général. Des bandes de brigands,
les « routiers » écumaient les routes et les campagnes. A la peur irraisonnée
des citadins et paysans confrontés à la misère répondait la débrouillardise d'individus sans foi ni scrupules.
Les valeurs morales n'étaient plus vraiment respectées dans cette société en déliquescence.
3) La puissance politico-religieuse, qui se forma au lendemain de la catastrophe planétaire du 14ème siècle, échappa elle-même au grand désastre, puis à ses conséquences immédiates, les épidémies de peste. Sans la catastrophe, le Seigneur qui régnait sur cette partie du sud de la Gaule, plus précisément sur la vallée du Rhône autour d'Avignon, ne serait pas devenu un souverain d'envergure, ni un chef religieux. L'Histoire n'a pas retenu son nom, en partie pour des raisons liées au « secret », mais aussi parce que les quelques chroniques écrites à l'époque de cet épisode provençal ne sont pas parvenues jusqu'à nous. La Papauté - qui n'est pas encore romaine - venait de naître.
Un système pyramidal parfait ( de nos jours, encore… ) s'est rapidement mis en place.
Le dogme fut vite « conçu », quant au récit des Évangiles il fut calqué sur des représentations
théâtrales en vogue. Beaucoup d'éléments du culte chrétien présentent toujours des aspects scéniques :
pastorales et crèches en Provence, passions et processions en Bavière et en Espagne.
Tout comme au cours de l'office religieux en Orient, quand le prêtre semble se retirer derrière les
décors [ l'iconostase, cloison couverte d'icônes ] d'une scène théâtrale. Une partie
de l'office se déroule en coulisses… Était-ce à l'origine pour changer de costume, comme dans le théâtre
antique quand plusieurs rôles étaient joués par le même acteur ?
Ce qui est arrivé vers l'an 1350 était très grave. La dernière grande catastrophe fut terrible pour l'humanité toute entière, d'après ce que l'on en sait. La peste a décimé un bon tiers des populations, depuis les cités de Chine jusqu'à la péninsule ibérique. Les villes de la côte nord de l'Europe ont été englouties par la mer. Les Vikings ont été forcés de quitter leurs colonies du Groenland, car l'été s'était brusquement transformé en un long hiver… En Méditerranée, les villes ont été détruites par des tremblements de terre, balayées par les raz-de-marée ou ensevelies sous des fleuves de boue. Dans l'enceinte protégée de ce qui allait devenir, au fil des ans, le Palais des Papes, le renouveau religieux commença, d'abord par une rupture d'avec la civilisation antérieure ( gallo-romaine ), mais néanmoins dans sa continuité. Ainsi, le symbole de la croix, devenue la « croix du Christ »,
fut conservé, car bien connu des populations celtes, qui l'honoraient. Cela hâta manifestement
la conversion des Gallo-Romains vers le Christianisme.
Le christianisme pouvait maintenant poursuivre son extension, et recouvrir
de sa chape les religions pré-existantes.
L'Antiquité ne se trouve séparée de la Renaissance que par… une catastrophe et ses conséquences, et non pas par une dizaine de siècles ! La liste des papes… jusqu'au 15ème siècle a été créée de toutes pièces, tout comme beaucoup de lignées monarchiques. Certains noms correspondent peut-être à d'authentiques pontifes romains de l'époque de Jules-César, ou un peu plus tard, mais pour la plupart, il y a bien fallu créer des noms et remplir un « vide chronologique ». Le procédé apparemment le plus simple a consisté à dédoubler, quintupler, multiplier… les porteurs d'un même nom. Ils apparaissent dans nos listes actuelles sous des numéros différents : Clément ( de I à VII ), Innocent ( de I à VIII ), Urbain ( de I à VII ), Benoît ( de I à XIII ), Grégoire ( de I à XIII )… jusqu'au 16ème siècle où l'on reprendra certains noms ( Grégoire XIV, Innocent IX ). Un exemple récent « pour brouiller les pistes » est celui du pape Jean XXIII qui a reprit pour la première fois ce prénom en 1958, depuis les « événements » liés à Avignon, Pise et Rome ( divers anti-papes ) ! Les historiens « récentistes » désignent unanimement le jésuite Jean Hardouin ( 1646-1729 ), comme celui qui a sciemment coopéré à la rédaction du «Grand Roman des Temps ». Avec l'aide du roi de France ( Louis XIV ), il crée son œuvre pendant une vingtaine d'années. En priorité, ce sont les textes de tous les conciles ( Acta conciliorum ), des origines supposées lointaines du christianisme… jusqu'en 1600. A la différence de bien d'autres, Jean Hardouin n'a jamais caché
« comment l'Histoire a été fabriquée ». Ainsi dans sa conception actuelle,
l'Église catholique romaine ne date-t-elle que du concile de Trente ( 1545-1563 ).
« Jean Hardouin était bien placé pour le savoir, car il avait travaillé sur tous ces textes »,
écrit Uwe Topper en 1998.
Le présent se charge désormais de rattraper le passé !
En tout cas, c'est en se posant des questions sur la réforme grégorienne et sur les dérives de la date de Pâques après les grandes catastrophes du 14ème siècle que les « récentistes » modernes ont été mis sur la voie… On comprend maintenant pourquoi le pape Grégoire XIII tenait tant à sa réforme du calendrier !
En guise d'exemple pour un amalgame :
Historiquement, on connaît plusieurs Dionysius ou Dionysos… Les façons différentes d'écrire le nom ( en français, cela deviendra Denis ) viennent du contexte historique et linguistique ( grec ou latin ).
Mais poursuivons notre revue des Dionysius :
Les vierges noires
Diffusé hors de la vallée du Nil, dans le monde gréco-romain, le culte d'Isis n'a pas été touché par l'édit de Théodose qui interdisait le paganisme à la fin du 4ème siècle [ cf. Florence Quentin : « Philae, l'île sacrée d'Isis la grande magicienne », Le Monde des Religions n° 9 : 44-46, janvier-février 2005 ]. Lorsque Isis porte l'enfant divin Horus sur ses genoux, on pense irrésistiblement aux Vierges Noires de certaines églises romanes, souvent ramenées d'Orient, et dont la légende dit qu'elles ont été des représentations d'Isis. Mais au-delà, les Vierges Noires semblent parfois appartenir à une tradition plus ancienne d'idoles à la carnation foncée, qui remontent aux sociétés matriarcales d'Afrique et d'Orient, à l'époque où le Sahara était encore une région verdoyante et fertile. On retrouve notamment la même figuration d'une déesse ( Isis ) donnant le sein à un enfant ( Horus ), en Égypte comme en Gaule, où l'on a découvert des statues de déesses de fécondité celtique, assises sur un trône simple et donnant le sein à un enfant. Sur certaines sculptures de porches d'églises romanes, comme à Moissac ou à Beaulieu, on peut même voir des femmes nues dont les seins sont dévorés par des serpents. Les Vierges Noires sont à l'image de Kali la Noire ( Inde ), d'Astarté la Syrienne, de la Sarah des Gitans, ou de Cybèle, déesse phrygienne de la Fertilité. Dans la religion chrétienne, Marie est une survivance du « paganisme », c'est en quelque sorte la fille spirituelle d'Isis. Elle n'avait pas vraiment été retenue dans les projets initiaux des Pères de l'Église, mais une religion sans femme(s) paraît difficilement concevable à long terme… Il arriva ainsi que la Vierge devint peu à peu le personnage central de la ferveur populaire dans l'Europe catholique, au point qu'un pape récent comme Jean-Paul II lui dédia même son pontificat. Au début du christianisme, les statuettes d'Isis ou de Bélisama devaient déranger, car il fallait donner des explications sur l'origine de la peau noire. Pour le père jésuite van Steen, vers le début du 17ème siècle, si les statues de la Vierge sont noires, c'est que les femmes de Palestine avaient, elles-mêmes, le teint foncé [ Sophie Cassagnes-Brouquet : « Vierges Noires », éd. du Rouergue, Rodez, 2000 ]. Cela permettait ainsi de faire d'une pierre deux coups : expliquer la couleur de la peau et « déplacer » l'attention du peuple vers la Palestine, où l'histoire de Marie était censée s'être déroulée. Mais en dehors de ces allégations, de nombreux auteurs ont toujours considéré les Vierges Noires comme les formes d'un culte antique, celtique ou gallo-romain. L'hypothèse la plus séduisante est bien sûr celle de la persistance d'une religion remontant à l'Antiquité dans certaines régions françaises, comme le Massif Central, mais également en Espagne ou en Bavière, jusqu'au Moyen-Âge, ce qui dans une perspective « récentiste » paraît d'ailleurs aller de soi. En tout cas, le culte des déesses-mères correspond, nous le disions, à une symbolique universelle. Ce n'est pas par hasard que les Romains possédaient autant de divinités féminines dans leur panthéon : Junon, Minerve, Artémis ( Diane ) ou Perséphone ( Proserpine ). Les Gaulois avaient assimilé Bélisama ( la très brillante ) à Minerve, et Epona ( divinité de la Lune ) à Artémis. Dans la Marseille antique ( Massalia ), la « bonne mère » vers laquelle convergeaient les pèlerinages, était proposée à la dévotion populaire sous les traits de la déesse Artémis, dont le culte venait d'Ephèse, dans la continuité de celui voué à Cybèle. Les Vierges Noires « blanchirent » au fur et à mesure qu'elles furent remplacées par des statuettes plus récentes, mais leur culte était néanmoins si bien enraciné qu'il perdura en beaucoup d'endroits, comme au Puy-en-Velay, à Chartres ou au Montserrat.
La chronique de Chosroes
Pour certains d'entre nous, le nom de Chosroes évoque d'abord un morceau de musique
pour violon et piano, composé par Martin Feldman en 1977 : « Spring of Chosroes ».
Quelles perspectives dans le cadre d'un réajustement de la chronologie ?
Certains épisodes de ces années troubles ont pu « resservir »
dans l'élaboration des Croisades.
La présence de Celtes et de Francs en Asie Mineure peut nous paraître étrange,
car nous sommes conditionnés par notre perception judéo-chrétienne de l'Histoire. La terre de Judée-Galilée,
ou Canaan, promise à Abraham et à sa descendance, était également soumise à loi des migrations et
du déplacement des peuples, voici une dizaine de siècles ( de temps réel, non
pas « historique » ), tout comme les autres provinces romaines
sur le pourtour méditerranéen !
Il ne pouvait donc pas y avoir eu de « heurts » entre pèlerins
chrétiens et habitants musulmans ou juifs, mais à la limite plutôt, entre les partisans des religions
pré-existantes, notamment entre les trinitaires celto-francs et les monothéistes
[ de type « oriental-iconoclaste » ].
On le voit, l'éclairage nouveau des Croisades, fait intervenir :
Les Croisades vers la Terre Sainte, si elles ont eu lieu, doivent être redatées
du 15ème siècle, c'est-à-dire au moment où un véritable « mobile »
existait : venger la profanation des lieux saints qui avaient vu se dérouler la Passion du Christ.
A quelle époque vivait effectivement Dante ?
Durante ( diminutif : Dante ), fils aîné d'Allighiero di Bellincione,
et de Bella sa femme, est né à Florence en 1265, et mort à Ravenne en 1321,
si l'on en croit l'Encyclopédie.
Ainsi, quand le poète décrit sa chute aux Enfers, juché sur le dos
du monstre volant Geryon, il écrit : « Elle ( la Bête ) s'en va en nageant
lentement, lentement ; elle tourne et descend, mais je ne m'en aperçois point si ce n'est au souffle
qui d'en bas me frappe le visage ».
Dante n'appartiendrait-il pas plutôt au 16ème siècle ?
C'est la question que s'étaient également posé les chercheurs russes Davidenco et Kessler,
dans le « Livre de Civilisation » que nous avons déjà présenté.
Prenons Francesco Pétrarque ( années de vie traditionnelles : 1304-1374 )
comme exemple. Les manuscrits de la Bibliothèque Vaticane n° 3195-3196, écrits par Pétrarque
lui-même sont justement pleins de dates. Remarquons déjà que Pétrarque se sert beaucoup des chiffres
arabes qui n'ont été véritablement utilisés en Italie qu'après le 15ème siècle…
L'Avara Babilonia ha colmo il sacco
Aspettando ragiori mi struggo e fiacco ;
Gl'idoli suoi saranno in terra sparsi,
Anime belle, e di virtute amiche,
Selon les explications habituelles, dans ce sonnet composé en 1342,
Pétrarque nomme « Sultan » le pape d'Avignon, et sous-entend Rome
par « Bagdad ». Cela semble couler de source, si la date de 1342 est exacte.
Dicemi spesso il mio fidato speglio,
Ici il s'agit évidemment du miroir en verre qui apparaît pour la première fois à la limite du 15ème et du 16ème siècle. Ce fut Léonard de Vinci ( mort en 1519 ) qui a réalisé le premier autoportrait en se servant d'un miroir en verre. Le contemporain de Pétrarque, Boccace ( années de vie traditionnelles 1313-1375 )
décrit dans le « Décaméron » une épidémie de peste en 1348.
Dante Alighieri, que Pétrarque et Boccace considéraient comme leur maître,
était né 50 ans avant eux ( années traditionnelles de vie : 1265-1321 ). Mais les grands
civilisateurs de la première moitié du 15ème siècle en Italie - le cardinal
Nicolas Cusanus ( 1401-1464 ) et Lorenzo Valla ( 1407-1457 ) ne mentionnent pas Dante…
Pour Davidenco et Kesler, la date probable de la mort de Dante est 1520. C'est Boccace qui a été le premier commentateur de la Divina comedia. Il écrit, soi-disant en 1360, que Dante appréciait Homère plus que tout autre poète, bien qu'il ne l'ait pas lu… car il ne savait pas le grec, et il n'y avait pas encore de traductions d'Homère en latin ( ! ). De telles traductions ( ou, ce qui est plus probable, les œuvres qui venaient d'être écrites par Homère ) n'allaient apparaître qu'après la date traditionnelle de la mort de Dante, pas avant la fin du 15ème siècle. Dans la Divina comedia, Dante mentionne le chapeau rouge du cardinal, mais ces chapeaux ne sont entrés en usage qu'après la date traditionnelle de sa mort ! Il fait également mention de l'Espagne et de l'Autriche dont les noms n'apparaissent, en tant que tels dans l'Histoire, qu'à la fin du 15ème siècle ! Entre les époques de Dante, Pétrarque et Shakespeare, il existe, dans l'historiographie
traditionnelle, un intervalle artificiel de 300 ans. Mais si Dante écrivait en réalité à la fin
du 15ème - ou au début du 16ème - et son élève Pétrarque,
au 16ème siècle, il n'existe alors aucune distance stylistique dans la poésie
de l'Europe occidentale. Le chef de la « Pléiade », le Français Pierre Ronsard
( 1524-1585 ), et l'Italien Torquato Tasso ( 1544-1595 ) sont considérés comme
des disciples de Pétrarque. Et dans les années 1590, les sonnets de Shakespeare avaient déjà été publiés.
Il est caractéristique que dans cette optique le seul prédécesseur de Dante lui-même, en Italie,
est Lorenzo de Medicis ( 1449-1492 ), dont la poésie était bien inférieure en qualité.
Quand plus tard, au 18ème siècle, la poésie française a fleuri, on a trouvé… tout à fait par hasard dans une abbaye bénédictine, les œuvres des trouvères du Moyen-Âge, datés du 13ème siècle. On peut citer beaucoup d'exemples du « vieillissement » délibéré des œuvres littéraires… Davidenco et Kesler concluent : « Les chefs d'œuvre de la littérature mondiale ne perdent rien à être resitués dans le temps par rapport à nous. Mais pour restituer l'histoire réelle de la Civilisation, il est indispensable de rendre les auteurs géniaux à leurs vraies époques ! ».
De quand date le suaire de Turin ?
Le Saint-Suaire, réputé avoir enveloppé le corps de Jésus après sa crucifixion,
est une pièce de lin de 4,36 m de long sur 1,10 de large, conservée dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste,
de Turin.
La médiatisation du suaire de Turin a commencé en 1898 quand furent réalisés
les premiers clichés photographiques.
On se demande alors quel faussaire du Moyen-Âge a pu fabriquer une relique aussi élaborée,
et dans quel but ? Car à cette époque, et dans les siècles qui suivirent, personne n'était réellement
en mesure de voir les détails de la silhouette… sinon sur un négatif photographique,
comme le fit bien plus tard Secondo Pia.
Résumons en quelques lignes les faits historiques. C'est en 1357 qu'apparaît le suaire,
dans le trésor de la collégiale fondée à Lirey ( Aube ) par Geoffroy de Charny,
mort quelques mois plus tôt durant la guerre de Cent ans.
Si nous nous replaçons dans le contexte historique de ce livre, c'est effectivement vers cette époque, correspondant à la seconde moitié du 14ème siècle - et à la diffusion accélérée du christianisme depuis la vallée du Rhône - que les conditions étaient les mieux réunies pour la « fabrication » d'une telle relique. On peut d'ailleurs penser qu'il y eut beaucoup de faux linceuls, celui de Lirey n'étant que l'un d'eux. En cette sombre période, marquée par les grandes épidémies de peste, d'interminables guerres, et par l'insécurité au quotidien, ce type de relique semblait tout à fait être ce que la piété populaire attendait, car les gens souffraient dans leur chair, tout comme l'homme du linceul, matérialisé sur la pièce de lin. Les polémiques autour du suaire n'ont pas vraiment cessé en 6 siècles et demi.
Souvenons-nous que l'évêque de Troyes doutait déjà de son authenticité.
Mais poursuivons notre rétrospective historique. En 1453, le suaire a été vendu
à la famille de Savoie. Il devient alors une sorte de « relique privée » dans la chapelle
du château à Chambéry. En 1532, celle-ci fut ravagée par un incendie. C'est depuis ce sinistre
que le linceul présente des traces symétriques de brûlures.
Dans le mensuel Science & Vie de juillet 2005, on décrit
la fabrication d'un « vrai-faux » linceul de Turin en disposant une pièce de lin humide disposée
sur un bas-relief.
En tout cas, pour l'historien Paul-Eric Blanrue, la recette de fabrication du suaire est à la portée d'une « ménagère de moins de 50 ans »… Prenez un bas-relief en plâtre, que vous recouvrez d'une étoffe de lin humide pour épouser les contours du visage. Tamponnez le tout avec un mélange d'oxyde ferrique et de gélatine, des produits connus des peintres médiévaux et dont la trace a été retrouvée sur le suaire. Ajoutez quelques coulures de vermillon pour figurer le sang. Laissez sécher. Déployer. Faites adorer… ( Le Monde du 23 juin 2005 ). « On ne dit pas que c'est la méthode qui a été utilisée au Moyen-Âge pour fabriquer le linceul, mais on constate que l'image ainsi laissée est en 3 dimensions et qu'elle résiste au lavage », s'empresse de préciser Paul-Eric Blanrue, lors de la démonstration devant la presse. « L'étoffe elle-même trahit son origine médiévale », indique également Jean-Théo Flamme, ancien expert de l'Institut belge de recherche scientifique pour l'industrie et l'agriculture. « Ce tissage en chevron impliquant l'usage d'un métier horizontal à quatre marches, inventé par les Chinois, n'est apparu au Moyen-Orient qu'à partir du 6ème siècle ». Dans un cadre scientifique rigoureux, de nombreuses analyses de la pièce de lin et investigations ont été faites, ces dernières décennies. En 1973, le Suisse Max Frei avait entrepris des recherches sur les pollens trouvés sur le suaire. Il aurait identifié 58 espèces de plantes, dont 44 poussant, selon lui, en Palestine. Mais des études ultérieures ont montré que l'identification de sous-espèces végétales du Moyen-Orient, était loin d'être évidente, et que les grains de pollen pouvaient très bien être italiens. En 1978, plusieurs chercheurs américains fondèrent le STURP ( Shroud of Turin Research Project ). Mais c'est en 1988 que fut effectuée l'analyse au carbone 14 tant attendue… On allait enfin pouvoir dater le suaire avec précision ! Sous la tutelle du British Museum, trois prestigieux laboratoires,
l'un appartenant au Polytechnicum de Zurich, l'autre à l'Université d'Oxford ( Grande-Bretagne ),
et le troisième à l'Université de Tucson ( Arizona, USA ), étudient simultanément la datation
d'un échantillon du linge funéraire, selon la technique du radiocarbone.
Il va sans dire que tout le monde s'attendait à une datation autour
du 1er siècle de notre ère… Or la cause fut vite entendue : le linceul était beaucoup
plus jeune. La fourchette proposée allait de 1260 à 1390 après Jésus-Christ, avec la marge d'erreur habituelle.
Le suaire de Turin n'aurait que six siècles, voire un peu moins…
On oublie généralement que, dès le départ, l'Église avait eu conscience qu'il ne s'agissait
que d'un artefact, à une époque où la fabrication de reliques - source de revenus considérable -
tenait véritablement de l'industrie…
Dernier en date, Raymond Rogers, qui fut chimiste au Laboratoire National
de Los Alamos, au Nouveau-Mexique, et ex-membre du STURP. En janvier 2005, il a publié une étude
dans la revue scientifique Thermochimica Acta, sur la comparaison du taux de vanilline,
un composé chimique présent dans la lignine des fibres de lin. Celui-ci disparaît lentement avec le temps.
Selon les calculs de Rogers, 63 % de la vanilline présente dans un vêtement du Moyen-Âge devrait
avoir disparu, mais il n'y avait plus du tout de vanilline dans un échantillon de tissu du Saint-Suaire
qu'il a personnellement analysé.
« Cette concentration chimique varie avec la température », lui répond Jacques Evin, chercheur au CNRS, qui a élaboré le protocole des datations de 1988. « Ce n'est donc absolument pas une preuve, d'autant que le suaire a survécu à plusieurs incendies ». Mais Rogers soutient aussi que les échantillons prélevés par le British Museum provenaient d'un raccommodage tardif. Ce morceau d'étoffe aurait été cousu après l'incendie de 1532. Selon Rogers, c'est ce bout de tissu qui est responsable de la datation 'erronée' du suaire par les laboratoires de Zurich, d'Oxford et de Tucson. Ce dernier point vient s'ajouter au débat contradictoire. Comme on le voit, quelques scientifiques s'obstinent à proclamer l'authenticité du suaire, malgré les résultats du radiocarbone. En fait, si on le trouve « trop jeune », ça pourrait être aussi dû à une pollution carbonée par des moisissures qui ont, en quelque sorte, « injecté » du carbone 14 supplémentaire dans les fibres, mais encore faudrait-il le prouver ! En tout cas, il est surprenant de constater que des hommes de science tiennent
l'authenticité de la relique pour acquise. C'est contraire à toute déontologie.
Pour Jacques Evin, l'Église a en tout cas bien raison de réfuter de nouvelles expérimentations : « La pièce se dégrade. Ce qui est fondamental, c'est désormais sa préservation. Il s'agit d'une œuvre d'art ». ( Le Monde du 24 juin 2005 ). Une œuvre d'art, certes. Peut-être encore plus troublante, si l'on se réfère
aux conclusions du livre « Turin Shroud. In Whose Image ? »,
par Lynn Picknett et Clive Prince ( Harpercollins, 1994 ). Ces auteurs évoquent une participation
de Léonard de Vinci à la réalisation du linceul, en utilisant une technique dite de la camera obscura.
Le principe de la camera obscura est facile à expérimenter. Qui n'a pas remarqué, dans une chambre sombre où un très fin faisceau de lumière pénétrait à travers les volets, que des images inversées faisaient leur apparition sur le mur opposé ? Les détails sont d'autant plus précis que le trou laissant passer la lumière est petit. On peut encore améliorer sensiblement le dispositif en utilisant une lentille de verre. Rien ne permet d'exclure que Léonard de Vinci ne disposait pas d'un tel matériel, un siècle avant Galilée. Certains grands tableaux ont pu être dessinés ainsi. Les images étaient inversées, mais c'était suffisant pour qu'on puisse en quelque sorte « les décalquer sur une toile ». Lynn Picknett et Clive Prince pensent que le visage du suaire est celui de Léonard lui-même, clin d'œil du peintre, à la fois à son maître d'œuvre, le Duc de Savoie, et aussi à la postérité, quand il devait penser que des millions de gens allaient adorer son portrait, et se prosterner devant lui, Leonardo da Vinci, l'anticonformiste ! Dans cette hypothèse, on peut également supposer que le suaire actuel n'est pas celui de Lirey, sans doute déjà trop dégradé à la fin du 15ème siècle, mais une nouvelle copie commanditée à Léonard par la Maison de Savoie. En fait, un négatif photographique obtenu sur toile de lin par un procédé photochimique que le peintre florentin n'allait, bien sûr, pas dévoiler… mais qui suscite l'étonnement des scientifiques, au moins depuis un siècle ! Alors, le linceul de Turin serait-il une œuvre cachée de Léonard de Vinci ? Les archéologues viennent bien plus ou moins explicitement d'admettre que la fameuse sculpture de marbre, de Lacoon et ses deux fils, attribuée traditionnellement à trois maîtres de l'école de Rhodes ( 50 av. J.-C. ), était en réalité un chef d'œuvre de… Michel-Ange !
Pompéi a-t-il été « antidaté » ?
Pour clore ce chapitre, parlons un peu de Pompéi. Tout le monde a entendu parler
de cette antique ville romaine, ensevelie sous les cendres et les projections du Vésuve, lors d'une éruption
datée de l'an 79 après Jésus-Christ.
Était-ce parce que cette ville était petite, loin de la capitale, trop peu connue ? Cela paraît vraiment surprenant quand on sait que, lors de l'éruption, Pompéi ne comptait pas moins de 25.000 résidants ! Pour les divertissements, il y avait le grand théâtre et le petit odéon ; l'amphithéâtre était conçu pour accueillir 20.000 personnes ; quant aux palestres, elles étaient destinées aux concours de gymnastique et aux exercices athlétiques, et il y avait aussi une piscine. A Pompéi, des temples étaient dédiés à Jupiter, Junon, Minerve, Apollon, mais aussi à Isis, divinité originaire d'Égypte ; d'autres lieux de culte plutôt helléniques, étaient consacrés à Zeus Meilichios, qui tendait à remplacer le Jupiter Capitolin, d'inspiration romaine, sans oublier un sanctuaire en l'honneur d'Hercule/Héraclès. Ce tour d'horizon ne serait pas complet si nous ne citions pas les lupanars.
En se promenant dans les rues et les maisons, ouvertes au public, de Pompéi, on ne peut qu'être frappé
par le nombre de fresques et peintures érotiques, ainsi que par la multiplicité des maisons réservées
au commerce charnel, au moins 34 établissements, sans compter les tavernes.
Une des vocations principales de Pompéi semble avoir été… le tourisme, sans oublier les spécialités locales, les galettes de froment cuites dans les quarante pistrina ( fours et moulins ) retrouvés, associées à la production de garum, une sorte de pâte de poisson d'origine orientale, acquise par la macération de poissons bleus ( maquereaux, sardines, bonites ) et de leurs entrailles dans une saumure aromatisée… Sans oublier le travail de la laine, la production de vin, les orfèvres et bijoutiers, les commerces et les productions saisonnières souvent liées à des foires et marchés ( nombreuses boutiques ), la production de boissons chaudes et de plats cuisinés ( thermopolia ) pour les chalands de passage… Bref, tout cela évoque en nous des images de vacances sur la Riviera ! Un Monte-Carlo à l'époque romaine ! Mais revenons à l'éruption du Vésuve qui mit fin à l'existence de ce petit paradis sur Terre.
Si nous savons tout cela, c'est bien entendu grâce au récit qu'en fait Pline le Jeune,
alors âgé de 17 ans lors de la catastrophe, dans sa correspondance avec Tacite, qui demandait
des détails sur la mort de son ami Pline l'Ancien, probablement asphyxié ou frappé par un malaise cardiaque,
alors qu'il se trouvait sur une plage à proximité de l'éruption.
Anatoly T. Fomenko, dans son ouvrage fondamental " Les méthodes de l'analyse statistique des textes historiques. Annexe à la chronologie ", ( vol. I, II, 1999 ) trouvent quelques éléments peu conventionnels, notamment sur les fresques. En voici l'énumération :
Fomenko émet l'hypothèse que Pompéi était une ville médiévale de la Renaissance, et qu'elle a été détruite par une éruption du Vésuve somme toute assez récente. Mais, nous le disions, les auteurs antiques n'ont pratiquement rien écrit sur cette « petite » station balnéaire, sinon que son origine était osque, qu'elle fut occupée par les Samnites, puis par les Romains à l'époque de Sylla ( 89 avant J.-C. ). En fait, c'est le nom du port de Stabies qui est mentionné dans les chroniques. Fomenko est d'avis qu'il faut songer à une destruction de Pompéi par le Vésuve plutôt en 1538. Des peintres de l'école de Raphaël et des artisans de mosaïques ont décoré les maisons et édifices publics. A l'époque, ceux qui en avaient les moyens se reposaient dans ces villes promues au tourisme de haute classe. Que penser de cette hypothèse ? Bien sûr, le Vésuve a connu plusieurs explosions importantes au cours des deux derniers millénaires. Le récit circonstancié de Pline le Jeune ( 62-114 ) a été daté par rapport à Tacite ( 55-120 ). On connaît Pline le Jeune par ses Lettres et par le discours qu'il prononça lors de sa nomination au Consulat, le Panégyrique de Trajan, éloge de l'empereur Trajan. Les lettres qui sont les plus intéressantes pour nous sont celles qu'il écrivit à son ami Tacite, à propos de l'éruption du Vésuve, puis celles qu'il a adressées à Trajan sur le traitement réservé aux chrétiens. Ce qui est instructif, dans le cadre d'une relecture de l'Antiquité, et sur la question de l'authenticité des personnages de Pline le Jeune, Pline l'Ancien et Tacite, ce sont bien sûr ces lettres ( vol. VI ) qui racontent les circonstances de la mort de Pline l'Ancien, ainsi que les observations personnelles de Pline le Jeune qui rapporte la fuite et la terreur des habitants. Le neuvième jour avant les calendes de septembre [ soit le 24 août ], il vit « un nuage d'une grandeur et d'un aspect inhabituels ». C'était le début de l'éruption. Nous ne reviendrons pas sur les détails. Dans le texte original latin, il n'y a pas d'autre précision temporelle, à part : « Nonum kal. Septembres ». « Parallèlement », en 79, vivaient les empereurs Vespasien et Titus, l'un étant le père du second, dont on connaît les vies grâce à Suétone. Le premier, en dehors des latrines publiques, rentra dans l'histoire en construisant le Colisée, et son fils Titus termina victorieusement la guerre de Judée en prenant Jérusalem, et en détruisant le second Temple. Il monta sur le trône à la mort du père, Vespasien, en 79. Les deux années du règne de Titus furent, selon l'historien Suétone, ponctuées de catastrophes, comme un incendie à Rome, et l'éruption du Vésuve où périrent dans les riches cités de Pompéi et d'Herculanum, des dizaines de milliers de gens, et le naturaliste Pline l'Ancien. On dit aussi qu'une épidémie de peste frappa l'Italie. Encore une fois, tous ces événements tragiques peuvent être rapportés à la « grande catastrophe » du 15ème siècle, eu égard au rétrécissement conséquent du Moyen-Âge que les « récentistes » proposent. Ainsi, l'an « 79 après notre ère » pourrait-il être resitué, pour ce qui est de l'éruption du Vésuve, à la grande année des catastrophes, c'est-à-dire 1347. Ceci, dans le cadre des hypothèses formulées tout au long de ce livre, bien sûr ! Quelques éléments plaident en faveur de cette façon de voir les choses : si Pline l'Ancien, Tacite et Suétone apparaissent plutôt comme des « inventions » de la Renaissance, le témoin « Pline, dit le Jeune » semble bien réel, en tant qu'observateur de l'éruption ; tout comme la ville ensevelie elle-même et ses malheureux occupants ! Dans la « Vie des Césars » de Suétone sur Titus, il y est tout simplement dit ( VIII, 7-10 ) : « Son règne [ à Titus ] est troublé par de grandes calamités, qui sont pour lui l'occasion de nouveaux bienfaits […], une éruption du Vésuve en Campanie, un incendie dans Rome qui dura trois jours et trois nuits, et une peste comme on n'en avait jamais vu. Dans ces déplorables circonstances, il ne se borna pas à monter la sollicitude d'un prince, consolant tour à tour les peuples par ses édits, et les secourant par ses bienfaits. Il tira au sort, parmi les consulaires, des curateurs chargés de soulager les maux de la Campanie. Il employa à la reconstruction des villes ruinées les biens de ceux qui avaient péri dans l'éruption du Vésuve sans laisser d'héritiers. Après l'incendie de Rome, il déclara qu'il prenait sur lui toutes les pertes publiques, et consacra les ornements de ses palais à rebâtir et à décorer les temples. Pour accélérer les travaux, il en chargea un grand nombre de chevaliers […]. Parmi les fléaux de l'époque, on comptait les délateurs et les suborneurs, reste impur de l'ancienne anarchie ». Voici qui ressemble beaucoup à un état anarchique « post-cataclysmique ». En tout cas, le style du narrateur-chronologiste, Suétone, emprunt de compassion, ressemble assez à celui d'un auteur de la Renaissance, plus qu'à celui d'un auteur latin du 1er siècle, contemporain supposé des faits. Qui se cache derrière « Pline », sinon un rescapé de la catastrophe et témoin direct des faits… peut-être juste en 1347 ou dans les années autour ? On peut assez logiquement supposer que l'éruption du Vésuve qui détruisit Pompéi et Herculanum se déroula à la même époque… que les grands désastres planétaires décrits dans ce livre ! Ainsi, d'un point de vue temporel, il y aurait environ 1300 « années fictives » entre la date historique supposée ( époque de l'empereur Titus ) et l'événement géologique réel de la dernière explosion meurtrière ( 54 ) du Vésuve ! Cela paraît énorme, mais compte tenu de l'ensemble des faits que nous évoquions dans cet ouvrage, cela paraît, réflexion faite, très plausible !
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