LE BULLETIN DE LA BIPEDIE INITIALE

Editée par le Centre d'Etude et de Recherche sur la Bipédie Initiale :

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« Où est donc passé le Moyen-Age ? »

L'invention de l'ère chrétienne

par  François de SARRE

 

 

TABLE DES MATIERES :

Introduction

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11

Les bizarreries du calendrier
Fomenko et les "récentistes"
Les cieux nous sont tombés sur la tête
Quelques problème de dates
Les "siècles fantômes" du Moyen-Age
Charlemagne : un héros de légende
Le Christianisme est-il né en Avignon ?
L'histoire des trois églises
Qui a bien pu avancer l'heure ?
En quel siècle sommes-nous donc ?
Essai de reconstruction historique

Epilogue

Littérature et notes
Glossaire

Bibliographie générale
Dates importantes en anno domini

 

 


 

Chapitre 3

Les cieux nous sont tombés sur la tête

 

  Tout le monde a lu les épisodes d'Astérix le Gaulois. La seule chose que nos ancêtres craignaient, à ce qu'il paraît, était que le ciel ne leur tombât sur la tête... Selon l'historiette, ce sont des Gaulois à la cour d'Alexandre le Grand qui sont à l'origine de cette petite phrase. A la question : « Que craigniez-vous par-dessus tout ? », ils auraient dû répondre bien poliment : " Alexandre le Grand ! "… Par manque de tact - ou par boutade - ils ont surpris les Macédoniens, qui ont cru comprendre que les Gaulois n'avaient peur de rien, pas même du grand Alexandre !

  Hormis peut-être que le ciel ne leur tombât vraiment dessus… C'est en tout cas l'expérience qu'ont dû vivre les populations celtes, du sud de la Bavière, voici 2000 ans à peine [ en chronologie habituelle ].

  Des chercheurs de l'Université de Würzburg, le professeur Kord Ernstson en tête, ont pu établir que, sur le site du Chiemgau non loin de la frontière autrichienne, se trouvaient près de 80 cratères d'impacts. Le plus grand d'entre eux, qui forme le lac du Tüttensee, a environ 370 m de diamètre, et il a pu en mesurer le double juste après le cataclysme, en l'occurrence la chute de débris célestes !
  Dans une étude publiée le 14 octobre 2004 dans la revue Astronomy, l'équipe de géologues et d'astrophysiciens estimait qu'une comète avait explosé en altitude au dessus de la Bavière : les fragments arrivés qui étaient arrivés au sol y avaient creusé tous ces cratères ( 19 ). On y rencontre des minéraux inconnus ( Fe3Si ; Fe5Si3 ) dans cette région ; en tout état de cause, ces composés de fer et de silicium ont certainement subi de très fortes chaleurs ( on les retrouve à l'intérieur de météorites ! ).

  Ces contrées du sud de l'Allemagne actuelle étaient donc habitées par des Celtes en période historique. Les études effectuées sur les objets manufacturés, retrouvés à proximité des minéraux d'impact, suggèrent une date conventionnelle comprise entre 480 et 30 ans avant J.-C., ce qui, en valeurs " corrigées ", pourrait indiquer un âge sensiblement plus jeune !
  D'autant que le plus vieil arbre retrouvé dans la zone autour du Tüttensee n'a qu'à peine 500 ans.

  Une autre histoire de comète apparaît au 5ème ou 6ème Siècle de notre ère, mais finalement les deux événements ont pu être confondus…
  Et dans une perspective « récentiste », la date de l'impact qui s'impose devrait être d'environ 700 BP, soit sept siècles avant notre présent !

  Mais n'anticipons pas, voyons d'abord les faits.
  Mike Baillie, un historien irlandais de la Queen's University à Belfast, spécialiste en dendrochronologie [ c'est l'étude des anneaux de croissance sur les arbres ] a suggéré une catastrophe cosmique entre 536 et 545 anno domini ( 20 ). C'est l'époque du légendaire roi Arthur ( ou Artus ), lequel anima la résistance des Celtes face aux conquérants anglo-saxons. Ses aventures ont donné naissance aux romans courtois du Cycle d'Arthur, appelé aussi Cycle breton ou Cycle de la Table Ronde.

  Personnage de fiction ?
  En tout cas, le roi Arthur est représenté en habits du Moyen-Âge dans la Hofkirche d'Innsbruck ( Autriche ) en compagnie de personnages réputés historiques comme Clovis, roi des Francs, ou Théodoric, roi des Ostrogoths ( 454-526, en chronologie traditionnelle ).

  En ce 6ème Siècle, qui fut celui de la Grande Peste, dite de Justinien, les effets des pandémies furent désastreux sur une population déjà très affaiblie par les bouleversements climatiques, et la famine consécutive aux mauvaises récoltes.

  L'étroitesse des cernes sur les troncs de chênes irlandais représentatifs de cette époque montre un net ralentissement de la croissance du bois, imputable à un environnement très défavorable. Les chroniques contemporaines font état de longues années de famine, et d'un soleil voilé durant cette période.
  Le chroniqueur Roger de Wendover ( Flores Historium - 1230 ) fait même allusion à l'apparition d'une comète en Gaule, vers 540 ou 541 : " Tout le ciel était en flammes, du sang coulait des nuages… et beaucoup de gens périrent ".
  Comme un leitmotiv, ces récits de comètes, considérés comme des astres « malfaisants », reviennent dans les chroniques de l'an Mil ( Ademas de Chabannes, Raoul Glaber ), sans doute pour entretenir des « peurs » avant l'entrée dans le nouveau millénaire… Mais les textes des 10ème et 11ème siècles sur lesquels le débat peut s'appuyer ( 'signes' dans le Ciel, discours apocalyptiques… ) montrent la rareté effective des sources.

  Question comète, on se souviendra aussi de celle qui est illustrée sur la tapisserie de Bayeux, laquelle fut un mauvais présage non pas pour Guillaume le Conquérant, mais pour Harold II et les Saxons !

  En tout cas, dans la revue suisse Variations herméneutiques19, 2003 ), Jean-Daniel Morerod, professeur d'histoire à la Faculté des Lettres de Neuchâtel, constate que « l'historiographie des peurs de l'an Mil est un bon révélateur des rapports que les historiens entretiennent avec le religieux » puisque ces peurs s'appuient sur un verset de l'Apocalypse ( Ap. 20,7 ) : « Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison ».
  Pour Jean-Daniel Morerod, ce n'est guère qu'au milieu du 19ème Siècle que les "peurs de l'an Mil" ont gagné leur caractère de « panique universelle », avec la contribution malheureuse du très laïque Jules Michelet ( 1798-1874 ), auteur d'une monumentale Histoire de France.
  Chronologiquement, tout s'accorde bien avec une rédaction tardive du texte de l'Apocalypse ! La date évoquée par Anatolij Fomenko, 1486, pourrait s'avérer juste…

  Pour en revenir au 6ème siècle, la chute - ou le passage rapproché - d'un bolide céleste peuvent-ils véritablement être à l'origine d'une série de catastrophes si "désastreuses" ( au sens étymologique du terme ) que l'Occident en fut pratiquement anéanti ?
  Sans doute.
  On peut même penser qu'il y eut d'autres épisodes cataclysmiques, au cours des millénaires précédents !

  Dans un petit livret de 126 pages paru en 1999 ( 21 ), j'ai moi-même esquissé, dans le cadre d'une étude de Zoologie comparative, l'histoire des migrations d'animaux ( terrestres et dulçaquicoles ) entre le Maroc et l'Espagne actuels, alors que le détroit de Gibraltar n'était pas ouvert. Mais sans doute la Méditerranée était-elle reliée à l'Atlantique en ce temps-là par d'autres passages…
  De cette étude se dégageaient plusieurs éléments intéressants. D'une part, les chaînes du Rif ( Maroc ) et de la Sierra Nevada ( Espagne ) formaient, il n'y a pas si longtemps, un ensemble montagneux continu.
  D'autre part, l'ouverture du détroit de Gibraltar avait dû se faire à une époque relativement récente, et probablement en deux temps. En effet, la Méditerranée a d'abord connu une période d'assèchement, puis elle s'est remplie au cours d'un événement brutal, cataclysmique, par un déferlement d'eau très froide en provenance de l'Arctique, comme en témoignent les fossiles sub-récents de poissons ( Capelan ) et de coquillages ( Cyprina islandica ). Ce raz-de-marée géant, qui traversa la France, du nord au sud, a pu être causé par l'impact en mer d'une comète ( ou d'un morceau de comète ) à proximité de l'Islande. Consécutivement au même événement, une « brèche » serait apparue dans l'arc montagneux reliant le Maroc à l'Espagne.

  En tout cas, l'impression majeure qui ressortait de cette étude était que les événements n'étaient pas très vieux… Même si une majorité de géologues les situaient au Pléistocène, je penchais plutôt pour 3.000 BP ( Before Present, ou avant le présent ).
  Cela fait 3.000 ans, en comptant à rebours à partir de notre présent. Ce sont des années solaires, 3000 au total, qui se sont écoulées indépendamment des chronologies historiques ( réelles ou imaginées ).

  Ne confondons pas ! Ce n'est pas la même chose que de dire « 1000 avant J.-C. »… Car là, il s'agit d'estimations d'historiens, l'an « zéro » ( ou « un » ) servant de charnière entre l'ère Chrétienne et l'époque antérieure. En fait, « 1000 avant J.-C. » correspondrait plutôt à 1500 BP, et non pas à 3000 ans !
  On passe ainsi du simple au double…

  En tout cas [ voir tableau ], cette date pourrait être celle du mythique "Déluge", ou plus prosaïquement de l'événement géologique marquant la fin des grandes glaciations ( que l'on estime habituellement autour de 12.000 ans ).

  Puis deux autres passages de comètes, beaucoup moins dévastateurs, ont, semble-t-il, marqué l'hémisphère boréal. La dernière comète en date, voici 700 ans environ, pourrait être celle qui a précipité la fin de l'Empire romain, initiant du même coup… notre époque !

  Voici une reproduction du tableau que je proposais dès 1999. Je mettais alors en relation les principaux événements géologiques et historiques depuis le début du Tertiaire. Les dates sont indiquées en années BP ( avant le présent, c'est-à-dire l'année 1950 par convention internationale ). Bien sûr, la reconstruction d'une telle chronologie alternative n'a qu'un statut d'hypothèse !

 

Dates en
années BP :

Before Present
Événements
Vers 10.000 Début du Tertiaire, formation des chaînes de montagnes jeunes ; développement d'une grande civilisation technologique à la surface de la Terre.
Vers 5.000 Impact d'astéroïde, début du Quaternaire et série de glaciations dans l'hémisphère Nord ; Paléolithique des préhistoriens : "Cro-Magnon" et cultures préhistoriques ( Solutréen, Magdalénien ) ; la Méditerranée est pratiquement asséchée ; navigation et commerce florissants de part et d'autre de l'Atlantique Nord, ainsi que dans les mers australes.
Vers 3.000 Impact de comète dans l'Atlantique Nord ; Déluge "de Noé" [ et autres inondations ] ; régression culturelle de l'homme sur le pourtour méditerranéen : Néolithique des préhistoriens ; développement de la civilisation atlanto-européenne des Mégalithes ; échanges commerciaux maritimes et terrestres à l'échelle planétaire, cartographie du globe.
Vers 1.500 Passage rapproché de comète ; destruction de la civilisation atlanto-européenne ; ouverture définitive du détroit de Gibraltar ; nombreuses inondations et transgressions marines ; développement de la civilisation égyptienne ; migration des "peuples de la mer" ; puis mise en place progressive de l'Empire romain.
Vers 700 Passage rapproché de comète ; grandes inondations qui mirent fin à l'Empire romain ; grande peste et épidémies consécutives ; instauration de la papauté en Avignon, puis à Rome ; les lieux de culte antiques sont récupérés par la religion chrétienne en expansion constante.

 

  En 1999, je connaissais les idées d'Heribert Illig et d'Uwe Topper, avec lesquels j'étais en contact épistolaire. Topper avait élaboré une chronologie assez similaire, alors qu'Illig restait plus "classique" dans ses projections. De façon intéressante, des éléments nouveaux sont venus par la suite renforcer mes réflexions.

  Ainsi l'auteur allemand Peter Brüchmann pense que voici 12.000 ans environ, une catastrophe mondiale s'est produite qui a façonné l'actuel visage de la Terre. Ancien ingénieur de vol dans la Lufthansa, Brüchmann a consigné ses expériences dans un livre paru en 2003, " Warum die Dinosaurier starben " [ = Pourquoi les dinosaures sont morts ]. Son impression personnelle est que les chaînes de montagne sont récentes… Elles paraissent avoir subi l'action de formidables masses d'eau venues du ciel, qui en auraient sculpté les contours. D'après Brüchmann, une baisse brutale de la pression atmosphérique ( suite à une catastrophe planétaire ) provoqua l'absorption de l'eau océanique par l'atmosphère. Le refroidissement qui s'ensuivit occasionna des pluies diluviennes… se déversant à flots sur des montagnes qui venaient tout juste d'être formées !

  Pour beaucoup de lecteurs, cela rappellera les écrits d'Immanuel Velikovsky ( 22 ), pour qui le déluge était comme des fleuves tombés du ciel. A travers l'étude des peuples anciens, Velikovsky avait noté les analogies mondiales entre les changements climatiques, et le devenir des civilisations.

  En tout cas, le livre de Brüchmann donne une explication élégante à la formation des grains de sable des déserts actuels. Lors d'explosions, des électrons libres projetés dans l'atmosphère sont "capturés" par les atomes d'azote ( 78,09 % de l'air ), puis imbriqués à ces mêmes atomes pour former du silicium. Et enfin l'oxygène ( 20,95 % ) interagissait à son tour pour former du dioxyde de silicium, donc du sable

  Dans une perspective historique plus récente, en février 2004, l'hypothèse de la comète nordique a été évoquée en février 2004 par une équipe de chercheurs de l'Université de Cardiff ( Pays de Galle ). Ceux-ci situent l'événement vers le 6ème Siècle, au début du Moyen-Âge ( dans le respect de la chronologie traditionnelle ). Emma Rigby et Mel Symonds vont jusqu'à comparer l'événement, à l'échelle planétaire terrestre, avec ce qui a été observé dans les stations astronomiques du monde entier en 1995, à l'échelle cosmique interplanétaire : l'impact sur Jupiter de la comète Shoemaker-Levy !
  Autant dire que cela a dû faire du grabuge…

  Comme dans le scénario catastrophique de l'hiver nucléaire, des années très froides ont été la règle à l'époque historique qui correspond au 6ème Siècle.
  Pourquoi ce décalage ? La méthode des cernes d'arbres utilisée par les chercheurs de Cardiff a été pratiquée sur des troncs issus de tourbières, datés au carbone 14 dont on connaît les insuffisances ( et la dépendance vis-à-vis des variations de proportion des isotopes de carbone dans l'atmosphère ) !

  En fait, il semble y avoir eu deux évènements catastrophiques assez récents, dans l'hémisphère Nord, l'un il y a 1500 ans, et l'autre, plus proche de nous, voici 7 siècles.

  Il ne peut pas s'agir d'éruptions de volcans, car les cendres projetées dans l'atmosphère auraient laissé des traces dans la glace groenlandaise, ce qui n'est pas le cas, comme l'indique Baillie. On connaît l'explosion du volcan indonésien Tambora, en 1815, qui avait conduit à une "année sans été", et provoqua d'importantes famines.

  Se référant aux écrits de l'universitaire amérindien Vine Deloria sur les traditions orales des Indiens, l'historien et philosophe des sciences Horst Friedrich pose la question d'une catastrophe d'ampleur planétaire, à l'aube de la Renaissance ( 23 ), tout comme Uwe Topper dans son livre Fälschungen der Geschichte ( 2001 ).

  Peut-être s'agit-il après tout de la même comète qui a explosé en altitude, projetant des débris au sol, en Bavière et dans les eaux de la mer du Nord, puis provoquant un net refroidissement du climat, et de néfastes conséquences sur les populations européennes et nord-américaines.

  Tout semble très bien se recouper.
  Mike Baillie parle d'un ralentissement de la croissance des chênes en Irlande ( et ailleurs dans le monde ), d'inondations, de conditions climatiques extrêmes. Les chroniques historiques font allusion à temps qui se rafraîchit, à un soleil voilé, constamment dans les brumes, synonyme de mauvaises récoltes, de famines et d'épidémies.
  La comète dont on a récemment étudié les impacts en Bavière, a très certainement explosé dans la haute atmosphère. C'est elle qui a « induit » la période de troubles et d'exactions qui a précipité la fin de l'Empire romain d'Occident.
  Et c'est à cette comète que nous devons le "hiatus" de l'Histoire qui, dans la trame de notre calendrier, correspond à l'intervalle qui va du 5ème ou 6ème siècle jusqu'au 14ème ou 15ème siècle : soit près de 1000 ans !

  Autre conséquence de ce réajustement : nous ne serions guère qu'à 700 ans de l'Empire romain !
  Eh oui, il suffit de compter à rebours…
  Si la date approximative de 1350 anno domini est bonne pour la dernière grande catastrophe cosmique, cela nous met effectivement à 700 ans, voire un peu moins, de la fin de l'Empire romain, quod erat demonstrandum [ "ce qu'il fallait démontrer" ] en latin.

  Concernant les épisodes de peste, on peut penser à une « équivalence » entre la Grande Peste, dite de Justinien ( 6ème siècle ), et la Peste Noire, qui, dans la chronologie traditionnelle, n'aurait sévi que neuf siècles plus tard, ravageant l'Europe et provoquant la mort de dizaines de millions de personnes, soit près de la moitié de la population en Occident !

  Les deux événements ne font-ils qu'un ?
  En tout cas, l'écrivain florentin du 14ème siècle, Giovanni Boccacio ( ou Boccace ), auteur du « Décaméron », dépeint la fuite réaliste de jeunes gens devant l'épidémie de peste qui s'abat sur l'Italie. A-t-il décrit des faits historiques dont il avait été le témoin ? S'agit-il de la Grande Peste, qui scella la fin de l'Empire romain d'Occident ?

 

Impact ou passage rapproché de comète ?

 

  Ce n'est que depuis quelques dizaines d'années que l'on (re)considère sérieusement les phénomènes extraterrestres… Chutes et impacts de comètes ou grosses météorites sont statistiquement très probables. Les protagonistes de ce jeu cruel sont là, dans le système solaire, quelque part au-dessus de nos têtes. Les scientifiques ont mis un certain temps à s'y intéresser, mais un pas décisif fut fait quand les Alvarez père et fils évoquèrent en 1980 dans un numéro de Science l'extinction massive du Crétacé-Tertiaire, celle qui fut à l'origine de la disparition des dinosaures, en rapport avec la chute d'une très grosse météorite.

  Des milliers d'astéroïdes occupent une large bande d'espace dans le système solaire, entre les orbites de Mars et de Jupiter. Les comètes, quant à elles, forment le "nuage d'Oort" qui enveloppe tout le système solaire, ainsi que la ceinture de Kuiper, plus proche de nous. Tous ces corps sont des résidus de la formation du système solaire. De faibles perturbations gravitationnelles peuvent les engager sur une trajectoire en direction des planètes internes, dont la Terre. Les grandes météorites que nous observons sont des débris issus de la ceinture d'astéroïdes. Leurs orbites peuvent croiser la nôtre. Les bolides les plus grands peuvent arriver au sol avec des vitesses de l'ordre de 10 km/sec, autant dire que nous ne les entendrions même pas arriver… Dans le cas de comètes, la vitesse de collision pourrait être même beaucoup plus grande.
  La menace est réelle ( 24 ).

  A l'heure actuelle, près de 2000 objets seraient potentiellement dangereux. On les nomme "géocroiseurs", car ils croisent l'orbite de la Terre. C'est ainsi qu'on apprend de temps en temps dans les journaux qu'un gros caillou nous a frôlé de près… A ces astéroïdes, il faut ajouter les comètes de taille comparable, qui viennent nous rendre visite régulièrement, ou celles qui n'ont pas encore quitté les faubourgs du système solaire, mais qui s'apprêtent peut-être à passer non loin de nous !
  On estime qu'aujourd'hui on pense ne connaître guère que 10 % de ces géocroiseurs.

  Selon les statistiques établies par les astronomes, un corps céleste mesurant entre 10 et 100 m de diamètre tombe en moyenne tous les 1000 ans, provoquant soit un gigantesque raz-de-marée, soit la destruction d'une région, selon que l'impact se produise en mer ou sur terre.
  Un bolide de près d'un km de long tomberait tous les 5000 à 300.000 ans, provoquant des millions de morts, au terme d'un long hiver nucléaire… Jusqu'au super-bolide de plus de 5 km qui détruirait toute l'humanité ! Mieux vaut ne pas trop y penser… D'autant que les chiffres cités plus haut sont vraisemblablement très en dessous de la réalité…

  Tout récemment, les astronomes viennent de classer au deuxième rang ( sur une échelle de dix ) les probabilités d'impact de « 2004 MN4 », un astéroïde de 400 m de long, attendu le 13 avril 2029 prochain !
  « La probabilité est faible », confie Donald Yeomans, scientifique du Jet Propulsion Laboratory de la NASA, car il est vrai que l'orbite de ce corps céleste n'a pas encore été parfaitement calculée. Mais aucun astéroïde ou comète n'avait jusqu'à présent dépassé le degré un ( d'alarme ).

  Même le bien connu astéroïde Toutatis, d'environ 4,6 km de long, n'est passé le 29 septembre 2004 qu'à 1,64 millions de kilomètres, soit à quatre fois la distance de la Terre à la Lune. Il ne s'était pas autant approché de la Terre depuis 1353, et ne recommencera pas avant 2562… Sauf s'il change de trajectoire.
  Comme tous les quatre ans, Toutatis se rapproche de la Terre… A quand le grand impact ?
  En gros, il parcourt une révolution autour du Soleil quand notre planète en fait quatre… C'est pourquoi l'astéroïde se rapproche de la Terre tous les quatre ans. En plus, il navigue dans le plan de l'écliptique, le même que celui des planètes, ce qui le rend particulièrement dangereux.
  Si Toutatis entrait en collision avec la Terre, la puissance de destruction serait équivalente à l'explosion de plusieurs dizaines de milliers de têtes nucléaires. D'immenses nuages de poussières seraient soulevés, replongeant la Terre dans une longue période glaciaire !

  La NASA, consciente du risque des « géocroiseurs » ou NEO ( Near-Earth Objects ) doit mettre en place un programme d'observation permettant d'identifier, d'ici à la fin de 2008, 90 % du millier d'astéroïdes de plus d'un kilomètre de diamètre qui pourraient affecter gravement le climat terrestre en cas de collision.

  On remarquera qu'il en restera 10 %, les plus dangereux car ils peuvent venir « de la direction du Soleil » sans être remarqués, sinon quand ils seront tout près. Et n'oublions pas les comètes !

  D'un point de vue empirique, notre peur ancestrale des comètes repose sur leur apparition imprévue, et sur leur aspect insolite dans le ciel étoilé… En revanche, les astéroïdes sont toujours invisibles à l'œil nu.
  La vitesse plus élevée des comètes les rend potentiellement plus dangereuses que les astéroïdes, même si leur masse est composée à 80 % de… glace d'eau.

  Le cas d'impact le plus célèbre eut lieu en 1908 à Tunguska, en Sibérie. Un bolide explosa à environ 5 km d'altitude, libéra une énergie équivalente à 12 mégatonnes de TNT, et rasa la forêt sur plus de 30 km à la ronde. On a d'abord parlé de comète, mais des études récentes sont plutôt en faveur d'une grande météorite pierreuse, ou chondrite, de quelque 30 mètres de diamètre. Le bolide se serait disloqué en d'innombrables petits fragments, après le choc de la pénétration dans la basse atmosphère.

  En fin de compte, une chose est sûre, c'est que le 20ème siècle a déjà eu " sa " catastrophe cosmique ( en 1908 ) ; statistiquement parlant, nous pouvons donc être relativement tranquilles ! Au moins jusqu'en 2029…

  Ce qu'on trouvera intéressant dans le contexte de ce livre, c'est que les chutes ou explosions en altitude d'astéroïdes et comètes servent d'amorce à un enchaînement d'autres causes de déséquilibre et de déstabilisation des sociétés humaines.

  Comètes et astéroïdes sont des générateurs de " chaos " !

  Immanuel Vélikovsky, l'un des pionniers de la remise en cause de la Chronologie historique, avait donné sa petite touche psychiatrique en indiquant dans " Worlds in Collision " que de telles super-catastrophes, résultant de l'impact ou du passage rapproché d'une comète ( Vénus, disait-il ), pouvaient avoir laissé dans l'inconscient collectif de l'Humanité un traumatisme tellement puissant, qu'il expliquerait à lui seul la façon irrationnelle qu'ont les humains de perpétrer des génocides, ou de s'adonner à la violence aveugle et irréfléchie. Velikovsky préconisait également de " guérir " l'humanité en misant sur l'effet psychothérapeutique provoqué par la réflexion, et par la connaissance des cataclysmes passés.

  Je ne sais pas si cela peut vraiment marcher. En tout état de cause, le présent livre constituera, je l'espère, une étape de plus sur le chemin de la " guérison " de notre Humanité, dans sa prise de conscience de la réalité des phénomènes cataclysmiques « naturels » en Histoire.
  Si c'est perçu comme tel, cela ne peut qu'aider l'Homme à faire son auto-analyse !

  Mais il ne faudrait pas non plus que la peur " millénariste " d'un épisode catastrophique ne vienne gangrener l'esprit humain - et faire ainsi le lit des sectes. Le remède pourrait être pire que le mal !
  En tout cas, l'historien et philosophe des sciences Horst Friedrich a publié un petit livre très édifiant sur le sujet ( 25 ), nous l'évoquions dans le précédent chapitre.

 


 

Suite...  Chapitre 4

 

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