LE BULLETIN DE LA BIPEDIE INITIALEEditée par le Centre d'Etude et de Recherche sur la Bipédie Initiale :BIPEDIAA Review from the STUDY and RESEARCH CENTER for INITIAL BIPEDALISM Pour tout renseignement complémentaire, vous pouvez contacter :
« Où est donc passé le Moyen-Age ? »L'invention de l'ère chrétienne par François de SARRE
Chapitre 3Les cieux nous sont tombés sur la tête
Tout le monde a lu les épisodes d'Astérix le Gaulois. La seule chose que nos ancêtres craignaient, à ce qu'il paraît, était que le ciel ne leur tombât sur la tête... Selon l'historiette, ce sont des Gaulois à la cour d'Alexandre le Grand qui sont à l'origine de cette petite phrase. A la question : « Que craigniez-vous par-dessus tout ? », ils auraient dû répondre bien poliment : " Alexandre le Grand ! "… Par manque de tact - ou par boutade - ils ont surpris les Macédoniens, qui ont cru comprendre que les Gaulois n'avaient peur de rien, pas même du grand Alexandre ! Hormis peut-être que le ciel ne leur tombât vraiment dessus… C'est en tout cas l'expérience qu'ont dû vivre les populations celtes, du sud de la Bavière, voici 2000 ans à peine [ en chronologie habituelle ]. Des chercheurs de l'Université de Würzburg, le professeur Kord Ernstson en tête,
ont pu établir que, sur le site du Chiemgau non loin de la frontière autrichienne, se trouvaient près de 80
cratères d'impacts. Le plus grand d'entre eux, qui forme le lac du Tüttensee, a environ 370 m
de diamètre, et il a pu en mesurer le double juste après le cataclysme, en l'occurrence la chute
de débris célestes !
Ces contrées du sud de l'Allemagne actuelle étaient donc habitées par des Celtes
en période historique. Les études effectuées sur les objets manufacturés, retrouvés à proximité des minéraux
d'impact, suggèrent une date conventionnelle comprise entre 480 et 30 ans avant J.-C.,
ce qui, en valeurs " corrigées ", pourrait indiquer un âge sensiblement plus jeune !
Une autre histoire de comète apparaît au 5ème ou 6ème Siècle
de notre ère, mais finalement les deux événements ont pu être confondus…
Mais n'anticipons pas, voyons d'abord les faits.
Personnage de fiction ?
En ce 6ème Siècle, qui fut celui de la Grande Peste, dite de Justinien, les effets des pandémies furent désastreux sur une population déjà très affaiblie par les bouleversements climatiques, et la famine consécutive aux mauvaises récoltes. L'étroitesse des cernes sur les troncs de chênes irlandais représentatifs de cette époque
montre un net ralentissement de la croissance du bois, imputable à un environnement très défavorable.
Les chroniques contemporaines font état de longues années de famine, et d'un soleil voilé durant cette période.
Question comète, on se souviendra aussi de celle qui est illustrée sur la tapisserie de Bayeux, laquelle fut un mauvais présage non pas pour Guillaume le Conquérant, mais pour Harold II et les Saxons ! En tout cas, dans la revue suisse Variations herméneutiques
( 19, 2003 ), Jean-Daniel Morerod, professeur d'histoire à la Faculté des Lettres de Neuchâtel,
constate que « l'historiographie des peurs de l'an Mil est un bon révélateur des rapports
que les historiens entretiennent avec le religieux » puisque ces peurs s'appuient sur un verset
de l'Apocalypse ( Ap. 20,7 ) : « Quand les mille ans seront accomplis,
Satan sera relâché de sa prison ».
Pour en revenir au 6ème siècle, la chute - ou le passage rapproché -
d'un bolide céleste peuvent-ils véritablement être à l'origine d'une série de catastrophes
si "désastreuses" ( au sens étymologique du terme ) que l'Occident en fut pratiquement anéanti ?
Dans un petit livret de 126 pages paru en 1999 ( 21 ), j'ai moi-même esquissé,
dans le cadre d'une étude de Zoologie comparative, l'histoire des migrations d'animaux ( terrestres
et dulçaquicoles ) entre le Maroc et l'Espagne actuels, alors que le détroit de Gibraltar n'était pas ouvert.
Mais sans doute la Méditerranée était-elle reliée à l'Atlantique en ce temps-là par d'autres passages…
En tout cas, l'impression majeure qui ressortait de cette étude était que les événements
n'étaient pas très vieux… Même si une majorité de géologues les situaient au Pléistocène, je penchais plutôt
pour 3.000 BP ( Before Present, ou avant le présent ).
Ne confondons pas ! Ce n'est pas la même chose que de dire
« 1000 avant J.-C. »… Car là, il s'agit d'estimations d'historiens,
l'an « zéro » ( ou « un » ) servant de charnière
entre l'ère Chrétienne et l'époque antérieure. En fait, « 1000 avant J.-C. »
correspondrait plutôt à 1500 BP, et non pas à 3000 ans !
En tout cas [ voir tableau ], cette date pourrait être celle du mythique "Déluge", ou plus prosaïquement de l'événement géologique marquant la fin des grandes glaciations ( que l'on estime habituellement autour de 12.000 ans ). Puis deux autres passages de comètes, beaucoup moins dévastateurs, ont, semble-t-il, marqué l'hémisphère boréal. La dernière comète en date, voici 700 ans environ, pourrait être celle qui a précipité la fin de l'Empire romain, initiant du même coup… notre époque ! Voici une reproduction du tableau que je proposais dès 1999. Je mettais alors en relation les principaux événements géologiques et historiques depuis le début du Tertiaire. Les dates sont indiquées en années BP ( avant le présent, c'est-à-dire l'année 1950 par convention internationale ). Bien sûr, la reconstruction d'une telle chronologie alternative n'a qu'un statut d'hypothèse !
En 1999, je connaissais les idées d'Heribert Illig et d'Uwe Topper, avec lesquels j'étais en contact épistolaire. Topper avait élaboré une chronologie assez similaire, alors qu'Illig restait plus "classique" dans ses projections. De façon intéressante, des éléments nouveaux sont venus par la suite renforcer mes réflexions. Ainsi l'auteur allemand Peter Brüchmann pense que voici 12.000 ans environ, une catastrophe mondiale s'est produite qui a façonné l'actuel visage de la Terre. Ancien ingénieur de vol dans la Lufthansa, Brüchmann a consigné ses expériences dans un livre paru en 2003, " Warum die Dinosaurier starben " [ = Pourquoi les dinosaures sont morts ]. Son impression personnelle est que les chaînes de montagne sont récentes… Elles paraissent avoir subi l'action de formidables masses d'eau venues du ciel, qui en auraient sculpté les contours. D'après Brüchmann, une baisse brutale de la pression atmosphérique ( suite à une catastrophe planétaire ) provoqua l'absorption de l'eau océanique par l'atmosphère. Le refroidissement qui s'ensuivit occasionna des pluies diluviennes… se déversant à flots sur des montagnes qui venaient tout juste d'être formées ! Pour beaucoup de lecteurs, cela rappellera les écrits d'Immanuel Velikovsky ( 22 ), pour qui le déluge était comme des fleuves tombés du ciel. A travers l'étude des peuples anciens, Velikovsky avait noté les analogies mondiales entre les changements climatiques, et le devenir des civilisations. En tout cas, le livre de Brüchmann donne une explication élégante à la formation des grains de sable des déserts actuels. Lors d'explosions, des électrons libres projetés dans l'atmosphère sont "capturés" par les atomes d'azote ( 78,09 % de l'air ), puis imbriqués à ces mêmes atomes pour former du silicium. Et enfin l'oxygène ( 20,95 % ) interagissait à son tour pour former du dioxyde de silicium, donc du sable… Dans une perspective historique plus récente, en février 2004, l'hypothèse
de la comète nordique a été évoquée en février 2004 par une équipe de chercheurs de l'Université
de Cardiff ( Pays de Galle ). Ceux-ci situent l'événement vers le 6ème Siècle,
au début du Moyen-Âge ( dans le respect de la chronologie traditionnelle ). Emma Rigby
et Mel Symonds vont jusqu'à comparer l'événement, à l'échelle planétaire terrestre, avec ce qui a été
observé dans les stations astronomiques du monde entier en 1995, à l'échelle cosmique interplanétaire :
l'impact sur Jupiter de la comète Shoemaker-Levy !
Comme dans le scénario catastrophique de l'hiver nucléaire, des années très froides
ont été la règle à l'époque historique qui correspond au 6ème Siècle.
En fait, il semble y avoir eu deux évènements catastrophiques assez récents, dans l'hémisphère Nord, l'un il y a 1500 ans, et l'autre, plus proche de nous, voici 7 siècles. Il ne peut pas s'agir d'éruptions de volcans, car les cendres projetées dans l'atmosphère auraient laissé des traces dans la glace groenlandaise, ce qui n'est pas le cas, comme l'indique Baillie. On connaît l'explosion du volcan indonésien Tambora, en 1815, qui avait conduit à une "année sans été", et provoqua d'importantes famines. Se référant aux écrits de l'universitaire amérindien Vine Deloria sur les traditions orales des Indiens, l'historien et philosophe des sciences Horst Friedrich pose la question d'une catastrophe d'ampleur planétaire, à l'aube de la Renaissance ( 23 ), tout comme Uwe Topper dans son livre Fälschungen der Geschichte ( 2001 ). Peut-être s'agit-il après tout de la même comète qui a explosé en altitude, projetant des débris au sol, en Bavière et dans les eaux de la mer du Nord, puis provoquant un net refroidissement du climat, et de néfastes conséquences sur les populations européennes et nord-américaines. Tout semble très bien se recouper.
Autre conséquence de ce réajustement : nous ne serions guère qu'à 700 ans
de l'Empire romain !
Concernant les épisodes de peste, on peut penser à une « équivalence » entre la Grande Peste, dite de Justinien ( 6ème siècle ), et la Peste Noire, qui, dans la chronologie traditionnelle, n'aurait sévi que neuf siècles plus tard, ravageant l'Europe et provoquant la mort de dizaines de millions de personnes, soit près de la moitié de la population en Occident ! Les deux événements ne font-ils qu'un ?
Impact ou passage rapproché de comète ?
Ce n'est que depuis quelques dizaines d'années que l'on (re)considère sérieusement les phénomènes extraterrestres… Chutes et impacts de comètes ou grosses météorites sont statistiquement très probables. Les protagonistes de ce jeu cruel sont là, dans le système solaire, quelque part au-dessus de nos têtes. Les scientifiques ont mis un certain temps à s'y intéresser, mais un pas décisif fut fait quand les Alvarez père et fils évoquèrent en 1980 dans un numéro de Science l'extinction massive du Crétacé-Tertiaire, celle qui fut à l'origine de la disparition des dinosaures, en rapport avec la chute d'une très grosse météorite. Des milliers d'astéroïdes occupent une large bande d'espace dans le système solaire,
entre les orbites de Mars et de Jupiter. Les comètes, quant à elles, forment le "nuage d'Oort" qui enveloppe
tout le système solaire, ainsi que la ceinture de Kuiper, plus proche de nous. Tous ces corps sont
des résidus de la formation du système solaire. De faibles perturbations gravitationnelles peuvent les engager
sur une trajectoire en direction des planètes internes, dont la Terre. Les grandes météorites
que nous observons sont des débris issus de la ceinture d'astéroïdes. Leurs orbites peuvent croiser la nôtre.
Les bolides les plus grands peuvent arriver au sol avec des vitesses de l'ordre de 10 km/sec,
autant dire que nous ne les entendrions même pas arriver… Dans le cas de comètes, la vitesse de collision
pourrait être même beaucoup plus grande.
A l'heure actuelle, près de 2000 objets seraient potentiellement dangereux.
On les nomme "géocroiseurs", car ils croisent l'orbite de la Terre. C'est ainsi qu'on apprend de temps
en temps dans les journaux qu'un gros caillou nous a frôlé de près… A ces astéroïdes, il faut ajouter
les comètes de taille comparable, qui viennent nous rendre visite régulièrement, ou celles qui n'ont pas
encore quitté les faubourgs du système solaire, mais qui s'apprêtent peut-être à passer non loin de nous !
Selon les statistiques établies par les astronomes, un corps céleste mesurant entre 10
et 100 m de diamètre tombe en moyenne tous les 1000 ans, provoquant soit un gigantesque
raz-de-marée, soit la destruction d'une région, selon que l'impact se produise en mer ou sur terre.
Tout récemment, les astronomes viennent de classer au deuxième rang ( sur
une échelle de dix ) les probabilités d'impact de « 2004 MN4 »,
un astéroïde de 400 m de long, attendu le 13 avril 2029 prochain !
Même le bien connu astéroïde Toutatis, d'environ 4,6 km de long,
n'est passé le 29 septembre 2004 qu'à 1,64 millions de kilomètres, soit à quatre fois la distance
de la Terre à la Lune. Il ne s'était pas autant approché de la Terre depuis 1353, et ne recommencera pas avant 2562…
Sauf s'il change de trajectoire.
La NASA, consciente du risque des « géocroiseurs » ou NEO ( Near-Earth Objects ) doit mettre en place un programme d'observation permettant d'identifier, d'ici à la fin de 2008, 90 % du millier d'astéroïdes de plus d'un kilomètre de diamètre qui pourraient affecter gravement le climat terrestre en cas de collision. On remarquera qu'il en restera 10 %, les plus dangereux car ils peuvent venir « de la direction du Soleil » sans être remarqués, sinon quand ils seront tout près. Et n'oublions pas les comètes ! D'un point de vue empirique, notre peur ancestrale des comètes repose sur leur
apparition imprévue, et sur leur aspect insolite dans le ciel étoilé… En revanche, les astéroïdes
sont toujours invisibles à l'œil nu.
Le cas d'impact le plus célèbre eut lieu en 1908 à Tunguska, en Sibérie. Un bolide explosa à environ 5 km d'altitude, libéra une énergie équivalente à 12 mégatonnes de TNT, et rasa la forêt sur plus de 30 km à la ronde. On a d'abord parlé de comète, mais des études récentes sont plutôt en faveur d'une grande météorite pierreuse, ou chondrite, de quelque 30 mètres de diamètre. Le bolide se serait disloqué en d'innombrables petits fragments, après le choc de la pénétration dans la basse atmosphère. En fin de compte, une chose est sûre, c'est que le 20ème siècle a déjà eu " sa " catastrophe cosmique ( en 1908 ) ; statistiquement parlant, nous pouvons donc être relativement tranquilles ! Au moins jusqu'en 2029… Ce qu'on trouvera intéressant dans le contexte de ce livre, c'est que les chutes ou explosions en altitude d'astéroïdes et comètes servent d'amorce à un enchaînement d'autres causes de déséquilibre et de déstabilisation des sociétés humaines. Comètes et astéroïdes sont des générateurs de " chaos " ! Immanuel Vélikovsky, l'un des pionniers de la remise en cause de la Chronologie historique, avait donné sa petite touche psychiatrique en indiquant dans " Worlds in Collision " que de telles super-catastrophes, résultant de l'impact ou du passage rapproché d'une comète ( Vénus, disait-il ), pouvaient avoir laissé dans l'inconscient collectif de l'Humanité un traumatisme tellement puissant, qu'il expliquerait à lui seul la façon irrationnelle qu'ont les humains de perpétrer des génocides, ou de s'adonner à la violence aveugle et irréfléchie. Velikovsky préconisait également de " guérir " l'humanité en misant sur l'effet psychothérapeutique provoqué par la réflexion, et par la connaissance des cataclysmes passés. Je ne sais pas si cela peut vraiment marcher. En tout état de cause, le présent livre
constituera, je l'espère, une étape de plus sur le chemin de la " guérison " de notre Humanité,
dans sa prise de conscience de la réalité des phénomènes cataclysmiques « naturels »
en Histoire.
Mais il ne faudrait pas non plus que la peur " millénariste "
d'un épisode catastrophique ne vienne gangrener l'esprit humain - et faire ainsi le lit des sectes.
Le remède pourrait être pire que le mal !
Suite... Chapitre 4
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