LE BULLETIN DE LA BIPEDIE INITIALE

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« Où est donc passé le Moyen-Age ? »

L'invention de l'ère chrétienne

par  François de SARRE

 

 

TABLE DES MATIERES :

Introduction

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11

Les bizarreries du calendrier
Fomenko et les "récentistes"
Les cieux nous sont tombés sur la tête
Quelques problème de dates
Les "siècles fantômes" du Moyen-Age
Charlemagne : un héros de légende
Le Christianisme est-il né en Avignon ?
L'histoire des trois églises
Qui a bien pu avancer l'heure ?
En quel siècle sommes-nous donc ?
Essai de reconstruction historique

Epilogue

Littérature et notes
Glossaire

Bibliographie générale
Dates importantes en anno domini

 

 


 

Chapitre 6

Charlemagne : un héros de légende

 

  Empereur à la barbe fleurie et "inventeur" de l'école, comme l'affirme la célèbre chanson, Charlemagne était plus modestement un roi des Francs à moustache, couronné empereur en l'an 800 par le pape Léon III. Ce qu'on sait moins, c'est qu'il a même été canonisé ( en 1165 ).
  Il aurait vécu entre 742 et 814. J'emploi ici le conditionnel, car après la lecture des thèses d'Illig et de Niemitz, on est en droit de se demander si le grand Charles a véritablement existé !
  Ce n'est qu'en 796 qu'il prend pour capitale Aix-la-Chapelle, où se situe l'épisode de la Pfalzkapelle dont nous parlions un plus haut. Un ensemble architectural avec coupole qui " n'appartient pas son siècle ", mais semble-t-il, plutôt au 11ème siècle.

  On en sait souvent plus sur Charlemagne par sa légende… que par son "vécu" historique.
  Ainsi l'épisode de la bataille de Roncevaux, bien connu des petits écoliers français, a eu lieu en 778. Son neveu Roland y passa de vie à trépas. Son épée appelée "Durandal" ( ce qui veut dire… 'le val des ronces', ou Roncevaux, en langue francique ) voltigea jusqu'à Rocamadour, où elle est toujours visible, fichée dans le roc. L'épée de Charlemagne, quant à elle, était dénommée "La Joyeuse" ; on peut encore l'admirer au Musée du Louvre ( galerie d'Apollon ).

  Quant à la barbe "fleurie" ( c'est-à-dire blanche ), il faut aller la chercher dans la Chanson de Roland, composée par un clerc anonyme du 12ème siècle. C'est l'histoire de ce fameux neveu, trahi par Ganelon, qui souffla dans un cor en ivoire d'éléphant, ou "olifant", pour appeler Charlemagne à son secours. Las, le futur empereur ne l'entendit point…

  Mais Eginhard, l'historien "attitré", raconte dans sa Vie de Charlemagne, datée de 820 environ, que l'armée de Charles, après un raid manqué dans le sud des Pyrénées, fut attaquée lors de son repli par des "Vascons" qui pillèrent les chariots et occirent moult soldats francs, dont Roland ( appelé ici Hruotland ). C'est déjà moins poétique que l'épisode du chevalier se vidant de son sang sous les coups des Sarrasins, et tentant désespérément d'attirer l'attention de Charlemagne en soufflant dans son cor.

  En dehors de ces anecdotes, les historiens notent ce qu'ils appellent la renaissance carolingienne, qui a duré depuis l'installation de Charles dans son Palais d'Aix-la-Chapelle ( 792-798 ) et la construction de la chapelle de la Pfalzkapelle ( 798-800 ), jusqu'en 830, quand les guerres civiles reprendront entre Francs, et jusqu'en 842-843, époque du célèbre Serment de Strasbourg : le premier document en langue française !
  La renaissance carolingienne se caractérise par un essor économique d'une quarantaine d'années, fondé sur une administration centralisée, et la création de centres d'instruction pour former des administrateurs lettrés. Ce sont les fameuses "écoles" chantées par Sheila…

  Si les historiens ont raison - contre Illig, il faut en effet supposer qu'à cette période régnait une belle prospérité, même limitée dans le temps.
  Si Heribert Illig a raison, et si Charlemagne n'a pas existé, exit également la période de "renaissance carolingienne", qui correspond très certainement à un essor culturel et économique plus tardif.
  Ce que dit Illig de la construction de la Pfalzkapelle est en tout cas édifiant, car de par sa construction, le monument apparaît décalé dans le temps, d'au moins deux siècles.

  Mais revenons au personnage de Charlemagne.
  Petit-fils de Charles Martel et fils de Pépin le Bref, roi des Francs et empereur d'Occident, ce prestigieux monarque va réunir en 46 ans de règne la majeure partie de l'Europe occidentale… Seules échappèrent à son contrôle la Bretagne, les îles Britanniques et l'Espagne.
  Charlemagne a consacré les dernières années de sa vie à l'organisation du " Saint Empire Romain d'Occident ", plus germanique que méditerranéen !

  Si on en croit son chroniqueur Eginhard, Charlemagne aimait nager et fréquenter les eaux thermales, ce qui l'amena d'ailleurs à bâtir son palais à Aix-la-Chapelle, une ville d'eaux [ comme Aix-les-Bains, et Aix-en-Provence, le terme Aix désignant les eaux, aquas en latin ]. Il y résida constamment durant les dernières années de sa vie.
  On sait qu'il portait le costume national des Francs : chemise et caleçons en toile de lin, tunique bordée de soie et culottes, sans oublier en hiver le gilet en peau de loutre qui lui protégeait les épaules.
  Pendant les repas, il écoutait un peu de musique, ou les lectures spirituelles. On lui lisait l'Histoire, et les récits de l'antiquité. Il aimait, à ce qu'il paraît, entendre les ouvrages de St Augustin, et en particulier celui intitulé "La cité de Dieu".
  S'il a existé, Charlemagne était un petit saint… On comprend qu'il fut canonisé sous l'impulsion de Frédéric Barberousse, en 1165, même si ce fut le fait de l'antipape Pascal III… Mais les papes suivants n'ont pas démenti.
  Charlemagne devait rester un modèle pour toutes les monarchies européennes. Même s'il n'était qu'un héros de légende…

  En tout cas, la littérature qui le concerne est essentiellement hagiographique.
  A toutes les époques, face aux préoccupations terrestres - et aux périls qui les menacent - les gens s'attachent très vite à ceux qui se sont distingués, qui se sont dévoués corps et âme, qui se sont même parfois sacrifiés pour les sauver des invasions. Les envahisseurs pouvaient être 'barbares', germaniques, mauresques… Ou parfois n'étaient-ils qu'un prétexte…

  Ces héros légendaires « autocréés » ont-ils fourni une bonne partie des « grands personnages » de nos manuels ?
  En tout cas, le « sauveur » contre l'envahisseur déferlant de l'est ou du sud, finit invariablement dans les livres d'Histoire.
  Comme Charles Martel, pour son fait d'armes en 732 à Poitiers, ou Roland à Roncevaux en 778, ou le comte Guillaume de Toulouse, à Villedaigne, en 793.
  Charles Martel était, rappelons-le, le grand-père de Charlemagne.

  Les récits glorifiés sous la plume des chroniqueurs et enjolivés sous celle des poètes, ne laissaient pas indifférent le peuple.
  D'où ces chansons de geste qui mettaient en scène ces héros, parfois morts au combat comme Roland.
  Quant à Charlemagne, il alimentait une riche prose 'de son vivant' ; puis des poèmes épiques et légendes se sont brodés autour du personnage.
  Et de son histoire pourtant déjà exemplaire, on a fait une suite d'aventures plus prestigieuses les unes que les autres.

  Celles-ci se lisent comme un roman historique, genre Alexandre Dumas ou Christian Jaq.
  Nous avons déjà parlé du grand-père Charles Martel. Quant au père de Charlemagne, c'était Pépin, dit le bref, en raison de sa petite taille. Il épousa Berthe, fille du roi de Hongrie, la Berthe aux grands pieds de la chanson… qui fut d'abord substituée à sa sœur, lors du mariage… mais la véritable reine fut retrouvée dans la forêt après 10 ans, scénario digne d'un dessin animé de Walt Disney.
  Enfin, tout cela serait moins intéressant si de cette union entre Pépin le Bref et Berthe n'était pas né Charlemagne.

  Dans son rôle de libérateur des peuples européens, Charles va longtemps guerroyer contre les "musulmans", en Espagne, puis autour de Rome, où il viendra personnellement porter assistance au pape.
  La France était prétendument menacée par les Sarrasins, ce qui nous vaudra l'histoire de Roncevaux.
  Profitant d'une période de paix, Charlemagne ira même voyager jusqu'au Moyen-Orient. A Jérusalem, il adorera le Saint Sépulcre en compagnie de ses douze Pairs. Dans la ville sainte, il fera vœu d'aller délivrer l'Espagne des Sarrasins. C'est d'ailleurs en respectant cette promesse que survint la mort tragique de Roland… Puis Charlemagne se rendra à Constantinople où il rencontre le souverain Hugon le Fort, empereur de Grèce et de Constantinople, qu'il désirait voir depuis longtemps.
  Chargé de reliques qu'il avait collecté dans la région, Charlemagne revint à Aix-la-Chapelle. La boucle était ainsi refermée.

  Nous voici au terme de l'existence légendaire de l'empereur Charlemagne. Cette haute personnalité a hanté pratiquement toute la littérature épique du Haut Moyen-Âge, et elle apparaît même dans les chansons de geste consacrées à d'autres héros…
  La Chanson de Roland, la plus ancienne du cycle, probablement, date du 11ème siècle, alors que Berthe aux grands pieds a été rédigée au 13ème siècle. En fait, les poètes au fil des ans, se sont intéressés à certains événements qui leur tenaient à cœur, et ils se sont peu souciés de se montrer cohérents vis à vis de leurs prédécesseurs.
  Remarquons que les légendes ont surtout privilégié le rôle militaire de notre héros. Dans chaque récit, Charlemagne mène bataille contre les Sarrasins. Certes, Charlemagne a lutté toute sa vie au nom de Dieu. A chaque instant, il a combattu pour le triomphe de la religion chrétienne, ainsi que pour la sauvegarde de son peuple sans cesse menacé par de sanglantes invasions…
  Mais ces textes passent sous silence de longs passages de la vie de Charlemagne.
  Les historiens sont là pour le rappeler, car on en aurait presque oublié l'image de Charlemagne, protecteur des sciences et des arts. L'évocation de ce fondateur d'écoles, vigoureux ennemi de l'ignorance, de ce grammairien qui trouva le loisir d'écrire une syntaxe, de ce compilateur qui prit le temps de rassembler en un recueil les poèmes de ses ancêtres, de ce liturgiste… de ce lecteur assidu de la Cité de Dieu de St Augustin ! ( 35 )

  En deux mots, nous pouvons dire que notre vision de l'empereur Charlemagne est surtout auréolée par le légendaire chrétien.
  Pour ce qui est de la réalité historique du personnage, nous nous rangerons volontiers à l'avis d'Illig et Niemitz, pour lesquels Charlemagne est une création d'Otton III et du pape Sylvestre II. Peut-être sont-ils aller puiser dans un fonds de légendes pré-existantes ?
  Quant à l'An Mil, c'est bien entendu une date purement symbolique : le début du dernier Jour ( de mille ans ) avant le retour du Messie.

  Si nous devions resituer cette date, dans une chronologie réelle et absolue, nous la mettrions à 600 ans de nous… On serait ainsi très vite passé de l'an 'un' à l'an Mil ! [ un siècle… ]
  Puis ( un peu moins vite… ) de l'an Mil à l'an 2000.
  Le tout faisant approximativement sept siècles de Christianisme.

  C'est là une vision plutôt amoindrie de « notre » Histoire, me direz-vous ?
  Mais les anachronismes existent pour ceux qui savent les rechercher. D'ailleurs, si certains personnages historiques appartiennent à la légende, d'autres réputés légendaires ont pu véritablement exister.

  Ainsi, au 6ème siècle, le roi Arthur.
  On sait qu'il a été élevé par le magicien Merlin, nul besoin d'apprendre cela à nos enfants, qui connaissent par cœur le scénario. Arthur aurait été le chef des Britanniques celtiques contre les Anglo-Saxons. Avec les fameux chevaliers de la table ronde, il est devenu le symbole de la chevalerie médiévale.
  Ce que l'on sait moins, c'est que l'on peut voir une statue du roi Arthur à Innsbruck, en Autriche. Plus précisément dans la Hofkirche.
  Le sculpteur Peter Vischer de Nuremberg réalisa en 1513 une statue svelte du légendaire roi, vêtu d'une riche jupe ornée d'un lion et d'animaux fabuleux.
  Il y a 28 statues autour du cénotaphe de Maximilien 1er dans la Hofkirche d'Innsbruck, tous ancêtres putatifs de Maximilien 1er.

  On y découvre le roi Arthur, mais aussi… Clovis, roi des Francs, et Théodore, roi des Ostrogoths ( 451-526 ), autour de l'empereur Frédéric III, de la Reine Jeanne d'Espagne, du Roi Ferdinand d'Espagne, du Duc Godefroy de Bouillon, roi de Jérusalem, et de bien d'autres têtes couronnées.

  Ce qui n'est pas banal, c'est que, notamment les trois personnages d'Arthur, de Clovis et de Théodore, sont représentés en armure, avec armes et casques, dans des tenues… de la guerre de Cent ans, plutôt que du Haut Moyen-Âge, période durant laquelle ils sont censés avoir vécu ! De plus, nous savons que ces statues ont été "supervisées" par Albrecht Dürer.
  Ce dernier était-il un initié ?
  Tous ces personnages n'étaient-ils pas réels ? Le roi Arthur également ?
  Qui plus est, pourquoi ces tenues du 14ème siècle ? C'est un peu comme si l'on avait représenté l'empereur Napoléon 1er au tournant du 20ème siècle, en veston étriqué et chapeau haut-de-forme !

  On sait que Clovis ( conventionnellement, 465-511 ) " a gagné ses insignes et sa place dans l'Histoire " en embrassant la religion chrétienne, après avoir épousé la fille du roi de Bourgogne, Clotilde.
  Mais on peut aussi se demander s'il n'a pas été baptisé après coup… par les chronologistes de la Renaissance qui ont forgé notre passé à partir des documents - ou des récits - à leur disposition.
  Alors que le roi Arthur ne l'a pas été… ce qui lui a valu de tomber dans les trappes de l'Histoire officielle, et de ne plus survivre que dans les légendes !
  Mais tous deux, Clovis et Arthur, ont peut-être réellement vécu, à la fois officiers romains et chefs de tribu, vers la fin de l'Empire d'Occident.
  C'était donc juste avant le grand cataclysme.
  Et Clovis ne pouvait pas avoir été 'chrétien', car le Christianisme n'existait pas encore !

 


 

Suite...  Chapitre 7

 

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